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François Hollande confirme la priorité accordée à l’industrie
Par Astrid Gouzik - Publié le 01 août 2012, à 15h18
© Christelle Alix - Présidence de la
République
Au cours du dernier conseil des ministres avant les vacances, le président de la République a réaffirmé trois priorités : redressement, justice, jeunesse. "Il nous reste à donner au pays la cohérence de l'action publique qu'il attend, et cette cohérence passera par nos trois priorités: le redressement des comptes publics et de l'industrie, la justice et la priorité à la jeunesse. Et donc, pour faire tout cela, pas de temps à perdre", a déclaré le chef de l'Etat, dans des propos rapportés par la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud Belkacem, mercredi 1er août.
Pour Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, cette réunion "a permis de tracer toutes les perspectives pour les mois qui viennent et de montrer l'ampleur des chantiers de réforme que nous engageons". "Nous sommes persuadés que la meilleure façon de réussir les réformes, c'est de refaire circuler la sève dans le corps social", a commenté la porte-parole du gouvernement, vantant la "concertation" après "un quinquennant abrupt et expéditif".
Cela pourrait signifier que le Président de la République va favoriser la réindustrialisation de la France au détriment de son environnement. Craignons pour le gaz de schiste, à moins que les industriels eux-mêmes n’y renoncent. ESPOIR :
BHP
Billiton: lourde dépréciation sur le gaz de schiste.
Le gaz de schiste américain va cette année coûter cher au géant minier. Au terme d'une revue de deux actifs miniers, BHP Billiton annonce qu'il va passer une charge exceptionnelle : Le gaz de schiste américain va cette année coûter cher au géant minier. Au terme d'une revue de deux actifs miniers, BHP Billiton annonce qu'il va passer une charge exceptionnelle de dépréciation d'un total de 3,3 milliards de dollars qui sera imputée sur les comptes annuels 2011/2012 attendus le 22 août prochain. Le directeur général Marius Kloppers va en conséquence renoncer à son bonus. Le premier actif concerné est celui de Fayetteville, qui renferme du gaz de schiste et avait été acquis auprès de Chesapeake Energy en février 2011. ?La faiblesse des prix du gaz naturel sur le marché américain, qui résulte d'un excès d'offre à court terme, nous conduira à passer une provision pour dépréciation de 2,84 milliards de dollars avant impôts?, indique le géant minier australo-britannique.
Son directeur général, Marius
Kloppers, a déclaré que 'la dépréciation de Fayetteville reflète les prix actuels du gaz naturel aux Etats-Unis ainsi que la décision du groupe d'ajuster son développement dans ce pays en mettant
désormais l'accent vers les gisements (américains) plus riches en pétrole, plutôt que ceux de gaz?
Bien que notre réaction ait été appropriée aux nouvelles conditions de marché, cette dépréciation reste franchement décevante', admet M. Kloppers, qui reste convaincu du potentiel de ces actifs à long terme. Le président de BHP Billiton, Jac Nasser, a déclaré que 'le conseil d'administration reste convaincu que nos investissements dans le gaz de schiste étaient une bonne décision pour les actionnaires'. Qualifiant cette dépréciation de 'très décevante', il ajoute que MM. Marius Kloppers et Mike Yeager ont en conséquence décidé de renoncer à la part variable de leur rémunération pour l'exercice en cours. A l'occasion, Jac Nasser a réaffirmé son soutien à Marius Kloppers.
Le second actif concerné est le gisement de nickel australien de Nickel West, qui sera déprécié de 450 millions de dollars avant impôts en raison d'une détérioration de sa marge.
En Bourse de Londres, l'action BHP Billiton prend cependant 1,4% à 1.883 pence.
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BHP Billiton Limited est localisé en Australie, et possède des filiales au Royaume-Uni et à Singapour. BHP Billiton avait
annoncé, en février 2011, l’acquisition des actifs de la branche “Shale » de Chesapeake.
