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Jeudi 13 septembre 2012 4 13 /09 /Sep /2012 18:22

Conférence environnementale - LES 110 PROPOSITIONS d'Agir pour l'Environnement

Dix ans après le discours de Jacques Chirac au sommet onusien de Johannesburg, cinq après celui de Nicolas Sarkozy en clôture du Grenelle de l’environnement, c’est au tour du nouveau président de la République, François Hollande, d’organiser une grande conférence environnementale durant laquelle la société civile pourra exposer ses espoirs, ses propositions et ses attentes.  Cette conférence environnementale sera un succès si et seulement si les décideurs politiques écoutent les propositions versées au débat par la société civile mais acceptent surtout de mener à bien une action cohérente. La diagnostique est connue. L’heure est à l’action résolue.  En cent-dix propositions, Agir pour l’Environnement s’est efforcée de lister les mesures prioritaires à adopter rapidement. Gageons que nous n’aurons pas à participer aux débats écologiques de 2017 pour dire et redire ce que nous avions établi comme diagnostique voilà déjà plus de 20 ans !

ENERGIE

  1. Mener à bien un débat ouvert, transparent, contradictoire et pluraliste sans tabou ni a priori d’aucune sorte
  2. Sortie du nucléaire le plus rapidement possible, abdandonner la construction de l’EPR et de la ligne THT de Flamanville
  3. Arrêt du retraitement nucléaire à la Hague
  4. Interdire le combustible MOX
  5. Mettre un terme à la dissuasion nucléaire
  6. Abandonner l’enfouissement des déchets nucléaires
  7. Mettre un terme à la participation française dans le projet Iter
  8. Réformer l’Autorité de Sureté Nucléaire afin d’obtenir toutes les garanties d’indépendance et de transparence
  9. Interdiction du chauffage électrique pour les résidences neuves et substitution en 10 ans dans l’habitat ancien
  10. Limiter à 1 W/h les veilles des appareils électroniques
  11. Isoler 400 000 logements par an
  12. Rendre opposable le diagnostique de performance énergétique
  13. Mettre en place un plan de formation dédié à l’efficacité et la maîtrise de l’énergie
  14. Interdiction des publicités incitant à un usage irrationnel de l’énergie
  15. Interdiction des publicités rétro-éclairées et/ou énergivores
  16. Soutenir le développement des Espaces Info Energie pour toute ville de plus de 10.000 habitants
  17. Mesures d’urgence pour l’éolien passant en vue d’atteindre un objectif de 60 000 MW d’éolien en 2025
  18. Mesures d’urgence pour le photovoltaïque en vue d’atteindre un objectif de 52 000 MW de photovoltaïque d’ici 2020
  19. Obligation de poser des capteurs solaires pour toute construction neuve
  20. Généralisation de l’étiquetage énergie pour tous les appareils électroménagers
  21. Obliger les fabricants d’électroménager à garantir leurs produits 10 ans
  22. Soutien à la création de tiers-investisseurs réduisant le coût d’acquisition et d’installation des énergies renouvelables
  23. Interdiction des piles non rechargeables d’ici à 2015
  24. Interdire les terrasses chauffées
  25. Interdire la recherche et l’exploitation des gaz et huiles de schiste et reformer le code minier
  26. Réduction des vitesses sur routes et autoroutes
  27. Brider les moteurs à 130 km/h, réglementer les vitesses de pointe et l’accélération des véhicules
  28. Interdiction de circulation des camions de 44 tonnes
  29. Soutenir le fret ferroviaire passant par un soutien au « wagon isolé » et la préservation des installations ferroviaires en situation de réutilisation
  30. Revoir en profondeur le Schéma national des infrastructures de transport
  31. Abandon des grands projets inutiles (aéroport Notre Dame des Landes, autoroutes…)
  32. Remettre en cause les taux d’incorporation d’agro-carburants dans les carburants
  33. Fixer un objectif de réduction des émissions de CO2, pour les véhicules particuliers, à 80 g/CO2 par km pour 2020 et 60 g/CO2 d’ici 2025
  34. Evaluer sérieusement le bilan énergétique et les émissions de CO2 des véhicules électriques avant d’octroyer une aide étatique

