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Gaz de schiste: les États membres ont besoin de règles solides
PARLEMENT EUROPEEN - 19-09-2012 - 16:48 - Commission : Environnement, santé publique et sécurité alimentaire
Le démarrage de l'exploration de schiste bitumineux et de gaz de schiste dans certains pays de l'UE devrait être soutenu par des "régimes de réglementation solides" selon deux résolutions distinctes et non contraignantes adoptées en commissions de l'énergie (aspects industriels) et de l'environnement (santé et environnement). Les États membres devraient être prudents en attendant l'analyse qui déterminera si le règlement européen est approprié, affirme la commission de l'environnement. Chaque pays de l'UE a le droit de décider d'exploiter ou non du gaz de schiste, a déclaré la commission de l'énergie. Les États membres devraient disposer de règles solides sur toutes les activités liées au gaz de schiste, notamment sur la fracturation hydraulique ("fracking"). Les députés ont également conseillé à l'UE de tirer les enseignements des expériences américaines, en vue d'utiliser des processus industriels écologiques et les "meilleures techniques existantes". La Commission a déjà conclu que les règles européennes couvrent, de manière adéquate, les licences, l'exploration précoce et la production de gaz de schiste mais qu'une "analyse détaillée" du règlement sur les combustibles fossiles non conventionnels est nécessaire, étant donné l'éventuelle expansion de leur exploitation, soulignent les députés de la commission de l'environnement.
Eau
et produits chimiques : Des projets spécifiques liés à l'utilisation de l'eau devraient accompagner toute activité de fracturation hydraulique, et l'eau devrait être recyclée autant que
possible, affirme la résolution de la commission de l'environnement. Les compagnies doivent déclarer quels produits chimiques sont utilisés, en vue de respecter la législation européenne, ajoute
le texte.
(In)dépendance énergétique : La consommation européenne de gaz est actuellement en augmentation dans l'Union, avec des importations qui devraient atteindre 450 milliards de mètres cubes par an d'ici 2035. De nouvelles sources de gaz naturel pourraient contribuer à la diversité de l'approvisionnement, mais d'autres mesures sont nécessaires en vue de réduire la dépendance vis-à-vis des importations, comme le recours aux énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, affirme la commission de l'énergie.
Prochaines étapes : La commission de l'énergie a approuvé la résolution par 32 voix pour, 23 voix contre et une abstention. La commission de l'environnement a approuvé la résolution par 63 voix pour, une voix contre et une abstention. Les deux résolutions devraient être adoptées en plénière en octobre.
Sous la présidence de (commission de l'industrie et de l'énergie): Amalia Sartori (PPE, IT)
Sous la présidence de (commission de l'environnement): Matthias Groote (S&D, DE)
Licence pour forage seulement si les compagnies peuvent payer les marées noires
PARLEMENT EUROPEEN : 19-09-2012 - 16:00 - Commission : Environnement, santé publique et sécurité alimentaire
Corps imbibés de pétrole d'oiseaux morts, victimes de la plus grande catastrophe de pollution maritime de Nouvelle-Zélande.© BELGA_AFP_B.Ambrose
Les compagnies pétrolières doivent être tenues responsables des coûts de tout dommage environnemental éventuel, et avoir les moyens de payer, sinon elles ne pourront pas recevoir de licence pour forer dans les eaux européennes, ont déclaré les députés de la commission de l'environnement lors d'un vote, ce mercredi, sur le projet de législation concernant la sécurité des activités pétrolières et gazières en mer. "La législation devrait exiger plus clairement des exploitants qu'ils mettent en place les garanties financières nécessaires pour couvrir les coûts liés à la dépollution et à l'indemnisation en cas d'accident majeur. Cette démarche est conforme à un principe clé de la législation de l'Union en matière d'environnement, à savoir le principe du 'pollueur-payeur'", a déclaré le rapporteur, Justas Paleckis (S&D, LT). La nouvelle législation fixera des normes européennes minimales pour la sécurité pétrolière et gazière en mer, réglementant les licences, les plans d'urgence et le déclassement des plateformes. Les opérateurs seront contraints de réduire autant que possible les risques d'accidents majeurs.