Car « Non, le gaz de schiste n'est pas la "nouvelle frontière" » comme le clame Noël Mamère, député Europe Ecologie-Les Verts de Gironde / Sa tribune dans « LE MONDE | 07.08.2012 à 14h48 »
En ce sens, elle ne faisait que reprendre les analyses prémonitoires de Jacques Ellul dans La Technique ou l'enjeu du siècle, datant de... 1953. Un demi-siècle plus tard, force est de constater que cette conception archaïque du progrès, appliquée à un monde aux ressources limitées et vivant au-dessus de ses moyens, est encore dominante chez nos élites politiques, scientifiques et faiseuses d'opinion. Les derniers exemples en date nous viennent du Monde (des 18 et 26 juillet), à coups de reportages et d'éditoriaux consacrés à l'exploitation des gaz de schiste.
Le sujet est emblématique pour tous ceux qui se battent sur cette planète pour un changement de nos modes de vie et de production, et qui réclament la fin de notre dépendance au pétrole, conventionnel ou pas. Il faut attendre le 27 juillet pour découvrir dans Le Monde un article plus critique, révélant que le professeur de l'Université d'Austin (Texas) qui avait minimisé l'impact de l'exploitation des gaz de schiste sur l'environnement et la santé, est en fait "membre du conseil de direction et actionnaire de PXP, une société de forage spécialisée dans les gaz de roche" !
Il a fallu toute l'opiniâtreté d'une ONG environnementale pour débusquer cette vérité peu reluisante que l'administration américaine s'employait à dissimuler. De l'amiante aux organismes génétiquement modifiés, des pesticides au Mediator, nous ne sommes pas surpris de ces connivences entre scientifiques vénaux et industriels prêts à tout pour augmenter leurs profits, y compris à saccager notre planète. Car la question est bien celle-ci : au nom de notre voracité et de notre addiction au pétrole, sommes-nous prêts à assumer devant les générations futures la destruction massive de notre environnement et tous les dégâts collatéraux qu'elle induit en termes de santé, de mode de vie, de production de gaz à effet de serre ? Quand la planète est à bout, doit-on s'obstiner à défendre une idée du "progrès" qui peut être criminelle, ou proposer un autre modèle de société, sobre, juste, solidaire, plus humain ? Que serait un "débat" sur l'exploitation des gaz de schiste, si ce n'est une occasion de plus de cautionner une logique infernale inscrivant le destin de nos sociétés dans la dépendance à l'or noir ? Comme s'il n'existait pas d'autres voies.
Après tout, quand
l'humanité est passée de l'âge de pierre à l'âge de fer, ce n'est pas par manque de pierres, mais parce que son mode de vie avait évolué. La question qui se pose aujourd'hui n'est pas de savoir si nous manquons ou pas de réserves pétrolières, mais de sortir de cette dépendance qui ne cesse d'accumuler les dégâts environnementaux et humains. Savoir que notre sous-sol possède d'énormes réserves de gaz de roche ne doit donc pas nous obliger à les exploiter, quels que soient les progrès techniques. Ce n'est pas la technique qui doit s'imposer aux sociétés humaines, mais l'homme qui doit en garder la maîtrise. A défaut, il
choisit la
"servitude volontaire" (La Boétie) ou se trouve condamné à la
"honte prométhéenne", autre nom donné à la fuite en avant et au délire de puissance par le philosophe allemand Günther Anders. En ce sens, l'éditorial du
Monde est fondé à dire qu'il s'agit d'un problème moral, philosophique et politique...
Mais les écologistes ont démontré à maintes reprises que les pétroliers, les semenciers, l'agro-industrie, les lobbies de la chimie, de la pharmacie ou du nucléaire se fichent comme d'une guigne de ces questions. Ils les considèrent, au mieux comme secondaires, au pire comme nuisibles, et leurs moyens de pression sur les politiques sont, pour l'heure, plus efficaces que les mobilisations citoyennes. Il suffit pour s'en convaincre de considérer le combat de la société civile japonaise contre le nucléaire. Jamais il n'avait pris une telle ampleur, pourtant Tepco [compagnie d'électricité japonaise gérant la centrale de Fukushima] et le gouvernement continuent à mentir et rouvrent des centrales sur des failles sismiques très actives.