BIODIVERSITE 

  1. Abroger la loi du 8 décembre 2011 sur les obtentions végétales
  2. Intégrer dans le droit français le traité TIRPAA
  3. Financer des programmes de sélection participativeInterdire la culture et la consommation d’OGM
  4. Réglementer les plantes mutées et organiser un débat envisageant leur interdiction
  5. Reconnaître les Préparations Naturelles Peu Préoccupantes et réformer les procédures d’évaluation et d’autorisation des pesticides
  6. Développer résolument l'agriculture biologique
  7. Conditionner réellement les aides de la PAC à la pratique d’une rotation des cultures
  8. Reconstitution d’un paysage agricole diversifié (haies, prairies, cultures)
  9. Favoriser les cultures associées
  10. Établir une cartographie des pollutions lumineuses au plus tard à la fin du second semestre 2013
  11. Etablir une trame noire visant à réduire la pollution lumineuse
  12. Réduire de 50%, d’ici à 2020, le flux lumineux issu du réseau routier et autoroutier
  13. Rendre la trame verte et bleue opposable
  14. Moratoire sur les forages pétroliers au large de la Guyane
  15. Stopper l'artificialisation des terres agricoles d'ici à 2020
  16. Conditionner l'obtention d'un permis de construire pour tout nouvel espace à vocation commerciale à l'absence d'alternative afin de réduire l'artificialisation des espaces agricoles
  17. Adopter une loi de protection de l'animal et créer un véritable statut de l'animal
  18. Reconstituer, d’ici à 2020, une continuité écologique, notamment à proximité des infrastructures routières, autoroutières et ferrées
  19. Adopter des quotas de pêche tenant compte des prescriptions des scientifiques
  20. Adopter le mercredi et le dimanche comme jours de non-chasse
  21. Mobiliser les services de l’Etat afin de mettre un terme à l’orpaillage illégal en Guyane
  22. Stopper, d'ici à 2020, la disparition des zones humides puis restaurer ces milieux sensibles
  23. Adopter une grande loi sur la protection du paysage
  24. Mieux maîtriser l’urbanisation et la pression foncière en renforçant la loi Littoral, doubler le budget du Conservatoire du Littoral
  25. Mettre en adéquation les missions de l'Office National de la Forêt et les pratiques

SANTE ENVIRONNEMENT 

  1. Mener à leur terme les expérimentations visant à définir les Zones d’Actions Prioritaires pour l’Air (ZAPA)
  2. Anticiper la mise en œuvre de la norme Euro6 pour les véhicules particuliers et poids lourds
  3. Résorber 50% des points noirs du bruit d'ici à 2020
  4. Généraliser les cartes de bruit pour toutes les villes de plus de 50 000 habitants
  5. Adopter un seuil d'exposition du grand public aux champs électromagnétiques issus de la téléphonie mobile fixé à 0,6 V/m
  6. Rendre le permis de construire obligatoire pour toute nouvelle installation d'antenne relais et généraliser les plans d’occupation des toits pour toutes les villes de plus de 50 000 habitants
  7. Généraliser les plans d’occupation des toits ainsi que les cadastres hertziens pour toutes les villes de 50 000 habitants
  8. Interdire la commercialisation de portables pour tous les enfants de moins de 14 ans
  9. Interdire l'utilisation des phtalates, parabènes et biosphénol A dès 2013
  10. Mener à bien une étude épidémiologique permettant d’évaluer l’impact sanitaire des substances à risque et de leurs éventuels effets cocktail
  11. Réduire de 50% (par rapport à 2010) les émissions de composés organiques volatiles d'ici 2020
  12. Identifier les substances à l’état nano-particulaire
  13. Inverser la charge de la preuve en matière de nanotechnologie et adopter un moratoire dont la levée est conditionnée à l’absence de risques sanitaires et environnementaux
  14. Interdire immédiatement les pesticides les plus toxiques et rémanents
  15. Réduire réellement de 50% avant 2018 et de 80% avant 2025 l’usage des pesticides agricoles
  16. Élaborer un plan de réduction drastique de l’azote minéral en agriculture
  17. Lutter réellement contre les algues vertes
  18. Interdire l’épandage des boues d’épuration
  19. Adopter un moratoire sur la construction de tout nouvel incinérateur de déchets ménagers et une réglementation sur les mâchefers
  20. Généraliser les composteurs pour toutes les habitations individuelles, d’ici à 2015
  21. Généraliser l’interdiction de la publicité à la télévision sur le service public avant et après les émissions pour enfants
  22. Interdire la réclame pour les produits ayant des conséquences sur la santé et l’environnement