Le pollueur-payeur : Les députés ont durci le projet de dispositions sur la responsabilité. Les autorités des États membres devraient uniquement octroyer des licences pour l'exploration et l'exploitation de pétrole et de gaz en mer aux compagnies qui ont une "garantie financière appropriée", leur permettant de payer un nettoyage total ou de verser des indemnités dans le cas où leurs activités entraîneraient certaines conséquences, en particulier des dégâts environnementaux, affirme la commission parlementaire.
Les autorités devraient prendre en compte l'implication préalable des compagnies dans des incidents à l'échelle internationale - ainsi que la transparence et l'efficacité de leurs réactions - lors de l'octroi d'une licence, affirme une majorité de députés de la commission.
Agence de sécurité maritime : L'Agence européenne de sécurité maritime devrait avoir un rôle accru, des pouvoirs de supervision pour les inspections ainsi que la capacité de donner des conseils techniques et scientifiques aux États membres, ou de les aider en cas de marée noire, affirment les députés.
Prochaines étapes : La commission de l'environnement a approuvé l'avis par 55 voix pour, 10 voix contre et aucune abstention. Elle partage la responsabilité sur le projet de législation avec la commission de l'industrie et de l'énergie, qui devrait se prononcer le 8 octobre. L'approbation finale de la législation nécessitera l'accord du Parlement (en plénière) et des États membres (au Conseil).
REF.: 20120917IPR51502
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-%2f%2fEP%2f%2fTEXT%2bIM-PRESS%2b20120917IPR51502%2b0%2bDOC%2bXML%2bV0%2f%2fFR&language=FR
Earlier today, Steve gave this week’s Green Weenie award to Matt Damon for the anti-fracking movie Promised Land, which, it turns out, was financed by the United Arab Emirates. Who, trust me, acted out of a noble concern for the environment and had no thought of suppressing American fossil fuel development which would compete with the Emirates’ product and likely cost the Emirates billions of dollars. But the movie is actually worse than a garden-variety, ill-informed environmentalist fantasy, in which companies–especially energy companies–are villains, and whoever opposes development of resources–especially energy resources–is a hero. The original script for Promised Land portrayed anti-fracking activists as disinterested, admirable whistle-blowers. But while the film was in production, it came to light September 30, 2012 John Hinderaker in Environment, Green Weenie Award
Le prix «Green Weenie » a été décerné à Matt Damon pour le film anti-fracturation « Terre Promise », pourtant financé par les Emirats arabes unis. Qui, croyez-moi, ont agi dans un souci noble de l'environnement et n'avait aucune idée d’ empêcher le développement de combustibles fossiles américains en concurrence avec les « Emirats ". Mais le film est en fait pire qu’une variété, fantaisie d’écologistes mal informés, dans lequel les entreprises-en particulier de l'énergie des entreprises - sont méchants, et celui qui s'oppose au développement des ressources-en particulier des ressources énergétiques, est un héros. Le script original pour « Terre promise »dépeint les militants anti-fracturation comme désintéressés, et d’admirables dénonciateurs. Mais alors que le film était en production, il est apparu que plusieurs des militants anti-fracturation ont été colporté des fraudes: Il y avait Dimock, en Pennsylvanie - inspiration probable pour «Terre promise», en vedette dans de nombreux reportages, des célébrités de Hollywood, venues même apporter de l'eau à 11 familles qui ont déclaré que la fracturation avait détruit leur eau et leur vie. Mais alors que "Promised Land" était en production, l'histoire de Dimock s’est effondré. L'état d'une enquête (de l’EPA) et ses scientifiques ont découvert qu’il n’y avait rien de mal. Les 11 familles avaient insisté pour que les scientifiques de l'EPA viennent enquêter. Ils l'ont fait - et à la grande consternation du mouvement écologiste – ils ont trouvé que l'eau n'était pas contaminée. Un groupe qui a produit une vidéo effrayante d'un tuyau d'eau en flammes et a déclaré qu’une compagnie de gaz avait pollué l'eau a été débouté par un juge qui a constaté que c’ était une fraude pure et simple parce qu’un