Partager l'article ! Conférence environnementale : 110 PROPOSITIONS et l'éolien au programme: Conférence environnementale - LES 110 PROPOSITI ...
Dix ans après le discours de Jacques Chirac au sommet onusien de Johannesburg, cinq après celui de Nicolas Sarkozy en clôture du Grenelle de l’environnement, c’est au tour du nouveau président de la République, François Hollande, d’organiser une grande conférence environnementale durant laquelle la société civile pourra exposer ses espoirs, ses propositions et ses attentes. Cette conférence environnementale sera un succès si et seulement si les décideurs politiques écoutent les propositions versées au débat par la société civile mais acceptent surtout de mener à bien une action cohérente. La diagnostique est connue. L’heure est à l’action résolue. En cent-dix propositions, Agir pour l’Environnement s’est efforcée de lister les mesures prioritaires à adopter rapidement. Gageons que nous n’aurons pas à participer aux débats écologiques de 2017 pour dire et redire ce que nous avions établi comme diagnostique voilà déjà plus de 20 ans !
ENERGIE
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Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, était en visite chez Vergnet (Ormes, Loiret) le mercredi 12 septembre
Delphine BATHO, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, se déplace à Ormes, dans le Loiret (agglomération d'Orléans) ce mercredi 12 septembre 2012 à l'occasion d'une visite des Etablissements Vergnet. Vers 15h30, elle visite l'atelier et la chaîne de production de l'entreprise spécialisée dans la fabrication d'éoliennes à mât rabattable, et va échanger avec les responsables des services. [voir article ci-dessous]
A la veille de l’ouverture de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre, la remise d’un rapport sur les énergies renouvelables allant à l’encontre des demandes de la filière pose question. Delphine Batho, ministre de l’Ecologie et Arnaud Montebourg, son collègue du Redressement productif, n’ont pas fini de se contredire. Après les gaz de schiste, le nucléaire, les renouvelables... la co-tutelle sur l’énergie crée des remous. Dans la lettre de mission que les deux ministres ont remise le 17 juillet au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) (*) et au Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGEIET) (**) , et que Rue89 s’est procurée, il est demandé « des recommandations opérationnelles de court terme » et « des propositions de réformes structurelles de moyen et long terme ». Très classique sur le papier : les politiques, novices sur un sujet, demandent conseil à leur administration supposée la plus compétente sur la question. Sauf que, dans le cas précis, au pays du tout-nucléaire (il compte pour 75% dans notre production électrique), les conseils ont toutes les chances d’être orientés dans un sens plus favorable à EDF qu’aux PME de l’éolien et du photovoltaïque.
C’est en tout cas ce que laisse penser la composition des deux conseils généraux, principalement des ingénieurs du corps des Mines et des Ponts. Déjà, le CGEDD, né du regroupement du Conseil général des ponts et chaussées et de l’Inspection générale de l’environnement, est dirigé par Christian Leyrit, connu comme « l’homme qui a construit le plus de routes en France ». Un ex-haut fonctionnaire du ministère de l’Environnement nous le décrit ainsi : « Il déteste tellement l’environnement qu’il a même cherché à peser sur l’Elysée pour que l’Energie et les Transports ne soient plus dans le périmètre du ministre de l’Environnement. » De plus, le coordonnateur du collège Energie et Climat et directeur du rapport remis à Batho et Montebourg est Henri Boyé, un personnage qui se revendique à la fois pronucléaire et prorenouvelable. Ingénieur des Ponts, il a, en quarante ans de carrière dans l’énergie, été successivement contrôleur de l’usine de retraitement nucléaire de La Hague, directeur Afrique d’EDF, puis mené des études et conférences sur le solaire et les énergies marines en Méditerranée, avant d’être nommé au CGEDD à 60 ans.