FISCALITE ECOLOGIQUE

  1. Mettre un terme à la détaxe sur kérosène utilisé dans l’aviation
  2. Supprimer les avantages fiscaux pour le diesel
  3. Supprimer le remboursement de taxe sur les carburants (TIC) pour les transporteurs routiers
  4. Supprimer la détaxe sur l’essence et le diesel de 3 centimes adoptés le 28 août 2012
  5. Supprimer l’exonération partielle de taxe pour les agro-carburants industriels
  6. Mettre en œuvre immédiatement une écotaxe kilométrique poids-lourds
  7. Mieux identifier le cheminement des recettes de la taxe poids lourds afin qu’elles servent à financer les projets alternatifs à la route et au transport aérien
  8. Instaurer une indemnité kilométrique vélo
  9. Instaurer une contribution climat-énergie
  10. Augmenter la taxe sur l’aménagement du territoire ciblant les sociétés d’autoroute
  11. Réformer le Bonus-Malus à l’achat de véhicule propre afin de rendre le malus annuel et inclure les particules fines dans le calcul de cette incitation/taxe fiscale
  12. Instaurer un taux de TVA écologique réduit sur les produits durables (produits bio, réutilisables, couverts par une garantie de 10 ans, consignés…)
  13. Créer un taux de TVA à 33% pour les produits énergivores
  14. Moduler fortement le taux du point vert en fonction de la recyclabilité réelle des déchets et faire payer aux industriels le véritable coût de traitement des déchets
  15. Obliger les producteurs d’énergie à contracter une police d’assurance couvrant l’intégralité des dommages potentiels liés à leur activité présente et future
  16. Moduler le prix de l’électricité en fonction des heures de pointe
  17. Moduler très fortement la Taxe sur les véhicules de société en fonction des émissions de CO2 et rejets de microparticules

GOUVERNANCE 

  1. Supprimer l’Autorité de Régulation des Professionnels de la Publicité et la remplacer par une Haute Autorité réellement indépendante, pluraliste et transparente
  2. Inviter les associations de protection de l’environnement à la conférence sociale et ouvrir les CE et CHSCT à leur représentant
  3. Systématiser les expertises contradictoires, transparentes et pluralistes
  4. Définir un statut de lanceurs d’alerte
  5. Créer un Institut National de l’Environnement rassemblant les quinze associations représentatives et généralistes sur le modèle de l’INC
  6. Redéfinir les règles de représentativité des associations afin de mieux prendre en compte l’extrême diversité de ce secteur
  7. Saisir la Commission nationale du débat public pour tout projet ou technologie qui aurait fait l'objet d'une pétition rassemblant au moins 150.000 personnes pour un projet d'envergure nationale ou 20.000 personnes pour un projet ou technologie d'envergure régionale
  8. Créer un Conseil National de l'Environnement sur le modèle du CNC, rassemblant les associations représentatives
  9. Nationaliser Eco-emballages afin de limiter le pouvoir et l'influence des industriels dans la gouvernance du recyclage des déchets ménagers
  10. Créer une Agence de la Nature
  11. Soutenir la création d'une Organisation Mondiale de l'Environnement 

Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, était en visite chez Vergnet (Ormes, Loiret) le mercredi 12 septembre

Delphine BATHO, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, se déplace à Ormes, dans le Loiret (agglomération d'Orléans) ce mercredi 12 septembre 2012 à l'occasion d'une visite des Etablissements Vergnet. Vers 15h30, elle visite l'atelier et la chaîne de production de l'entreprise spécialisée dans la fabrication d'éoliennes à mât rabattable, et va échanger avec les responsables des services. [voir article ci-dessous]


Eolien : comment les pronucléaires guident le gouvernement [Rue 89] 

La conférence environnementale débute ce vendredi. Batho et Montebourg ont demandé un rapport sur les énergies renouvelables... qui profite à EDF.eolienne

A la veille de l’ouverture de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre, la remise d’un rapport sur les énergies renouvelables allant à l’encontre des demandes de la filière pose question. Delphine Batho, ministre de l’Ecologie et Arnaud Montebourg, son collègue du Redressement productif, n’ont pas fini de se contredire. Après les gaz de schiste, le nucléaire, les renouvelables... la co-tutelle sur l’énergie crée des remous. Dans la lettre de mission que les deux ministres ont remise le 17 juillet au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) (*) et au Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGEIET) (**) , et que Rue89 s’est procurée, il est demandé « des recommandations opérationnelles de court terme » et « des propositions de réformes structurelles de moyen et long terme ».  Très classique sur le papier : les politiques, novices sur un sujet, demandent conseil à leur administration supposée la plus compétente sur la question.  Sauf que, dans le cas précis, au pays du tout-nucléaire (il compte pour 75% dans notre production électrique), les conseils ont toutes les chances d’être orientés dans un sens plus favorable à EDF qu’aux PME de l’éolien et du photovoltaïque.

Un ancien directeur des routes aux manettes

C’est en tout cas ce que laisse penser la composition des deux conseils généraux, principalement des ingénieurs du corps des Mines et des Ponts.  Déjà, le CGEDD, né du regroupement du Conseil général des ponts et chaussées et de l’Inspection générale de l’environnement, est dirigé par Christian Leyrit, connu comme « l’homme qui a construit le plus de routes en France ». Un ex-haut fonctionnaire du ministère de l’Environnement nous le décrit ainsi :   « Il déteste tellement l’environnement qu’il a même cherché à peser sur l’Elysée pour que l’Energie et les Transports ne soient plus dans le périmètre du ministre de l’Environnement. »  De plus, le coordonnateur du collège Energie et Climat et directeur du rapport remis à Batho et Montebourg est Henri Boyé, un personnage qui se revendique à la fois pronucléaire et prorenouvelable. Ingénieur des Ponts, il a, en quarante ans de carrière dans l’énergie, été successivement contrôleur de l’usine de retraitement nucléaire de La Hague, directeur Afrique d’EDF, puis mené des études et conférences sur le solaire et les énergies marines en Méditerranée, avant d’être nommé au CGEDD à 60 ans.

Favorable aux « énergies décarbonées »