tuyau avait été raccordé au gaz de la maison. D'autres cas de «pollution» se sont effondrés au Wyoming et au Colorado. Même Josh Fox, qui, avec sa nomination aux Oscars documentaire "Gasland" a d'abord soulevé des préoccupations au sujet de l'eau inflammable, a dû admettre qu'il dissimulé des preuves parce que la fracturation était pas responsable. Dernières nouvelles au sujet de ces fraudes , les militants qui ont-ils réagi en disant la vérité à propos du mouvement anti-fracturation? Bien sûr que non. Ont-ils annulé le film ? Non, ils ont changé le script. Dans la version finale de « Terre promise », les écologistes frauduleux travaillent secrètement pour la compagnie de gaz et pour salir le mouvement environnemental." Ainsi, selon Matt Damon et ses collègues cinéastes, c'est la faute aux Compagnies pétrolières et gazières si les écologistes doivent mentir et colporter des données frauduleuses! Plutôt que de traiter avec la réalité, les réalisateurs ont créé un récit qui est une pure fiction, mais qui affirme leurs valeurs profondes, loin des préjugés irrationnels. Présenté comme une occasion de dire la vérité, Matt Damon et ses collègues ont choisi d’aggraver le mensonge. Pour cela, ils méritent une reconnaissance spéciale ; le « Weenieism vert » !
http://www.powerlineblog.com/archives/2012/09/green-weenieism-the-next-dimension.php
Claude Allègre : "Les écologistes nous nuisent"
Venus à Marseille présenter son livre "Découvrir la Terre" chez Alfred Mauro, le chercheur et ancien ministre de l'Education Claude Allègre s'est longuement livré à la Provence. Il tire à l'arme lourde sur les écologistes politiques, estimant qu'en s'alliant aux Verts, le PS et François Hollande sont "ligotés et tournent le dos au progrès". Il raconte comment il a "sauvé la corrida" à Bruxelles en menaçant les Danois qui voulaient l'interdire de proposer une loi contre la chasse à la baleine.. Il estime que le loup "doit être derrière une barrière" et qu'on risque de détruire l'élevage en Haute-Provence si on continue ainsi. Il se prononce pour les OGM, pour la prospection du gaz de schiste "si l'on donne aux propriétaires des terrains la possibilité d'en tirer profit, comme aux Etats-Unis" et assure que François Hollande n'est pas la bonne personne dans le rôle du Président. Publié le samedi 29 septembre 2012 à 19H09
http://www.laprovence.com/actu/politique-en-direct/claude-allegre-les-ecologistes-nous-nuisent
Claude Allègre pose la question du gaz de schiste
La polémique enfle, les avis divergent mais les réponses restent en suspens. Pour apporter quelques éléments supplémentaires afin de se forger, pourquoi pas, une intime conviction, l’ancien ministre PS de l’Éducation, Claude Allègre a animé, mardi 25 septembre, une conférence nommée : « Gaz de schiste : faut-il en avoir peur ? « Le géochimiste interviendra dans le cadre des Mardi Littéraire d’Alfred Mauro avec, dans le rôle de contradicteur France Gamerre et Michel Villeneuve, géologue de réputation mondiale. À cette occasion, Claude Allègre, également connu pour avoir publié de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, présentera son nouveau livre "Découvrir la terre" édité chez Fayard.
Pour connaître les prises de position connues de ce climato-sceptique :
Le terrible séisme qui a engendré au Japon la catastrophe nucléaire du printemps 2011 a rappelé à
l'humanité que l'expression "terre ferme" par laquelle les marins désignent le "plancher des vaches" est toute relative, et que nous vivons en fait sur des radeaux continentaux flottant sur un
magma, dont les télescopages et les chevauchements ébranlent la surface terrestre. Ancien directeur de l'Institut de géophysique du globe, spécialiste mondial incontesté, prix Crawford -
l'équivalent du Nobel dans sa discipline -, Claude Allègre, en collaboration avec Laure Meynadier, ausculte la Terre sous toutes ses coutures, et, dans une synthèse magistrale, rappelle comment
s'est formée l'actuelle configuration de notre planète, les causes et la localisation de ses grandes colères - volcanisme et tremblements de terre -, avant d'exposer en détail les hypothèses
émises successivement par cette science jeune dont il est un des maîtres, pour expliquer ces mortels soubresauts : dérive des continents, expansion du globe, tectonique des
plaques.