Quoi qu'en pensent nos élites et de nombreux politiciens conservateurs – il n'en manque pas à gauche sur ces sujets –, le "progrès" n'est plus dans les vieux pots des "trente glorieuses" et de l'ère de l'opulence. Nous sommes à la fin d'un cycle. Il est temps de changer le logiciel et d'affirmer haut et fort que gaz de schiste et autres ressources fossiles ne seront pas les "nouvelles frontières" de notre monde en mutation.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/08/07/non-le-gaz-de-schiste-n-est-pas-la-nouvelle-frontiere_1743294_3232.html
Mardi 7 Août 2012 à 10:10 |Emmanuel Levy - Marianne | Journaliste économique à Marianne
Quand on a du pétrole, on a des moyens. Et pour la promotion de l’exploitation des gaz de schistes en France, à l’instar de ce qui se fait déjà outre Atlantique à grande échelle, l’Union française des industries pétrolières (Ufip) a du répondant. De quoi payer un voyage de presse, à trois journalistes du Monde, de l’Usine Nouvelle et du Point pour faire un petit tour du coté des installations de Total là-bas en Amérique. Un court voyage de quelques jours fin juillet, complété dans le cas du Point par un reportage d'une semaine sur place.
Car le combat médiatique, - avec parmi les défenseurs de l’exploitation des gaz de schistes un édito remarqué du Monde daté du 25 juillet- est aussi rugueux que le combat politique qui s’annonce
pour la conférence environnementale des 14 et 15 septembre. Après avoir perdu la première bataille à l’automne, le gouvernement Fillon validant puis retirant les autorisations
d’exploration, les pro gaz de schistes comptent bien prendre leur revanche. Ils ont cette fois-ci un soutien de poids : Arnaud Montebourg. Enfin un soutien… Le ministre du redressement productif
sait le sujet explosif. Susceptible de fâcher les Verts tout rouge.
Mais l’idée de faire de la France un producteur important d’hydrocarbure à tout pour séduire celui qui endosse volontiers les habits gaullo-chevènementiste. Devant le lobby de l’énergie en
France qu’est le corps des Mines, Arnaud Montebourg a donc expliqué que l’exploration des gaz des schistes n’étaient pas « pas un sujet interdit ». Non sans prendre quelques pincettes : «
L’exploitation des gaz de schistes pose des problèmes environnementaux sérieux. Est ce qu’il y a des évolutions technologiques possibles ? La réponse est oui. Donc, il faut mettre ces questions
sur la table et en débattre très tranquillement ». Une approche que ne partage pas vraiment, sa collègue de l’écologie
La ministre Delphine BATHO ne l’entend pas de
cette oreille: « Rien dans l'agenda du gouvernement aujourd'hui n'envisage de revenir sur l'interdiction de la fracture hydraulique », a-t-elle affirmé. C’est la deuxième fois que ca sent le gaz
entre le ministère du redressement productif et celui de l’écologie. La deuxième fois sur une question relative à l’or noir. Dans les premiers jours du gouvernements Ayrault, le refus de signer
le décret autorisant la Shell et son partenaire Total à forer au large de la Guyane avait couté son portefeuille à Nicolas Bricq. Son successeur à l’écologie, Delphine Batho, n’ignore rien de
cette arbitrage venu d’en haut.
Pourtant, comme la plupart des socialistes, et François Hollande plus qu’à son tour durant la primaire PS, Arnaud Montebourg avait pourtant fait son aggiornamento écologiste, lui qui, sur son
site, expliquait vouloir « vaincre la résistance des industries polluantes, leur trouver de sérieuses solutions de remplacement, combattre les intérêts financiers considérables de celles qui
épuisent les ressources naturelles. » Le ministre du redressement productif semble aujourd’hui plus réceptif aux arguments des pétroliers et des productivistes.
Si l’innocuité de la fragmentation hydraulique reste à prouver, la transformation de l’économie du pays qu’induirait son entrée dans le club des producteurs d’hydrocarbures, plus encore que
le fut le nucléaire pour la France des années 70-80, ne fait aucun doute. Dans une France qui compte plus de 5 millions de chômeurs (officiels et officieux), l’Ufip avance le chiffre magique de
600 000 emplois, repris en boucle par les pro-gaz de schistes dans tous les média. Et table sur des reserves équivalente à un siècle de consommation nationale de gaz….
http://www.marianne2.fr/Gaz-non-conventionnels-odeurs-de-schisme-dans-la-majorite_a221461.html
En 18 minutes, le nouveau documentaire "Le ciel est rose" de Josh Fosh fait le parallèle entre les méthodes de l'industrie gazière pour promouvoir le
gaz de schiste et celles de l'industrie du tabac dans les années 50 : "Vous pouvez fumer sans risque pour votre santé".