Henri Boyé ne veut pas qu’on parle de lui, mais il a accepté de nous recevoir simplement pour couper court aux soupçons de collusion avec le lobby nucléaire que des prorenouvelables font peser sur lui. S’il ne nous a pas dévoilé le contenu exact de son rapport, de premiers éléments ont filtré. Il semble que Delphine Batho soit sur le point d’annoncer des mesures de « patriotisme écologique », comme il lui a recommandé de le faire.  L’homme à qui le gouvernement a confié cette mission est membre de l’Association des écologistes pour le nucléaire. Revendiquant 10 000 membres à l’international, elle fait la promotion de cette énergie « bien plus propre que le pétrole et le charbon », nous explique son fondateur, Bruno Comby. Ce polytechnicien crudivore vit de ses livres, de formations et de conférences. Il s’est construit une maison passive, où il écrit tout autant sur l’éloge de la sieste que sur la cuisine à base d’insectes et le nucléaire, « avenir de l’écologie ? ».  Henri Boyé nous précise d’emblée qu’à son avis, « ce sera très difficile de tenir la promesse de baisser la part du nucléaire à 50% en 2025, sauf à doubler les prix de l’électricité ». Puis, il nous assure être favorable non au nucléaire, « mais aux énergies décarbonées ». Un concept qu’Arnaud Gossement, avocat en droit de l’environnement, a vu émerger au moment de la conférence de Copenhague sur le climat, en 2009 :   « C’est la stratégie du “carbo-centrisme” développée par Areva depuis sa fameuse campagne de pub : en insistant sur la question des émissions de CO2, on donne un avantage au nucléaire, moins émetteur que le pétrole ou le charbon, et on le met dans la même catégorie que les énergies renouvelables. C’est un peu la même logique qui guide Arnaud Montebourg lorsqu’il parle du nucléaire comme d’une énergie “d’avenir”. »

« L’important, ce n’est pas le tarif d’achat »

Ce mélange des genres fait dire à Bernard Laponche, ex-ingénieur nucléaire reconverti dans la dénonciation des risques de cette technologie, qu’il y a décidément en France un problème d’indépendance des experts :  « Il faut faire très attention à qui on confie les rapports car les nucléaristes verrouillent le système, et ces gens connaissent assez mal le contenu de la transition énergétique.  Si on demande aux nucléaristes leur avis, il faudrait aussi demander aux experts non-institutionnels comme NégaWatt, Global Chance [l’association qu’il a fondée, ndlr], ou au Comité de liaison des énergies renouvelables (Cler)... Sinon, on obtient des rapports orientés comme “Energies 2050”, remis à Eric Besson et qui prônait la prolongation des centrales existantes. »  Le CGEDD a depuis juillet auditionné les acteurs des filières renouvelables, qui se plaignent d’entraves juridiques et des tergiversations de l’administration. Mais a-t-il entendu leurs demandes ? Rien n’est moins sûr, à entendre Henri Boyé :  « L’important, si l’on veut relancer la filière éolienne, n’est pas le tarif d’achat [auquel EDF achète l’électricité], mais l’emploi et la balance commerciale. Si l’éolien crée de l’emploi, il sera mieux accepté. » Les annonces faites par Delphine Batho à l’AFP mercredi laissent augurer des décisions à l’inverse des attentes des acteurs concernés. La ministre veut « intégrer dans les marchés publics et les appels d’offres des clauses liées à la création de valeur ajoutée en France ». Ce qui signifie indirectement accorder une prime à EDF, entreprise suffisamment grosse pour répondre, au détriment des PME. Or, l’électricien national a certes misé sur les renouvelables, mais son cœur de métier reste le nucléaire.

« On pourrait créer 50 000 emplois d’ici 2020 »

Nicolas Wolff, le président de France énergie éoliennes, association représentant les intérêts de la filière, réclame lui l’instauration d’un nouveau tarif d’achat, « urgence absolue ». Il l’explique à Rue89 :  « La France est la deuxième zone en Europe pour le potentiel de vent (après la Grande-Bretagne), et s’est engagée lors du Grenelle de l’Environnement à produire 1 300 MW par an à partir du vent d’ici 2020. Or, nous en produisons à peine la moitié aujourd’hui.  Ce qu’il nous faut, c’est une stabilité de la réglementation, et la suppression des zones de développement éolien (ZDE), de la règle des cinq mâts [minimums par parc] et du classement ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement). En Allemagne, il faut deux ans et demi pour développer un projet ; en France, six ans. On pourrait pourtant créer 50 000 emplois d’ici 2020. »  L’avocat Arnaud Gossement, qui compte ces entreprises parmi ses clients, estime qu’« on ne peut demander à une filière de créer des emplois si les conditions ne sont pas réunies ».