Deux novices à l'Assemblée
Quelques heures avant la publication du projet de loi de finances 2013, Barbara Pompili et Denis Baupin ont reçu la rédaction du JDLE. Au menu: les ambitions politiques, pour la mandature, des députés Europe Ecologie-les Verts. Revue de détail [EXTRAITS]
Extrait : L’examen de la proposition de loi instaurant une tarification progressive de l'énergie est en cours. Etes-vous satisfaits de ce texte? Denis Baupin: il met en pratique l’un des engagements pris par François Hollande lors de la Conférence environnementale . Cela étant, tel qu’il est, le texte présenté par François Brottes ne nous convient pas. Car la progressivité ne porte que sur les tarifs et pas sur l’abonnement. Or l’abonnement peut être très dégressif, ce qui pourrait, au final, annuler les effets de la progressivité sur les tarifs. De plus, il ne concerne que les énergies de réseau et pas le fioul ou le GPL, par exemple. Ce qui est très positif, c’est l’extension du champ des bénéficiaires des tarifs sociaux. [L'examen de la Proposition de loi de François BROTTES débute ce lundi 1er octobre 2012. D.F.]
Le vendredi 28 septembre 2012 à 18h 38 par Valéry Laramée de Tannenberg
http://www.journaldelenvironnement.net/article/quinquennat-ce-que-veulent-les-deputes-ecolos,30901
L'homme, cet animal suicidaire peint par Jared Diamond
LE MONDE CULTURE ET IDEES | 27.09.2012 à 16h36 • Mis à jour le 29.09.2012 à 20h27 - Par Frédéric Joignot
Vue du delta du Mississipi prise depuis un satellite de la NASA ; les trainées claires montrent le pétrole échappé de la plate-forme DEEP WATER HORIZON (B.P) ; la végétation est en rouge. ©NASA
Il habite à Bel Air, quartier très chic aux jardins luxuriants de Los Angeles, dans une grande maison de bois pleine de gravures animalières. Avec son imposant collier de barbe, ses 74 ans, il fait penser à un vieux prêcheur amish. L'homme en impose. Il faut dire que ce professeur de géographie de l'UCLA, la vénérable université de la "cité des anges", biologiste évolutionniste réputé, fait à nouveau parler de lui après l'échec du Sommet de la Terre, cet été, à Rio, où aucune mesure n'a été prise pour rendre notre planète plus durable. Depuis, beaucoup se demandent si Jared Diamond n'a pas raison. Si l'humanité ne court pas au désastre écologique, danger contre lequel il nous a mis en garde dans son essai Effondrement (2005). Dans ce best-seller mondial, âprement discuté par l'élite scientifique, il montre comment, à plusieurs reprises, les destructions de notre environnement ont contribué à l'écroulement de sociétés. L'auteur va même jusqu'à parlerd'"écocide" : le génocide écologique. Si certains critiquent son catastrophisme, Diamond donne des conférences dans le monde entier, appelant l'humanité à se ressaisir.