Henri Boyé ne veut pas qu’on parle de lui, mais il a accepté de nous recevoir simplement pour couper court aux soupçons de collusion avec le lobby nucléaire que des prorenouvelables font peser sur lui. S’il ne nous a pas dévoilé le contenu exact de son rapport, de premiers éléments ont filtré. Il semble que Delphine Batho soit sur le point d’annoncer des mesures de « patriotisme écologique », comme il lui a recommandé de le faire. L’homme à qui le gouvernement a confié cette mission est membre de l’Association des écologistes pour le nucléaire. Revendiquant 10 000 membres à l’international, elle fait la promotion de cette énergie « bien plus propre que le pétrole et le charbon », nous explique son fondateur, Bruno Comby. Ce polytechnicien crudivore vit de ses livres, de formations et de conférences. Il s’est construit une maison passive, où il écrit tout autant sur l’éloge de la sieste que sur la cuisine à base d’insectes et le nucléaire, « avenir de l’écologie ? ». Henri Boyé nous précise d’emblée qu’à son avis, « ce sera très difficile de tenir la promesse de baisser la part du nucléaire à 50% en 2025, sauf à doubler les prix de l’électricité ». Puis, il nous assure être favorable non au nucléaire, « mais aux énergies décarbonées ». Un concept qu’Arnaud Gossement, avocat en droit de l’environnement, a vu émerger au moment de la conférence de Copenhague sur le climat, en 2009 : « C’est la stratégie du “carbo-centrisme” développée par Areva depuis sa fameuse campagne de pub : en insistant sur la question des émissions de CO2, on donne un avantage au nucléaire, moins émetteur que le pétrole ou le charbon, et on le met dans la même catégorie que les énergies renouvelables. C’est un peu la même logique qui guide Arnaud Montebourg lorsqu’il parle du nucléaire comme d’une énergie “d’avenir”. »
Ce mélange des genres fait dire à Bernard Laponche, ex-ingénieur nucléaire reconverti dans la dénonciation des risques de cette technologie, qu’il y a décidément en France un problème d’indépendance des experts : « Il faut faire très attention à qui on confie les rapports car les nucléaristes verrouillent le système, et ces gens connaissent assez mal le contenu de la transition énergétique. Si on demande aux nucléaristes leur avis, il faudrait aussi demander aux experts non-institutionnels comme NégaWatt, Global Chance [l’association qu’il a fondée, ndlr], ou au Comité de liaison des énergies renouvelables (Cler)... Sinon, on obtient des rapports orientés comme “Energies 2050”, remis à Eric Besson et qui prônait la prolongation des centrales existantes. » Le CGEDD a depuis juillet auditionné les acteurs des filières renouvelables, qui se plaignent d’entraves juridiques et des tergiversations de l’administration. Mais a-t-il entendu leurs demandes ? Rien n’est moins sûr, à entendre Henri Boyé : « L’important, si l’on veut relancer la filière éolienne, n’est pas le tarif d’achat [auquel EDF achète l’électricité], mais l’emploi et la balance commerciale. Si l’éolien crée de l’emploi, il sera mieux accepté. » Les annonces faites par Delphine Batho à l’AFP mercredi laissent augurer des décisions à l’inverse des attentes des acteurs concernés. La ministre veut « intégrer dans les marchés publics et les appels d’offres des clauses liées à la création de valeur ajoutée en France ». Ce qui signifie indirectement accorder une prime à EDF, entreprise suffisamment grosse pour répondre, au détriment des PME. Or, l’électricien national a certes misé sur les renouvelables, mais son cœur de métier reste le nucléaire.
Nicolas Wolff, le président de France énergie éoliennes, association représentant les intérêts de la filière, réclame lui l’instauration d’un nouveau tarif d’achat, « urgence absolue ». Il l’explique à Rue89 : « La France est la deuxième zone en Europe pour le potentiel de vent (après la Grande-Bretagne), et s’est engagée lors du Grenelle de l’Environnement à produire 1 300 MW par an à partir du vent d’ici 2020. Or, nous en produisons à peine la moitié aujourd’hui. Ce qu’il nous faut, c’est une stabilité de la réglementation, et la suppression des zones de développement éolien (ZDE), de la règle des cinq mâts [minimums par parc] et du classement ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement). En Allemagne, il faut deux ans et demi pour développer un projet ; en France, six ans. On pourrait pourtant créer 50 000 emplois d’ici 2020. » L’avocat Arnaud Gossement, qui compte ces entreprises parmi ses clients, estime qu’« on ne peut demander à une filière de créer des emplois si les conditions ne sont pas réunies ».
Le dénigrement du photovoltaïque, amorcé par l’affaire des fameux « panneaux solaires chinois », et celui de l’éolien, solidement mené par la Fédération environnement durable, ne semblent pas près de s’arrêter. Sophie Verney-Caillat | Journaliste RUE 89
(*) Le CGEDD ou Conseil général de l’Environnement et du Développement durable a pour mission d’informer et de conseiller les pouvoirs publics, d’inspecter, d’auditer et d’évaluer les services et organismes chargés de mission de service public, dans les domaines de ses compétences. Il est placé sous l’autorité du ministre chargé de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement qui le préside. Il est né, le 9 juillet 2008, du rapprochement du conseil général des Ponts et Chaussées et du service d’inspection générale de l’Environnement.
(**) Le CGIET est issu de la fusion en 2009 du Conseil général des mines (CGM) et du Conseil général des technologies de l’information (CGTI), le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies, est placé sous l’autorité directe du ministre de l’Economie, des Finances et de l'Industrie, qui le préside. Le 1er mars 2012, le CGIET est devenu le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies. Composé d’une cinquantaine de hauts fonctionnaires ayant exercé précédemment de hautes responsabilités dans l’administration et dans le secteur privé, le Conseil est chargé de missions d’inspection, d’audit et de conseil pour le compte du ministre de l’Economie et, plus généralement, du gouvernement et des autorités administratives. Rappelons enfin que le Conseil est chargé de la gestion du corps des ingénieurs des Mines et de la tutelle de dix grandes écoles d’ingénieurs (Mines ParisTech, Télécom ParisTech, …) dépendant du ministère de l’Economie, désormais rassemblées sous la bannière de l’Institut Mines-Télécom. Ces écoles représentent environ 8 % des diplômes d’ingénieurs délivrés en France.
