Quantcast
Vendredi 24 août 2012 5 24 /08 /Août /2012 12:07

 « Il n'existe pas aujourd'hui d'alternative à la fracturation hydraulique ». L'affirmation, qui met à mal les intentions du premier ministre d'ouvrir un débat sur les techniques alternatives pour produire du gaz de schiste en France, ne vient pas d'un écologiste mais de Pascal Baylocq, du Groupement des entreprises pétrolières (GEP-AFTP). De quoi va-t-on alors débattre lors de la conférence environnementale mi septembre ? Le débat sur l'exploration et la production de gaz de schiste en France, qu'appellent de leurs vœux Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg, se présente mal. Réticent à l'idée de fermer la porte à une ressource dans le sous sol français qui pourrait représenter plusieurs dizaines d'années de consommation nationale, le premier ministre et le ministre du redressement productif tentent de rouvrir le dossier en promettant d'étudier les techniques alternatives à la fracturation hydraulique, interdite en France par la loi de juillet 2011.

"Pas d'alternative aujourd'hui" : « Il n'existe pas aujourd'hui d'alternative à la fracturation hydraulique », déclare cependant à La Tribune Pascal Baylocq, du Groupement des entreprises pétrolières (GEP-AFTP). « Pour les cinq à dix ans à venir, il n'y a pas d'autres techniques disponibles pour produire du gaz de schiste », ajoute-t-il. Confirmant ainsi les propos de Pascal Durand, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV). "Il n'y a pas actuellement, nulle part dans le monde, dans aucun labo de recherche, la capacité d'aller fracturer (...) les minéraux pour aller chercher les gaz de schiste" en dehors du procédé de fracturation hydraulique, a-t-il ainsi déclaré mercredi sur BFM.

"Mensonge éhonté""C'est un faux débat parce qu'il y a une totale volonté de désinformation de la part d'un certain nombre de groupes pétroliers qui essayent de faire croire qu'on pourrait aller sur la prospection du gaz de schiste sans passer par la fracturation hydraulique, cela est un mensonge éhonté", a poursuivi Pascal Durand. En fait, si écologistes et techniciens du pétrole sont d'accord sur l'absence d'alternative actuelle à cette technique, ils en tirent des conclusions différentes. Pour Pascal Baylocq, dont l'association professionnelle regroupe les entreprises techniques pétrolières, dont les foreurs, l'absence d'alternative avant dix ans n'est pas incompatible avec une reprise de l'exploration en France. « Dix ans, c'est le temps qu'il faudrait pour débuter la production d'un champ, si on décidait maintenant de lancer les expérimentations autorisées par la loi de juillet 2011 », affirme-t-il. C'était d'ailleurs l'argument avancé par Total dans son recours contre l'abrogation de son permis d'exploration. Le pétrolier français évoquait les perspectives de techniques à l'étude comme la « fracturation électrique », qui consiste à créer des arcs électriques au fonds des puits, à 3 ou 4.000 mètres de profondeur, pour désagréger la roche. Egalement citée parfois : la « fracturation pneumatique » où l'eau injectée pour fracturer est remplacée par de l'air comprimé. « On teste aussi la substitution de l'eau par du propane », souligne Pascal Baylocq avant de s'avouer peu convaincu.

La seule alternative : la fracturation hydraulique "encadrée"
« Cela reste de la fracturation », observe-t-il. Pour lui, la seule bonne idée, c'est le recours « encadré » à la fracturation hydraulique. « Il existe des risques, c'est vrai. Mais ces risques peuvent être extrêmement contrôlés si on applique les normes de l'industrie pétrolière. Ce qui n'est pas toujours le cas aux Etats-Unis de la part des petits producteurs indépendants». Ainsi, affirme-t-il, tous les produits chimiques utilisés pour la fracturation, très polluants selon les écologistes, peuvent être remplacés par des produits utilisés dans l'industrie agroalimentaire.  « La grande peur porte sur le risque de propagation de la fracturation sur les nappes d'eau. Mais d'abord, 2 à 3.000 mètres séparent les deux zones. Ensuite, on peut contrôler cette propagation avec des techniques éprouvées », déclare-t-il. De même, selon Pascal Baylocq, les autres points décriés par les opposants, comme l'utilisation intensive de l'eau, la pollution sonore, l'engorgement des routes par des camions.... peuvent être trouvés des parades, voire des solutions.