DURABILITÉ ET AUTODESTRUCTION
Le sommet de Rio a montré qu'avec la crise économique les exigences écologiques passent au second plan. On vient pourtant d'apprendre – un exemple parmi d'autres – que la banquise arctique risque de fondre avant 2020, que les glaciers du Groenland sont menacés, ce qui va accélérer encore le réchauffement et bouleverser la circulation des eaux océaniques. Sommes-nous entrés dans un des scénarios tragiques décrits par Jared Diamond dans Effondrement ? Il nous répond : "L'humanité est engagée dans une course entre deux attelages. L'attelage de la durabilité et celui de l'autodestruction. Aujourd'hui, les chevaux courent à peu près à la même vitesse, et personne ne sait qui va l'emporter. Mais nous saurons bien avant 2061, quand mes enfants auront atteint mon âge, qui est le gagnant." Si Jared Diamond est tellement écouté, discuté et contesté, c'est parce qu'il a bouleversé le récit classique de l'histoire, à travers trois ouvrages colossaux dans lesquels il décrit en détail les rapports conflictuels qu'entretient l'humanité avec la nature depuis 13 000 ans. Avant Effondrement, il y a eu Le troisième chimpanzé (1992), qui décrit les premiers méfaits d'homo sapiens sur la nature et nous imagine un avenir difficile, et De l'inégalité parmi les sociétés (1998), qui montre comment la géographie favorise ou pénalise le développement de civilisations - cette somme lui a valu le prix Pulitzer. Avec Diamond, il devient impossible de séparer l'aventure humaine de la géographie, de comprendre le développement et le déclin des sociétés sans tenir compte des ressources naturelles des pays, de leur exploitation et de leur dégradation. Ecoutons-le : "On ne peut s'imaginer pourquoi ce ne sont pas les Indiens d'Amérique du Nord qui ont conquis l'Europe avec des caravelles portant mousquets et canons ou pourquoi les Aborigènes australiens n'ont pas dominé l'Asie sans comparer les richesses agricoles de ces régions, les animaux qui y vivent, la lenteur avec laquelle s'est implantée l'agriculture, puis la pensée technicienne et la gestion des ressources."
L'EXEMPLE DU CROISSANT FERTILE
Jared Diamond se penche aussi sur le berceau de notre civilisation, ce fameux Croissant fertile (Iran, Irak, Syrie, Liban, Jordanie, etc.) où est apparue pour la première fois une société agricole, sédentaire, artisanale, outillée, bientôt urbaine. Pour lui, ce miracle a été possible pour trois raisons : "Le blé, l'orge, les pois chiches, les lentilles, le lin y poussaient à l'état sauvage, qui ont pu être cultivés, emmagasinés, et filés pour le lin. Cinq espèces d'animaux essentiels à l'alimentation, au transport et aux travaux agricoles vivaient là – les chiens, les moutons, les porcs, les bovins, le cheval. Enfin, de grands fleuves et la Méditerranée ont permis que leurs savoirs soient diffusés et perfectionnés." Diamond compare ensuite le croissant fertile avec l'Australie de la même époque : on n'y trouve aucun mammifère domesticable et juste une noix cultivable. Le biologiste entend réfuter toute explication des inégalités humaines fondée sur une disparité génétique ou raciale au sein des populations. Pour lui, rejoignant les études de l'historien Fernand Braudel, seule la biogéographie et l'écologie scientifique permettent de comprendre les énormes différences dans la croissance des sociétés. Leur déclin aussi... Le Croissant fertile s'est dégradé quand l'homme a commencé à le déboiser pour construire des flottes de guerre, amenant une désertification irrémédiable. Pour étayer ses analyses, Jared Diamond tient compte des mesures collectées par la paléoécologie (études des biotopes passés), la palynologie (collecte des pollens anciens), la dendrochronologie (datation par le bois), la stratigraphie, la paléoclimatologie, la géochimie et la paléogénétique afin d'étudier les rapports des populations à leurs terres, de comprendre si les cultures furent trop intensives ou durables. Il convoque aussi l'anthropologie médico-légale pour décrire quel était l'état de santé des gens riches et des pauvres, l'âge moyen, le travail des femmes, etc. Il n'y a que lui pour vous expliquer que l'agriculture, dès son apparition, n'a pas eu que des conséquences favorables : "Des études paléo-alimentaires montrent que les chasseurs-cueilleurs d'avant l'agriculture étaient en meilleure santé et mieux nourris que les cultivateurs. Leur régime était plus varié en protéines et en vitamines, ils disposaient de plus de temps libre et ils dormaient beaucoup." Du reste, les populations se méfiaient de l'agriculture. Elle n'a été que lentement adoptée en Europe (un kilomètre par an) comme aux Etats-Unis (les Amérindiens de Californie s'y refusèrent jusqu'au XIXe siècle). Elle est synonyme, dès le début, de mauvaise nutrition, d'épidémies et de maladies parasitaires, du fait de la promiscuité et des eaux rejetées. Ajoutons que l'agriculture a fait naître une stratification sociale entre la masse des paysans en mauvaise santé, où les femmes s'épuisent à enfanter et besogner (les lésions sur les squelettes et les momies l'attestent), et une élite peu productive qui gouverne (fonctionnaires, commerçants, princes, prêtres, chefs de guerre). Diamond commente : "Cette division perdure entre une élite mondiale en bonne santé, mangeant de la viande, profitant des ressources pétrolières et des terres des pays du Sud, et des paysans pauvres dont ils ont bien souvent détruit l'agriculture vivrière." Cette situation, note-t-il, se perpétue dans les pays du Sud, créant une insécurité alimentaire. Résultat : "Plus d'un milliard d'habitants vivent sous le seuil d'extrême pauvreté."