Josh Fosh a été nominé aux Oscars pour son film Gasland, le documentaire de référence contre l'exploitation des gaz de schiste. Le monde entier a désormais en mémoire ces images d'un habitant d'une zone d'exploitation de gaz de schiste qui enflamme l'eau de son robinet avec un briquet : la preuve que le gaz et son cortège d'hydrocarbures remonte dans les nappes phréatiques, nous dit Josh Fosh. Dans "The sky is pink", en français "Le ciel est rose", Josh Fosh revient sur cet épisode, dont les représentants de l'industrie ont déclaré qu'il s'agissait d'un faux, puis d'un phénomène naturel qui n'aurait rien à voir avec l'exploitation des gaz de schiste dans la région (voir notre encadré sur le gaz biogénique). " Ce sera une nouvelle version de cette longue histoire : mentir, contaminer, et faire payer le contribuable ". Robert Sweeney, élu de l'Etat de New York Le documentaire de Josh Fosh montre les risques de l'exploitation des gaz de schiste, en même temps qu'il dénonce les méthodes de communication de l'industrie et la difficulté (ou la faible volonté) des journalistes à réaliser un véritable travail d'investigation. Ci-dessous la vidéo sous-titrée en français. Ici le lien vers la vidéo complète en haute définition mais sans sous-titre. Et en dessous de la vidéo, les détails des révélations et des témoignages avec les références de la plupart des documents cités dans le film et des liens pour en savoir plus.
Les révélations : Sur la base de documents officiels des exploitants gaziers, documents qui ont été publiés ou qui sont "tombés par du coffre", le réalisateur veut montrer que l'industrie du gaz n'a pas les moyens de prévenir ou de résoudre complètement les problèmes posés par l'exploitation des gaz de schistes.
Pièce N°1 : une présentation powerpoint de Southwest Energy, une compagnie d'exploitation des gaz de schiste, qui montre que la barrière en ciment censée empêcher la migration du gaz vers les couches aquifères ne marche pas. Pièce N°2 : un document de Schlumberger "Oil field review", publié en 2003, montre que la perte d'étanchéité dans les forages se produit fréquemment. Pièce N°3 : Une étude scientifique "Evaluation of the potential for Gas and CO2 leakage along wellbores" montre la migration du gaz à un rythme astronomique dans les puits dérivés ou horizontaux. Pièce N°4 : l'étanchéité de surface, celle autour des nappes aquifères, ne résout en rien le problème. Pièce N°5 : un document qui a "fuité" lors d'une conférence de presse de la société Archer, spécialisée dans le forage, montre des taux de fuites importants dans le Golfe du Mexique et la mer du Nord, taux de fuite appelés "décharges incontrolées".
Selon Josh, des documents du Département de la protection de l'environnement de Pennsylvanie corroborent les résultats de Schlumberger : 121 puits sur les 1937 forés en 2011, 6,2%, sont défaillants en matière de protection des nappes aquifères. Un document de l'Environnement Protection Agency (l'agence américaine de protection de l'environnement) confirme que la fracturation hydraulique peut contaminer directement les sources d'eau potables.
Josh Fosh rappelle aussi deux autres études : la première faite par la Colorado School of Public Health (Institut de santé publique du Colorado) montre une probabilité "modérée à forte" de risque pour la santé causée par l'exploitation des gaz de schiste ; la deuxième concerne une étude sur une anomalie d'apparition du cancer du sein dans la zone d'exploitation du gaz de schiste de Barnett Shale. Josh Fosh révèle également les sommes perçues par certains hommes politiques pour leur campagne électorale, les émoluments des portes-paroles et lobbyistes de l'industrie gazière (747 millions de dollars pour le lobbying à washington)
Les témoignages majeurs : Biogénique contre thermogénique
Le gaz thermogénique est le gaz naturel formé par la distillation lente de matière organique piégée par les phénomènes géologiques pendant des millions d'années et sous l'influence de la chaleur de la croûte terrestre.