Impossible d'explorer sans cette technique, aujourd'hui interdite : Autoriser la fracturation hydraulique « encadrée » serait d'autant plus nécessaire, selon lui, qu'il admet qu'il est peu raisonnable d'explorer sans cette technique. « C'est possible, mais jusqu'à un certain point. On peut se faire une première idée sans fracturation hydraulique, mais cette technique est indispensable pour cerner la productivité du gisement », concède-t-il. Il va décidemment être difficile de faire reposer le débat promis sur le gaz de schiste sur les techniques alternatives.  C'est peut être pour construire une nouvelle ligne de résistance que la nouvelle ministre de l'énergie Delphine Batho a lancé mercredi un nouvel argument contre l'exploration et la production de gaz de schiste. « Je pense que la transition énergétique, ce n'est pas d'aller chercher de nouveaux hydrocarbures", a-t-elle déclaré en s'exprimant lors des journées d'été d'EELV à Poitiers. Marie-Caroline Lopez | 23/08/2012, 17:29 - 721 mots

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20120823trib000715848/gaz-de-schiste-debattre-certes-mais-debattre-de-quoi.html


Le Groupement des entreprises parapétrolières et paragazières GEP et l'Association des techniciens et professionnels du pétrole AFTP ont fusionné le 1er juillet 2011 pour devenir le nouveau réseau de compétences : GEP-AFTP. La nouvelle association GEP-AFTP a, notamment, pour objectif de favoriser le déploiement international des sociétés parapétrolières et paragazières françaises et de promouvoir dans le monde l'excellence technologique et industrielle de notre pays dans le domaine des hydrocarbures.


 

Concilier gaz de schiste et écologie : Les problèmes posés par l’exploitation du gaz de schiste en France ne semblent pas insurmontables. La vraie question concerne la politique énergétique. Mais se priver d’une manne économique est-il le meilleur moyen, en temps de crise grave, pour développer les énergies renouvelables?GAZODUC PENNSYLVANIE

En Pennsylvanie, un gazoduc. REUTERS/Les Stone -

Quelques mots de Jean-Marc Ayrault ont suffi pour rallumer le débat sur le gaz de schiste. Et quels mots! Le premier ministre a déclaré cette semaine que la question de l’exploitation du gaz de schiste en France, interdite par la loi du 14 juillet 2011, sera tranchée lors de la conférence environnementale organisée par le gouvernement le 14 septembre 2012.  Insupportable pour les associations écologistes qui pensaient que le débat était clos. Que la nouvelle majorité au pouvoir s’interroge sur cette question, qui a fait l’objet de positions contradictoires lors du quinquennat précédent, apparaît pourtant comme une évidence. Lorsque la crise économique fait rage, qu’elle promet de durer encore des années et que le gouvernement est amené à envisager d’intervenir pour limiter la hausse du prix des carburants, ne pas se demander si la France pourrait tirer profit de ressources largement exploitées aux Etats-Unis depuis 20 ans serait une faute grave.  En France, l’interrogation semble valoir décision. Surtout quand on découvre que les lobbies pétroliers sont à l’œuvre pour promouvoir au moins l’exploration des gisements de gaz de schistes. Incroyable! Ils invitent même des journalistes français aux Etats-Unis pour les convaincre grâce à la visite d’installations modèles.

Extraordinaire! En France, les lobbies sont considérés comme des instruments de complots ourdis dans l’ombre, comme un pouvoir occulte impossible à contrôler. Pour toutes ces raisons, le débat sur le gaz de schiste promet d’être palpitant, sur le fond parce qu’il remet l’énergie fossile en selle au moment où on la croyait en perdition, et sur la forme car il donne une occasion de traiter un sujet qui mêle intimement la science, la technologie, l’écologie, l’économie et la politique qui, espérons-le, aura le dernier mot.