DES DIZAINES DE GÉNOCIDES
Pour l'Américain J. R. McNeill, de l'université de Georgetown, comme pour d'autres historiens, Diamond a bousculé les frontières de la discipline historique en l'associant au champ des sciences naturelles. L'intéressé confirme : "Je rapproche des sociétés passées et présentes en observant leur croissance comme leur fragilité et je m'intéresse à toutes les variables mesurables qui y contribuent. Je suis un historien comparatif sur le long terme." Son constat fait peur : depuis l'âge de pierre, l'humanité n'a cessé de détruire d'autres espèces, dévastant peu à peu toute la biodiversité. Jared Diamond admire l'homme pour son génie inventif, mais il le voit aussi en massacreur : "Quand les hommes franchissent le détroit de Béring, 12 000 ans avant J. -C., et gagnent l'Amérique du Nord, ils se livrent à un carnage inouï. En quelques siècles, ils exterminent les tigres à dents de sabre, les lions, les élans-stags, les ours géants, les bœufs musqués, les mammouths, les mastodontes, les paresseux géants, les glyptodontes (des tatous d'une tonne), les castors colossaux, les chameaux, les grands chevaux, d'immenses troupeaux de bisons." Des animaux qui ont survécu à trois glaciations périssent : 73 % des grands mammifères d'Amérique du Nord, 85 % de ceux d'Amérique du Sud. "Ce fut la disparition animale la plus massive depuis celle des dinosaures, continue Jared Diamond. Ces bêtes n'avaient aucune expérience de la férocité d'homo sapiens. Ce fut leur malheur. Depuis, nous avons encore fait disparaître d'innombrables espèces." Tuer en série, de façon concertée, les loups et les grands singes le font. Mais l'homme massacre dans des proportions inégalées. A toutes les époques, souvent pour des questions de territoire, mais aussi ethniques (racisme) et psychologiques (désignation d'un bouc émissaire, infériorisation de l'autre), l'homme a cherché à anéantir ses rivaux et les minorités. Des dizaines de génocides, combinant traques, massacres, épidémies, à plus ou moins grande échelle, ont eu lieu de tout temps, partout. Si le génocide des juifs et des Tziganes reste dans les mémoires, n'oublions pas, précise-t-il, qu'il nous a peu appris : "On décompte depuis 1950 vingt épisodes de génocides, dont deux ont concerné plus d'un million de victimes (Bangladesh et Cambodge dans les années 1970), et quatre plus de 200 000 (Soudan et Indonésie dans les années 1960, Burundi et Ouganda dans les années 1970). Le génocide fait partie de notre héritage pré-humain et humain."