Le dénigrement du photovoltaïque, amorcé par l’affaire des fameux « panneaux solaires chinois », et celui de l’éolien, solidement mené par la Fédération environnement durable, ne semblent pas près de s’arrêter. Sophie Verney-Caillat | Journaliste RUE 89

http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/09/13/eolien-comment-les-pronucleaires-guident-le-gouvernement-235282


(*) Le CGEDD ou Conseil général de l’Environnement et du Développement durable a pour mission d’informer et de conseiller les pouvoirs publics, d’inspecter, d’auditer et d’évaluer les services et organismes chargés de mission de service public, dans les domaines de ses compétences.  Il est placé sous l’autorité du ministre chargé de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement qui le préside.  Il est né, le 9 juillet 2008, du rapprochement du conseil général des Ponts et Chaussées et du service d’inspection générale de l’Environnement.

(**) Le CGIET est  issu de la fusion en 2009 du Conseil général des mines (CGM) et du Conseil général des technologies de l’information (CGTI), le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies, est placé sous l’autorité directe du ministre de l’Economie, des Finances et de l'Industrie, qui le préside. Le 1er mars 2012, le CGIET est devenu le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies. Composé d’une cinquantaine de hauts fonctionnaires ayant exercé précédemment de hautes responsabilités dans l’administration et dans le secteur privé, le Conseil est chargé de missions d’inspection, d’audit et de conseil pour le compte du ministre de l’Economie et, plus généralement, du gouvernement et des autorités administratives. Rappelons enfin que le Conseil est chargé de la gestion du corps des ingénieurs des Mines et de la tutelle de dix grandes écoles d’ingénieurs (Mines ParisTech, Télécom ParisTech, …) dépendant du ministère de l’Economie, désormais rassemblées sous la bannière de l’Institut Mines-Télécom. Ces écoles représentent environ 8 % des diplômes d’ingénieurs délivrés en France.


Delphine Batho en visite chez Vergnet (à Ormes près d’Orléans) promet un tarif pour l’éolien 

Jean-Marc Vergnet (à gauche) explique à la Ministre le système d’élienne rabattable destinée aux pays à zone cyclonique.  Vendredi et samedi se tiendra un « petit Grenelle de l’environnement » à Paris. Il est prévu que Jean-Marc Ayrault y fasse quelques annonces propres à remettre le gouvernement dans une démarche écologiste largement écornée  par la réalité économique et sociale. Et par les déclarations de quelques ministres comme Arnaud Montebourg.

Le décor est planté delphine batho ormes Alors mercredi  à Orléans, Delphine Batho, Ministre de l’Environnement,  a sciemment  planté le décor en visitant l’entreprise Vergnet, la seule entreprise française qui fabrique des éoliennes, symbole de l’économie verte innovante. Vergnet qui traverse une grave périoe de turbulence notamment en raison de ses projets de développement bloqués outre-mer. Ce déplacement à Ormes (près d’Orléans) où la Ministre a passé deux heures dans les ateliers et les bureaux, est évidement un signe.

Des mesures concrêtes

Plombé sous Nicolas Sarkozy par l’absence de tarif, des blocages réglementaires, l’éolien devrait être relancé par des mesures concrètes. Delphine Batho, s’est notamment déclarée favorable à un tarif en faveur de l’éolien. Qui n’existe pas pour l’instant, à l’inverse de l’énergie solaire.

delphine batho ormes2

Visite dans les ateliers Vergnet.