1. Qu’est ce que le gaz de schiste?

Le pétrole et le gaz naturel conventionnels exploités aujourd’hui proviennent d’une migration de la matière organique transformée en hydrocarbures au cours de dizaines ou de centaines de millions d’années. Enfermés dans la roche-mère, ce liquide et ce gaz remonte vers la surface de la Terre sous l’effet de la pression croissante exercée par les couches de sédiments successives qui s’accumulent au dessus d’elle, au fil du temps. La roche-mère se comporte ainsi comme une éponge. Si l’on appuie assez fort, elle relâche le liquide et le gaz qu’elle contient. Plus légers que l’eau, ils se fraient un passage. Parfois, ils sont piégés par une couche géologique étanche, comme l’argile. Ils s’accumulent alors dans ce que l’on nomme une roche-réservoir et forment ainsi un gisement exploitable.Le gaz de schiste, lui, est celui qui est resté prisonnier de la roche-mère. L’extraire revient donc à racler le fond du tiroir. Il n’y aura plus rien au-delà. Mais l’opération est aussi la plus difficile. La roche-mère est située entre 1.000 et 3.000 mètres de profondeur et ses pores sont beaucoup plus petits que ceux des roches-réservoirs.     

2. Comment fonctionne la fracturation hydraulique?

Pour l’extraire, il faut créer des fissures dans la roche-mère afin de libérer le gaz de schiste. Pour cela, les exploitants forent un puits jusqu’à la roche-mère et ils injectent de l’eau sous très forte pression qui engendrent ces fissures. Pour éviter sur les pores ne se referment, l’eau utilisée contient du sable. Ces deux éléments représentent plus de 95% du fluide de fracturation. Le reste est composé de produits chimiques destinés à lubrifier le mélange afin qu’il pénètre plus facilement dans la roche-mère.

3. Quels sont les problèmes environnementaux ?

Les écologistes dénoncent trois problèmes environnementaux liés à l’exploitation du gaz de schiste. Le premier concerne la consommation d’eau, très importante puisqu’elle se compte en millions de m3. Les promoteurs de l’exploitation rétorquent qu’une partie de cette eau, environ 40%, peut-être récupérée et recyclée. Ils envisagent également d’exploiter des nappes aquifères sous-terraines salées ou de l’eau de mer pour éviter de ponctionner les réserves d’eau douce. Le second problème concerne les risques de pollution par les produits chimiques utilisés des nappes phréatiques situées à proximité des puits. Les pétroliers répondent que les nappes sont souvent  très éloignées, à plusieurs centaines de mètres, des roches-mères et que les fissures engendrées par la fracturation hydraulique ne peuvent pas remonter qu’à elles. Par ailleurs, ils font valoir les moyens de modélisation de la propagation des fissures en fonction de l’analyse géologique des roches-mères pour garantir la maîtrise du procédé. Ce dernier est, par ailleurs, déjà utilisé sur les gisements classiques depuis des dizaines d’années. Dans des roches plus faciles à fracturer, certes. Enfin, le risque de pollution via le puits lui-même qui peut traverser une nappe phréatique est également contrôlé grâce aux technologies (tubes multiples) utilisées depuis longtemps. Dernier problème, les tremblements de terre engendrés par la fracturation hydraulique. Ils peuvent se produire lorsque les vibrations engendrées rencontrent des failles naturelles. La perturbation peut alors libérer des tensions existantes. Là encore, l’analyse géologique préalable peut réduire les risques de déclenchement de tels séismes. Les exploitants estiment que les tremblements de terre, lorsqu’ils se produisent, restent d’une magnitude extrêmement faible. Les écologistes avancent l’exemple de l’Oklahoma où leur nombre aurait atteint 1.047 en 2010, soit une multiplication par 20 du fait de l’exploitation du gaz de schiste.