Le gaz biogenique à l'inverse ne demande pas de températures élevées et se forme à faible profondeur sous l'action de bactéries. L'industrie du gaz dit que l'épisode du robinet qui brûle est dû à du gaz biogénique, et non au gaz de schiste. Un argument fallacieux selon le documentaire qui montre que les deux types de gaz peuvent être libérés par l'exploitation des gaz de schiste. Le Docteur Anthony Ingraffea, professeur à la Cornwell University (école de génie civil et environnemental), éminent spécialiste de la mécanique des roches et de la fracturation hydraulique, montre les risques importants de faille dans la gaine de ciment censée empêcher les fuites lors de la remontée du gaz vers la surface. Ingraffea est, avec le professeur Robert Howarth, le co-auteur d'une analyse de cycle de vie qui montre que le gaz de schiste n'est pas plus propre que le charbon. L'étude est à l'origine d'une controverse, au sein même de la Cornwell University.
Doug Shields a été le président du conseil municipal de Pittsburgh en Pennsylvanie. Il a fait interdire l'exploitation des gaz de schiste sur le territoire de la ville. Selon ses propos, la réserve d'eau potable de Pittsburgh a été fermée à cause des polluants issus de la fracturation hydraulique déversés dans la rivière contrairement aux affirmations des exploitants qui disaient avoir mis en place des installations de retraitement des eaux. Une enquête du New-York Times a montré qu'en effet des produits radioactifs et des cancérigènes dangereux comme le benzène étaient traités de manière inadéquate et rejetés dans les réserves d'eau potable à travers toute la Pennsylvanie.
Senateur Liz Krueger : "il y a suffisamment de preuves scientifiques pointant d'énormes problèmes" C'est Doug Shields qui suggère le nom du film en dénonçant la manière dont fonctionnent le plus souvent les médias : "si quelqu'un dit que le ciel est rose, les médias qui trop souvent ne font que rapporter des propos, diront qu' un tel a dit que le ciel est rose. Et si vous ne combattez pas ça, eh bien, le ciel est rose. [...]Et si quelqu'un vient dire que le ciel est bleu, les médias diront qu'il y a une polémique".
C'est encore Doug Shields qui rappelle que les marchands de tabac se sont jadis parjurés devant le Congrès des Etats-Unis, disant que le tabac ne présentait aucun risque "alors qu'ils avaient dans leurs tiroirs des études qui montraient le contraire". L'occasion pour le réalisateur de montrer les campagnes publicitaires réalisées par l'agence de relation publique Hill & Knowlton pour le compte des fabricants de tabac afin de dissiper l'idée que le tabac était dangereux. Et de rappeler qu'en 2009, l'association Américaine du gaz naturel a choisi Hill & Knowlton pour ses relations presse : "Tout d'un coup il y a eu des publicités partout, ils ont même acheté mon nom comme mot clé sur Google".
Naomi Oreskes est historienne des sciences. Elle est l'auteur du livre 'Merchants of doubts" (en français "Les marchands de doutes") qui trace une histoire des campagnes de désinformation depuis le tabac jusqu'au changement climatique. "Aussi longtemps qu'on entretien la polémique" dit-elle, "il y a des raisons pour ne pas prendre position pour une réglementation". Une autre voix du film est celle de Jessica Ernst qui a intenté un procès contre la compagnie gazière Encana Corporation pour atteinte délibérée à la santé publique dans la province canadienne de l'Alberta.
Josh Fosh contre l'Amérique du gaz de schiste
Selon Josh Fosh, "les forages gaziers et la fracturation hydraulique résultent d'un processus industriel - polluant par nature - qui injecte dans le sous-sol des millions de litres d'eau et des produits chimiques toxiques à une pression énorme dans le but de fracturer la roche et de libérer le gaz qu'elle contient. Nombre de nappes phréatiques [de la nation 'américaine, ndlr] ont été contaminées avec des matières plastiques, des produits cancérigènes, des neurotoxiques, et autres perturbateurs endocriniens, et avec du gaz naturel explosif." Le réalisateur dénonce l'atteinte faite à la surface des sols, la pollution de l'air à grande échelle, les centaines de kilomètres de gazoduc, la circulation de camions, les explosions, les rejets dans la nature, les accidents, la crise de santé publique d'une industrie à grande échelle.
Le gouvernement n'exclut pas un gel des prix du carburant : Les prix des carburants se sont mis à augmenter en juin, du fait de
l'augmentation du baril de brent et d'une dépréciation de l'euro par rapport au dollar.