LE DÉCLIN DES MAYAS
Jared Diamond s'est aussi intéressé aux civilisations qui se sont écroulées, se demandant si la nôtre est menacée. Aussi, les pages d'Effondrement qui résonnent le plus avec les inquiétudes d'aujourd'hui sont celles qui traitent des civilisations disparues, où la destruction de l'environnement a beaucoup compté : celle de l'île de Pâques, des îles d'Henderson et de Pitcairn, celle des Amérindiens Anazari du sud-ouest des Etats-Unis, des Vikings du Grand Nord. Et surtout l'empire des Mayas. Diamond montre comment ces derniers ont coupé les arbres jusqu'au sommet des collines afin de fabriquer du plâtre, tout en pratiquant la culture intensive du maïs. Il nous raconte la suite : "Cette déforestation a libéré les terres acides qui ont ensuite contaminé les vallées fertiles, tout en affectant le régime des pluies. Finalement, entre 790 et 910, la civilisation maya du Guatemala, qui connaissait l'écriture, l'irrigation, l'astronomie, construisait des villes pavées et des temples monumentaux, avec sa capitale, Tikal, de 60 000 habitants, disparaît. Ce sont 5 millions d'habitants affamés qui quittent les plaines du Sud, abandonnant cités, villages et maisons. Ils fuient vers le Yucatan, ou s'entre-tuent sur place." Diamond a dégagé de ses études des "collapsus" (du latin lapsus, "la chute") "cinq facteurs décisifs", qu'il dit retrouver dans chaque effondrement, et parle d'un "processus d'autodestruction la plupart du temps inconscient". Quels sont ces facteurs ? Un : les hommes infligent des dommages irréparables à leur environnement, épuisant des ressources essentielles à leur survie. Deux : un changement climatique perturbe l'équilibre écologique, qu'il soit d'origine naturelle ou issu des suites des activités humaines (sécheresse, désertification). Trois : la pression militaire et économique de voisins hostiles s'accentue du fait de l'affaiblissement du pays. Quatre : l'alliance diplomatique et commerciale avec des alliés pourvoyant des biens nécessaires et un soutien militaire se désagrège. Cinq : les gouvernements et les élites n'ont pas les moyens intellectuels d'expertiserl'effondrement en cours, ou bien l'aggravent par des comportements de caste, continuant à protéger leurs privilèges à court terme. Jared Diamond a appliqué cette grille à notre époque. "On retrouve les cinq facteurs dans les désastres du Rwanda, de l'Afghanistan, en Somalie, en Afrique subsaharienne, dans les îles Salomon et en Haïti." Il repère encore le "facteur un" (dommages majeurs causés à l'environnement) associé au "facteur deux" (réchauffement climatique d'origine humaine) en Chine, en Russie et en Australie. Il déplore aussi la dégradation écologique du Montana, hier l'Etat le plus boisé des Etats-Unis, dont les neiges éternelles fondent. Il dresse une longue liste des dommages écologiques qui menacent à court terme la biosphère : la crise de l'eau potable, qui concerne un milliard de personnes, tandis que les nappes phréatiques baissent ; la destruction des marais, des mangroves, des récifs de corail, des pépinières naturelles ; la disparition massive des grosses espèces de poissons marins, la dévastation des fonds des océans ; la désertification des sols et le recul des dernières grandes forêts dans les zones tropicales ; le massacre du fait des défoliants de quantité d'espèces utiles comme les insectes pollinisateurs, les bactéries des sols, les vers de terre, les oiseaux : "C'est comme si on retirait au hasard des petits rivets dans l'assemblage d'un avion ", commente-t-il. Enfin, l'incertitude sur l'amplitude du réchauffement terrestre l'inquiète beaucoup : "Nous ne savons rien d'éventuels nouveaux changements climatiques consécutifs à la modification de la circulation océanique comme à la fonte de la couverture glaciaire."

Il rejoint ici les peurs des glaciologues et des climatologues à la suite
de la disparition rapide de la banquise arctique, constatée fin août par la NASA. Elle a été réduite de moitié en trente ans. Tous se demandent quelles vont être les répercussions sur le
climat. Beaucoup annoncent déjà un accroissement de chaleur et d'humidité, des variations
plus fortes des températures, voire des extrêmes inconnus. Sans pouvoir préciser leur impact. Des chercheurs parlent d'une rapide "modification du système
des tempêtes dans l'hémisphère Nord". D'autres redoutent un "effet domino" incontrôlable : le rôle de miroir solaire des glaces s'atténuant, le rayonnement va s'aggraver, les glaces vont fondre partout, le Groënland sera touché à court terme, ce qui va accélérer la montée des
eaux tout en libérant d'énormes quantités de méthane, gaz à effet de serre puissant. Selon Peter Wadhams, un des spécialistes de l'océan polaire, "il ne sera plus possible de
faire quoi que ce soit d'ici dix ans". Aux Etats-Unis, William Rees, professeur d'écologie à l'université Columbia, a présenté Effondrement
comme "un antidote nécessaire" aux écosceptiques. Les climatologues et les chercheurs pour qui nous sommes entrés dans l'"anthropocène" - l'ère où les activités humaines constituent une
puissante et dangereuse force géologique et climatique - voient en lui un allié. Quant aux écologistes politiques, ils l'associent au philosophe allemand Hans
Jonas, qui, dans Le Principe responsabilité (1979), a
mis en garde l'humanité contre "l'irréversibilité" et "l'interdépendance" des atteintes faites à l'environnement.