4. Des progrès technologiques sont-ils possibles?

Il ne semble guère exister d’alternatives sérieuses à la fracturation hydraulique aujourd’hui. Des essais ont été réalisés aux Etats-Unis avec de l’air sous pression à la place de l’eau ou au Canada avec du gaz de pétrole liquéfié (GPL). La fracturation par arcs électriques, qui a fait l’objet de brevets, en est au stade expérimental, comme le note le site L’énergie d’avancer.  Si le gouvernement de François Ayrault reste sur la ligne de l’interdiction de la fracture hydraulique dont il a déclaré qu’elle a «des effets dévastateurs», l’exploitation du gaz de schiste en France sera hautement improbable. La seule voie pour concilier le bénéfice d’une telle manne énergétique et l’écologie serait d’imposer des contrôles sévères par une autorité indépendante dotée de moyens suffisants et d’intensifier les recherches pour améliorer les modèles mathématiques de prévision de la propagation des fissures.

5. Quel est le vrai débat de fond ?

Au delà des vrais et des faux risques que présente l’exploitation du gaz de schiste, la question essentielle est celle de la politique énergétique. Ce que les associations écologistes craignent, à juste titre, c’est que l’abondance, éventuelle, d’une ressource fossile nouvelle en France retarde d’autant la transition vers les énergies renouvelables et propres.

On peut noter que le nucléaire a eu cet effet sur le solaire, entre autres. Sa part importante dans la production d’électricité a conduit la France à un sous-équipement notoire en panneaux photovoltaïques, par exemple. Du gaz de schiste à profusion ne favoriserait ni les économies d’énergie ni le développement de technologies renouvelables et propres.Quel dommage que le contexte économique soit celui d’aujourd’hui! S’il était favorable, la question du gaz de schiste ne se poserait même pas. Quelles que soient les menées des lobbies pétroliers. En revanche, dans une période de croissance nulle, de chômage croissant, de balance commerciale négative et d’Europe vacillante, la décision est autrement délicate.Refuser le gaz de schiste, c’est choisir de continuer à importer massivement du gaz russe, dans la mesure où il est exclu de se passer de cette ressource au cours de prochaines décennies. Coté environnemental, le gaz contribue nettement moins au réchauffement climatique que le charbon. Alors que faire? Comment concilier l’exploitation d’une manne énergétique potentielle avec l’impérieuse nécessité de progresser dans la transition énergétique? C’est pour répondre à ce type de question qu’il existe un président de la République, un gouvernement et un Parlement. Face à ce problème, les prochains mois promettent d’être passionnants. Ils révèleront comment un gouvernement de gauche, dont le changement est le slogan, peut imaginer une solution plus subtile que le moratoire, en passe de devenir une spécialité française. On note, au passage, que le débat se déroule de façon essentiellement  virtuelle dans la mesure où l’on ignore aujourd’hui quelles sont les réserves de gaz de schiste présentes dans le sous-sol français. Si elles sont dérisoires, plus de problème. Si elles sont aussi importantes que les pétroliers l’espèrent, pourquoi ne pas affecter une part des bénéfices générés à la constitution d’une filière solaire digne de ce nom, à financer les éoliennes en mer ou à développer les hydroliennes? La première étape serait donc, peut-être, d’autoriser l’exploration, fusse à l’aide de fracturation hydraulique. Sinon, la France devra inscrire un nouveau principe dans sa Constitution: le principe d’inaction. Décider sans savoir, dans cette affaire, laisserait un goût amer et créerait un précédent fâcheux. Celui d’un pays gouverné par la peur et non par la raison.