Le gouvernement n'exclut pas un blocage temporaire des prix des carburants dans les prochaines semaines si ceux-ci continuent à augmenter, a annoncé mardi le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici. François Hollande avait proposé pendant la campagne présidentielle de bloquer les prix des carburants pendant une période de trois mois. Mais ce blocage n'avait finalement pas été mis en oeuvre en raison d'une baisse des cours du pétrole. «Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et des Finances, demeure extrêmement attentif à l'évolution quotidienne des prix des carburants en France», indique-t-il dans un communiqué.
«En fonction de l'évolution des prix dans les semaines à venir, le gouvernement examinera toutes les options à sa disposition et n'exclut aujourd'hui aucune possibilité d'action, notamment un blocage temporaire des prix tel que proposé durant la campagne présidentielle», ajoute-t-il. Le prix du gazole était de 1,406 euro le litre au 3 août, et de 1,574 euro pour l'essence sans plomb 95. Ces prix restent inférieurs aux pics atteints en février, quand le litre de gazole coûtait 1,458 euros et celui de l'essence sans plomb 95, 1,666 euros, précise le ministère. SOURCE REUTERS
Publié le 06 août 2012 à 07h07 | Mis à jour le 06 août 2012 à 07h07
Photo: Ivanoh Demers, La Presse : La magnifique baie de Jupiter-La Mer à Anticosti.
(Île d'Anticosti) Robert-Beverley Smith, qui a travaillé pour Pétrolia, voit d'un bon oeil l'arrivée des pétrolières sur l'île. Ils parlent moins fort que les opposants, mais plusieurs résidents d'Anticosti souhaitent que leur île produise du pétrole et devienne ainsi plus prospère. «C'est du travail pour nous, les gens du pétrole», affirme une employée de la SÉPAQ, chez qui les travailleurs pétroliers logent et louent des camions. «On n'a pas le choix de suivre. On ne peut pas changer leurs plans. Ils vont améliorer la qualité de vie ici, surtout l'hiver. Ils vont créer des jobs et faire vivre l'épicerie, le dépanneur», croit Stéphane Poulin, seul pêcheur de homard de l'île. «C'est une occasion de voir enfin le monde prospérer à Anticosti. Ça n'est pas arrivé en 100 ans. Moi, j'ai travaillé 10 semaines pour Pétrolia en 2010, et ça m'a fait prospérer. Je m'occupais de la logistique des transports de leur matériel», explique Robert-Beverly Smith.
Selon lui, Pétrolia a semblé travailler de façon exemplaire et était «respectueuse de la nature». Son ami Robert Charette, Montréalais qui construit une maison secondaire dans l'île, affirme qu'il a été un peu déçu de voir Pétrolia pomper de l'eau dans la rivière Saumon pour ses forages. Il admet néanmoins qu'il essayerait de profiter d'un éventuel développement immobilier créé par le pétrole. «Nous sommes arrivés au seuil critique de rentabilité. Les entreprises ont toujours eu l'habitude de faire beaucoup d'argent l'été, ce qui couvrait les déficits de l'hiver. Maintenant, c'est parfois déficitaire au bout de tout ça», explique Denis Duteau, maire de la municipalité d'Anticosti.
Plusieurs
solutions ont été envisagées - transformation du bois, transformation et exportation de la viande de cerf de Virginie -, mais sans succès. D'où l'intérêt pour le développement
pétrolier. «Si les études démontrent qu'on peut contrôler les risques environnementaux et que ça peut créer 150 ou 200 jobs, c'est certain qu'un
village qui est en déclin de population peut difficilement refuser», ajoute-t-il. Il précise également que l'exploration entraîne déjà des retombées économiques - modestes, mais qui sont un
«bonus» par rapport au passé.
Selon lui, Junex et Pétrolia travaillent proprement et font preuve de la transparence nécessaire. Il en veut aux gens qui l'accusent, avec les sociétés pétrolières, de manquer de transparence en organisant des réunions d'information à la dernière minute. «On est 230 à Anticosti. On n'a pas besoin d'un avis de trois mois pour que les gens soient disponibles. Je trouve ça désagréable quand des gens démontrent de l'ouverture et offrent la possibilité de répondre aux questions et se font dire que ça se fait en cachette. Ce n'est tellement pas le cas!», s'emporte-t-il. Quant aux redevances résultant de l'exploitation pétrolière, il admet que les Anticostiens ne devraient pas en bénéficier.«C'est de juridiction provinciale. C'est le gouvernement qui décidera s'il nous en donne ou s'il les garde pour lui», conclut-il.