« Je suis venue rencontrer une PME innovante dans le domaine de l’énergie renouvelable et pionnière avec ce système d’éolienne rabattable qui peut être vendu à travers le monde. Ce sont des enjeux économiques pour sauver des emplois et aussi pour se développer. C’est ce que j’appelerais le patriotisme écologique : comment peut-t-on à travers le développement des énergies  nouvelles créer de l’emploi en France…Ces besoins trouveront des réponses dans le discours du Premier ministre lors de la clôture de la conférence environnementale ». a indiqué la Ministre.

batho vergnet bureau études

Au coeur des bureaux d’études.

S’agissant de la loi littoral qui bloque l’éolien dans les Territoire d’outre-mer, la Ministre a indiqué que ce serait plus long de l’aménager mais que l’on peut agir sans attendre.

Ch.B 12 sept 2012 | Catégorie: Mag'cité 


L’histoire a commencé, il y a 30 ans, au cœur du Sahel, où j’ai été confronté au problème du développement, dans le contexte particulièrement dramatique de la grande sècheresse des années 1970. C’est à cette époque que l’Hydropompe VERGNET est née, dans une démarche de développement participatif qui préfigurait l’approche de développement durable, maintenant communément admise. C’est aussi à cette époque que j’ai eu l’idée d’utiliser le soleil et les énergies renouvelables pour produire l’énergie nécessaire au pompage et au besoin des collectivités rurales.  Après 20 ans d’expérience dans ces deux domaines, notamment comme Responsable des Energies Renouvelables en France, j’ai décidé de quitter le service public pour tenter l’aventure de l’entreprise. Avec trois collaborateurs, dans une loge de concierge, nous avons fait nos premiers pas. C’est ainsi que VERGNET a débuté en 1988.


Notre mission est de contribuer à satisfaire, partout et pour tous, les besoins vitaux de l'humanité en eau et en énergie, avec des produits et des services innovants et adaptés utilisant les énergies renouvelables. C'est notre engagement, c'est notre contribution au développement durable, que nous mettons en œuvre dans trois domaines fondamentaux : le solaire, l'éolien et l'hydraulique villageoise. 


Serge Grouard: la tradition républicaine se perd

Aucun Parlementaire n’a participé à cette visite de Delphine Batho. Marie-Madeleine Mialot, vice-présidente de la Région et Gilles Deguet, sont les seuls élus à avoir accompagné la ministre, cornaquée par les services préfectoraux. Pour sa part le député-maire d’Orléans, Serge Grouard (UMP), ancien président de la commission du développement durable à l’Assemblée a, dans un  communiqué, vivement  regretté de n’avoir pas été convié  à cette visite ministérielle en ces termes : «  la tradition républicaine est-elle en train de se perdre ? Il est d’usage lorsqu’un ministre se déplace sur un territoire d’en prévenir, et si possible avec quelque délai, les autorités locales, notamment les parlementaires et les maires. Le nouveau gouvernement a sans doute modifié ce principe républicain qui, au-delà de la seule courtoisie, permet des éclairages de fond et ainsi de faire progresser des dossiers. Après l’annonce de la visite de M. Peillon, tel a été à nouveau le cas, lors de la visite de Mme Batho, ministre en charge de l’environnement, venue sans prévenir visiter Vergnet à Ormes.

Le maire d’Ormes n’a semble t-il pas davantage été prévenu. Cela est d’autant plus regrettable que je suis tout particulièrement impliqué » poursuit Serge rouard   « depuis de nombreuses années dans le soutien à l’entreprise Vergnet et que les connaissances que j’ai pu acquérir dans ce domaine, en tant qu’ancien président de la commission du développement durable à l’Assemblée Nationale et, précédemment, rapporteur du Grenelle de l’environnement, auraient pu apporter un éclairage pour la nouvelle ministre ».

 http://www.magcentre.fr/delphine-batho-en-visite-chez-vergnet-a-ormes-pres-dorleans-promet-un-tarif-pour-leolien/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=delphine-batho-en-visite-chez-vergnet-a-ormes-pres-dorleans-promet-un-tarif-pour-leolien


©  tous droits réservés, danièle favari.

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