Delphine Batho en visite chez Vergnet (à Ormes près d’Orléans) promet un tarif pour l’éolien
Jean-Marc Vergnet (à gauche) explique à la Ministre le système d’élienne rabattable destinée aux pays à zone cyclonique. Vendredi et samedi se tiendra un « petit Grenelle de l’environnement » à Paris. Il est prévu que Jean-Marc Ayrault y fasse quelques annonces propres à remettre le gouvernement dans une démarche écologiste largement écornée par la réalité économique et sociale. Et par les déclarations de quelques ministres comme Arnaud Montebourg.
Le décor est
planté
Alors mercredi à Orléans,
Delphine Batho, Ministre de l’Environnement, a sciemment planté le décor en visitant l’entreprise Vergnet, la seule entreprise française qui fabrique des éoliennes, symbole de
l’économie verte innovante. Vergnet qui traverse une grave périoe de turbulence notamment en raison de ses projets de développement bloqués outre-mer. Ce déplacement à Ormes (près d’Orléans)
où la Ministre a passé deux heures dans les ateliers et les bureaux, est évidement un signe.
Des mesures concrêtes
Plombé sous Nicolas Sarkozy par l’absence de tarif, des blocages réglementaires, l’éolien devrait être relancé par des mesures concrètes. Delphine Batho, s’est notamment déclarée favorable à un tarif en faveur de l’éolien. Qui n’existe pas pour l’instant, à l’inverse de l’énergie solaire.
Visite dans les ateliers Vergnet.
« Je suis venue rencontrer une PME innovante dans le domaine de l’énergie renouvelable et pionnière avec ce système d’éolienne rabattable qui peut être vendu à travers le monde. Ce sont des enjeux économiques pour sauver des emplois et aussi pour se développer. C’est ce que j’appelerais le patriotisme écologique : comment peut-t-on à travers le développement des énergies nouvelles créer de l’emploi en France…Ces besoins trouveront des réponses dans le discours du Premier ministre lors de la clôture de la conférence environnementale ». a indiqué la Ministre.
Au coeur des bureaux d’études.
S’agissant de la loi littoral qui bloque l’éolien dans les Territoire d’outre-mer, la Ministre a indiqué que ce serait plus long de l’aménager mais que l’on peut agir sans attendre.
Ch.B 12 sept 2012 | Catégorie: Mag'cité
L’histoire a commencé, il y a 30 ans, au cœur du Sahel, où j’ai été confronté au problème du développement, dans le contexte particulièrement dramatique de la grande sècheresse des années 1970.
C’est à cette époque que l’Hydropompe VERGNET est née, dans une démarche de développement participatif qui préfigurait l’approche de développement durable, maintenant communément admise. C’est
aussi à cette époque que j’ai eu l’idée d’utiliser le soleil et les énergies renouvelables pour produire l’énergie nécessaire au pompage et au besoin des collectivités rurales. Après 20 ans
d’expérience dans ces deux domaines, notamment comme Responsable des Energies Renouvelables en France, j’ai décidé de quitter le service public pour tenter l’aventure de l’entreprise. Avec trois
collaborateurs, dans une loge de concierge, nous avons fait nos premiers pas. C’est ainsi que VERGNET a débuté en 1988.
Serge Grouard: la tradition républicaine se perd
Aucun Parlementaire n’a participé à cette visite de Delphine Batho. Marie-Madeleine Mialot, vice-présidente de la Région et Gilles Deguet, sont les seuls élus à avoir accompagné la ministre, cornaquée par les services préfectoraux. Pour sa part le député-maire d’Orléans, Serge Grouard (UMP), ancien président de la commission du développement durable à l’Assemblée a, dans un communiqué, vivement regretté de n’avoir pas été convié à cette visite ministérielle en ces termes : « la tradition républicaine est-elle en train de se perdre ? Il est d’usage lorsqu’un ministre se déplace sur un territoire d’en prévenir, et si possible avec quelque délai, les autorités locales, notamment les parlementaires et les maires. Le nouveau gouvernement a sans doute modifié ce principe républicain qui, au-delà de la seule courtoisie, permet des éclairages de fond et ainsi de faire progresser des dossiers. Après l’annonce de la visite de M. Peillon, tel a été à nouveau le cas, lors de la visite de Mme Batho, ministre en charge de l’environnement, venue sans prévenir visiter Vergnet à Ormes.
Le maire d’Ormes n’a semble t-il pas davantage été prévenu. Cela est d’autant plus regrettable que je suis tout particulièrement impliqué » poursuit Serge rouard « depuis de nombreuses années dans le soutien à l’entreprise Vergnet et que les connaissances que j’ai pu acquérir dans ce domaine, en tant qu’ancien président de la commission du développement durable à l’Assemblée Nationale et, précédemment, rapporteur du Grenelle de l’environnement, auraient pu apporter un éclairage pour la nouvelle ministre ».
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