En janvier 2012, la justice équatorienne a confirmé en appel une première condamnation de Chevron à 9,5
milliards de dollars. Cette somme a presque doublé depuis car la compagnie a refusé de présenter des excuses publiques pour les dommages causés à l'environnement, comme l'exigeait le
verdict. Chevron a fait appel du jugement devant la Cour suprême de justice à Quito, qui ne s'est pas encore prononcée. Il y a une semaine, Chevron avait estimé que la sentence serait inexécutable devant n'importe quel tribunal respectueux des lois, les plaignants ayant déjà
intenté des procès similaires au Canada et au Brésil et annoncé qu'ils entreprendraient des actions en justice ailleurs pour être sûrs d'être payés.
En juillet, le porte-parole de la compagnie pour l'Amérique latine, James Craig, a affirmé que Texaco avait déjà réglé cette affaire à l'époque de son activité en Equateur, qu'un arrangement
avait été trouvé qui avait été approuvé à tous les niveaux du gouvernement équatorien et que la compagnie avait été déchargée de toute responsabilité future concernant l'environnement dans la
zone de son ancienne concession d'exploitation pétrolière. Chevron, qui n'a jamais travaillé en Equateur, ne peut pas être tenue pour responsable des problèmes de la région et n'a nullement
l'intention de signer un chèque à des avocats qui se sont rendus coupables de fraudes, de subornation et de corruption du processus judiciaire, a dit M. Craig.
L’intérêt porté aux ressources minières des grands fonds marins des pays du Pacifique croît de plus en plus. Ils sont encouragés à adopter le principe de précaution et à ne pas donner leur accord à l’exploitation minière des grands fonds marins avant de mieux en connaître les impacts.
Inquiétudes environnementales : L’intérêt pour l’exploitation minière des grands fonds marins croît avec la demande mondiale en métaux et le fait que l’exploitation des ressources terrestres s’approche des limites de sa capacité. En janvier 2011, le gouvernement de Papouasie Nouvelle-Guinée a accordé la première concession minière de grands fonds à l’entreprise canadienne Nautilus Minerals Inc. En mer de Bismarck, à 1,6 kilomètres de profondeur, le projet Solwara 1 s’apprête à démarrer. Cependant, de nombreuses voix s’élèvent contre le projet, déclarant que les études d’impacts environnementaux manquent. Les cheminées hydrothermales, avoisinant les gisements minéraux auxquels Solwara 1 s’intéresse, accueillent un écosystème et une diversité biologique méconnus. Ce genre d’écosystème abrite des centaines d’espèces inconnues. Des stratégies de conservation sont nécessaires pour atténuer l’impact des activités minières et faciliter le rétablissement de la diversité biologique dans les zones d’exploitation. Il est reproché à Solwara 1 de ne prévoir que de faibles bénéfices pour les populations locales et l’économie de la Papouasie Nouvelle-Guinée, en comparaison de l’échelle du projet et de ses risques environnementaux.
Une exploration minière en marche dans les grands fonds du Pacifique : Nouvelle frontière de l’extraction minière, l’exploitation des grands fonds marins offre des profits considérables aux compagnies et aux gouvernements. Solwara 1 est le premier d’une longue liste de projets potentiels en mer de Bismarck et dans le Pacifique. En 2011, l’Autorité Internationale des Fonds Marins a accordé des licences d’exploration à deux compagnies océaniennes, de Nauru et Tonga, pour l’étude de zones situées dans sa juridiction. Accompagnée de nombreuses protestations, l’exploration des grands fonds marins inspire la prudence de certains gouvernements. Celui du Territoire du Nord en Australie a imposé un moratoire sur l’exploration minière de ses grands fonds jusqu’en 2015. Cette initiative a été prise sous l’impulsion de communautés aborigènes, d’associations de pêche sportive et de la Société de conservation marine.bL’exploitation minière des grands fonds marins inquiète par ses impacts possibles sur la pêche commerciale et sur la subsistance et le développement durable des communautés locales.[Pacifique, 31.07.2012]
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