Les opposants à Diamond ne manquent pas. Des historiens lui reprochent son catastrophisme, d'autres d'accorder trop d'importance aux impacts écologiques, d'autres encore de négliger les causes sociales, politiques, bureaucratiques et religieuses des déclins des sociétés. Beaucoup préfèrent s'en tenir aux analyses faites par l'Anglais Arnold Toynbee dans A Study of History (1934-1961), pour qui "les civilisations meurent de suicide, pas d'assassinat ", du fait de la dégénérescence d'élites profitant de "privilèges héréditaires qu'elles ont cessé de mériter ", devenant incapables de s'adapter aux menaces nouvelles.
INNOVER FACE AUX DANGERS
Face au désastre annoncé, certains opposent les travaux de l'archéologue Joseph Tainter dans The Collapse of Complex Societies (1990), où il affirme que les sociétés élaborées ont su gérer "l'adversité environnementale" grâce à leur "administration centralisée". Ce dernier ne peut croire à "l'idiotie des élites face au désastre". Un groupe d'anthropologues américains a publié en 2009 Questioning Collapse, où ils recensent nombre d'erreurs et d'exagérations faites par Diamond dans sa présentation du déclin des Mayas, mais, surtout, où ils défendent la capacité de résilience des sociétés menacées. C'est là un argument récurrent des opposants aux thèses d'Effondrement : l'ouvrage oublie le principe d'espérance, sous-estime le génie humain et sa propension à réagir, à avoir un sursaut, à innover face aux dangers. Ces critiques sur son pessimisme, Jared Diamond les écarte : "On oublie le sous-titre de mon livre : "Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie". Nous avons encore le choix... Dans Effondrement, je décris plusieurs sociétés qui ont su déjouer les drames environnementaux, comme les Japonais sauvant leurs forêts à l'époque d'Edo et les Néerlandais avec leurs polders. D'où ma métaphore : "Nous devons penser la planète comme un polder"." Quant aux arguments de Tainter sur le sursaut des élites, Jared Diamond aimerait y croire. Mais il reproche à cet historien de ne pas voir "l'aveuglement des chefferies",qui mènent une vie protégée, comme la classe riche d'Haïti perchée sur la colline de Piétonville, au-dessus de Port-au-Prince dévasté. Et quand on lui reproche de donner trop d'importance à la géographie et à l'écologie, Diamond a cette formule : "Allez vous promener nu au pôle Nord ou sous un soleil brûlant, ou encore faites-y pousser du blé, et ensuite revenez me parler du faible rôle du climat sur l'Histoire et l'esprit humain." Par Frédéric Joignot
http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/09/27/l-homme-animal-suicidaire_1766966_3246.html
Tullow Oil va entamer 3 nouveaux forages au Gabon
Selon l’Agence gabonaise de presse (AGP) Tullow Oil Gabon se prépare à effectuer 3 forages au large du Cap Esterias au Gabon.
Le groupe devra toutefois, avant de démarrer ses forages, mener une large consultation des ONG environnementales, des villageois et des autorités locales afin de leur garantir la préservation de leur environnement et de leurs intérêts. « Nous exigeons qu’une étude d’impact environnemental soit réalisée en amont, en vue d’éviter des désastres écologiques et autres conséquences néfastes sur la vie des populations », a déclaré le maire du Cap Esterias, Séraphin Médico. Tullow qui explore depuis 2009 sur le permis de Kiarsseny Marin, dispose, au Gabon, de 21 licences dont 14 champs de production ainsi d’options sur 6 autres licences, selon son site internet www.tullowoil.com
http://www.agenceecofin.com/hydrocarbures/2909-6903-tullow-oil-va-entamer-3-nouveaux-forages-au-gabon
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