Michel Alberganti

http://www.slate.fr/story/60811/concilier-gaz-schiste-ecologie


Gaz de schiste: Lepage s'inquiète des atermoiements du gouvernement

corinne-lepage.jpg PARIS - Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault reste sur la ligne du précédent gouvernement en laissant la porte ouverte aux industriels à propos des gaz de schiste, a regretté jeudi Corinne Lepage, présidente du parti Cap 21.   Mercredi matin, M. Ayrault avait dit que le débat à propos des gaz de schiste n'était pas tranché, évoquant la possibilité d'un recours à d'éventuelles technologies alternatives qui permettraient d'extraire le gaz de schiste du sous-sol sans dégrader l'environnement.  La question doit être évoquée lors de la conférence environnementale, les 14 et 15 septembre.  L'ancienne ministre de l'Environnement de Jacques Chirac Corinne Lepage rappelle dans un communiqué que de nombreux permis d'exploration restent à ce jour en vigueur tandis qu'un certain nombre de demandes poursuivent normalement leur instruction auprès des services de l'Etat.  Les compagnies pétrolières et gazières cherchent aujourd'hui à gagner du temps en misant sur un assouplissement à court ou moyen terme de la position des autorités françaises, estime-t-elle.   Elle rappelle que le texte d'accord PS-EELV indiquait que l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures non conventionnels (gaz et huiles de schiste) seraient interdits et les permis en cours abrogés.  Mme Lepage a eu cette semaine sur le sujet un échange vif avec l'amicale des foreurs et des métiers du pétrole.  Dans une lettre à la ministre de l'écologie Delphine Batho, les foreurs démentaient la possibilité de dégâts considérables sur l'environnement évoqués par la ministre dans une interview fin juillet. Ces déclarations ne sont pas le reflet de la réalité, et nous doutons fort qu'elles vous aient été suggérées par les experts très compétents de votre ministère, écrivaient les foreurs, auxquels il semblait inutile de continuer à camper sur une position idéologique qui n'a pas de véritable fondement technique.   Tissu de contre-vérités, a commenté Mme Lepage dans une lettre ouverte, citant un rapport de la Commission de l'environnement du Parlement européen et estimant qu'il fallait exiger une analyse complète coût-avantage avant toute décision. Les foreurs ont aussitôt rétorqué en dénonçant un ton condescendant, parfois même agressif, des clichés simplistes, une argumentation déformée, tronquée ou dissimulée cherchant à nourrir les peurs.


Aux Etats-Unis, l'eau manque pour permettre la fracturation hydraulique

LE MONDE | 23.08.2012 à 15h16 • Mis à jour le 23.08.2012 à 15h22, Par Intérim (New York, correspondant)

secheresse-qui-sevit-actuellement-aux 8b584bffcb2a3e90f452dLa sécheresse qui sévit dans plus de la moitié des Etats-Unis a singulièrement compliqué l'exploitation du pétrole et du gaz de schiste. Les sociétés de forage recherchent désespérément les milliers de mètres cubes d'eau nécessaires à la fracturation de la roche, ce qui les oppose maintenant aux fermiers qui essaient de conserver leurs précieuses ressources hydrauliques.

Au Kansas, les entreprises qui ont vu leur approvisionnement en eau limité par l'Etat ont proposé aux agriculteurs de pomper l'eau de leurs étangs ou d'accéder à leurs puits, monnayant des sommes parfois considérables : jusqu'à 85 000 dollars (68 000 euros) par an d'après Select Energy, l'une des entreprises qui se consacrent à ce genre de prospection.  Mais les fermiers sont inquiets car ils ne voient pas la fin de leurs soucis. "Ils ont peur de rester sans eau", déclarait à la chaîne CNN, Jeff Gordon, directeur d'exploitation de la compagnie pétrolière Texas Coastal Energy, qui fore au Kansas depuis un an. Ils pensent d'abord à leur bétail et à leurs récoltes."  Une situation qui crée des tensions. Au Colorado, les agriculteurs se sont vus devancés par les sociétés de forage lors des ventes aux enchères des ressources hydrauliques, une pratique courante dans beaucoup d'Etats. "Elles ont beaucoup plus d'argent et nous concurrencent sur le marché", se plaint Bill Midcap, du syndicat agricole des Rocheuses (Rocky Mountain Farmers Union), qui inclut aussi le Wyoming et le Nouveau-Mexique.

LE BOOM PÉTROLIER MENACÉ 

Au Texas, qui souffre de la sécheresse depuis un an, certaines municipalités assises sur le gisement de Barnett Shale, comme celle de Grand Prairie, ont interdit l'utilisation de l'eau dans l'exploitation du pétrole de schiste. D'autres villes ont prohibé son transport.  Car les foreurs ont dû parfois recourir à des solutions extrêmes : acheminer l'eau d'autres Etats par camion (d'aussi loin que la Pennsylvanie), ou creuser leurs propres puits. Dans le cas du pétrole de schiste, c'est une opération encore rentable – le prix du baril dépasse les 90 dollars (72 euros) –, mais ce n'est pas le cas du gaz dont les cours ont chuté de 70 % en quatre ans. Si la sécheresse persiste, elle pourrait menacer le boom pétrolier, en particulier pour les petites entreprises qui ne peuvent faire face à ces coûts supplémentaires.

la-technique-dite-de-fracturation-hydraulique 

Il faut donc chercher des solutions. "Ces dernières années, la fracturation hydraulique est devenue un vrai sujet de débat", affirme Brian Werner, porte-parole du Northern Colorado Water Conservancy District. Le groupe écologiste Environment Texas a demandé à ses juristes d'obliger les foreurs à recycler l'eau de la fracturation, normalement inutilisable car mélangée à du sable et à des produits chimiques. Dans l'Oklahoma, la fracturation hydraulique n'a pas encore posé de problèmes mais l'Etat prévoit une augmentation de la demande en eau de 33 % d'ici à 2050. "C'est une question très sensible sur laquelle nous commençons à nous pencher", assure Brian Vance, de l'Oklahoma Water Ressources Board.  Le Grand Ouest américain n'est pas seul concerné. En Pennsylvanie, où se trouve le gisement de Marcellus, l'un des plus vastes des Etats-Unis (il s'étend de New York à la Virginie), la Susquehanna River Basin Commission a suspendu, le 16 juillet, les permis de prélèvement d'eau dans les rivières, ce qui affecte directement plus de soixante sociétés de forage.

"Les prospecteurs vont devoir apprendre à mieux gérer les ressources hydrauliques, affirme David Brown, directeur de programme à l'Agence américaine océanique et atmosphérique, car l'eau va devenir de plus en plus rare au fur et à mesure que le climat se réchauffe." 

Lire : Le haricot de guar indien dopé par le gaz de schiste (édition abonnés) 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/23/etats-unis-l-eau-manque-pour-permettre-la-fracturation-hydraulique_1749008_3244.html 


Journées d’été des Verts : Climat de tension sur la transition énergétique

Haut du formulaire

Bas du formulaire

le 24/08/2012 à 05:00 par Patrice COSTA Vu 76 fois

 A Poitiers, après la guéguerre en interne sur le traité européen, les écolos ont rouvert le front du nucléaire et des gaz de schiste. Face à eux, les lobbies et les socialistes.

L’eurodéputée Eva Joly a ciblé son initiative sur la patate chaude des gaz de schistes : « les compagnies pétrolières et les lobbies sont sur le sentier de la guerre, il faut se mobiliser ». Sarah est tentée, surtout depuis qu’elle a entendu que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault refuse de classer le dossier.

Doutes : Chez les écolos, le sujet de cette énergie fossile est torride. Mercredi soir, ils attendaient un éclairage de la ministre socialiste de l’Ecologie Delphine Batho venue débattre sur la Conférence environnementale de la mi-septembre, ce Grenelle rose qui doit définir la feuille de route de la transition énergétique promise par François Hollande. Mais comme son patron Jean-Marc Ayrault, la blonde Delphine n’a pas fermé la porte à l’exploitation du gigantesque gâteau d’hydrocarbures piégé dans le sous-sol de France. « Elle est contre la fracturation hydraulique, mais si des techniques sans danger pour l’environnement sont inventées, la position du gouvernement peut évoluer », observe Karine Gavand de Greenpeace-France. Un véritable casus belli pour l’ONG verte qui hésite désormais à se rendre à la Conférence.

« Personne n’est dupe » : « La position de Hollande, du PS et des communistes n’est pas claire », corrobore le député-maire EELV de Bègles Noël Mamère, « l’exploitation des gaz de schiste ne relève pas d’un simple problème technique comme le pensent Ayrault ou Batho. C’est d’abord une question de société ! », ajoute l’élu pas rassuré du tout « par les signaux envoyés sur le nucléaire. Personne n’est dupe : les travaux engagés à Fessenheim vont allonger son espérance de vie. Plutôt que de fermer le site, ils préféreront les soins palliatifs ». François Veillerette, de l’ONG Rassemblement pour la planète confirme : « le gouvernement va laisser aux pétroliers tout le temps de travailler l’acceptabilité sociale du dossier gaz de schiste. Ils ont compris qu’il ne faut pas trop chatouiller José Bové sur le Larzac, mais ailleurs, comme chez moi en Picardie, les permis d’exploration sont toujours valides. Quant au nucléaire, les socialistes ne veulent pas changer de modèle. Ils restent sur leurs vieilles conceptions de la croissance et de la nostalgie des Trente Glorieuses ». Casus belli ?

http://www.bienpublic.com/actualite/2012/08/24/climat-de-tension-sur-la-transition-energetique 

Pascal Durand : "Montebourg doit comprendre qu’il ne peut pas se passer de l’écologie" (Extraits)

INTERVIEW - Nouveau secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts et remplaçant de Cécile Duflot, Pascal Durand revient sur ses premiers jours à la tête du mouvement, qui organise ses journées d'été à Poitiers.

http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Interview-de-Pascal-Durand-patron-de-EELV-Montebourg-doit-comprendre-qu-il-ne-peut-pas-se-passer-de-l-ecologie-546618 

Pascal-Durand poitiers 2012 Pascal Durand à Poitiers, mercredi (MaxPPP)

Jean-Marc Ayrault veut rouvrir le débat sur les gaz de schiste. Leur exploitation est-elle une ligne rouge pour les écolos?
C’est une ligne rouge pour la société. Les parlementaires écologistes ont eu raison de rappeler aux socialistes et à Jean-Marc Ayrault qu’ils ont eux-mêmes soutenu une proposition de loi portant l'interdiction de l’exploitation des gaz de schiste au-delà de la  seule question de la fracturation hydraulique et le blocage de tous les permis de recherche déjà accordés. Je dis au Premier Ministre : ne vous laissez pas influencer par les discours faussement scientifiques d’un certains nombres de lobbys industriels, ils démontrent tous les jours sur des sujets majeurs de santé publique leur capacité à cacher les dangers qu'ils font courir à la société pour de seules raisons financières  

Le Premier ministre propose aussi une baisse des taxes sur les carburants…
A moyen et long terme, la baisse des coûts de l'énergie est, non seulement une fausse bonne idée, mais surtout un leurre. L'explosion des prix de l'énergie met déjà des millions de ménages dans une situation intenable, mais il faut sortir de la logique du court terme, du sparadrap sur les hémorragies : une fois qu'on a bloqué les prix pendant trois mois, on fait quoi? Tout le monde admet - enfin! - que l'énergie sera plus chère, tout simplement parce que nous sommes en train d'épuiser les ressources. La réponse n'est pas dans la baisse, ponctuelle et plus ou moins artificielle des taxes, mais dans une toute autre manière de consommer des ressources devenues rares. Et s'il est nécessaire d'aider dans l'urgence les personnes en situation de précarité énergétique, c'est d'abord vers les pollueurs et les profits des pétroliers qu'il faut chercher les ressources à redistribuer. 

Un ministre est souvent dans le viseur des écolos, Arnaud Montebourg. Pourquoi?
Je suis inquiet que dans ce gouvernement comme dans la vieille tradition social-démocrate, on considère que l’industrie et les questions de production se traitent en dehors du ministère de l’Ecologie. S’il veut être un vrai ministre de l’Industrie du XXIe siècle, il faut qu’Arnaud Montebourg comprenne que les politiques publiques ne peuvent ignorer l’écologie. Quand Jean-Marc Ayrault est allé voir le cercle de l’Industrie, il avait cinq ministres à ses cotés mais pas le ministre de l’Ecologie. Il ne faut pas attendre de nous que nous trouvions cela satisfaisant. 

Le Premier ministre propose aussi une baisse des taxes sur les carburants…
A moyen et long terme, la baisse des coûts de l'énergie est, non seulement une fausse bonne idée, mais surtout un leurre. L'explosion des prix de l'énergie met déjà des millions de ménages dans une situation intenable, mais il faut sortir de la logique du court terme, du sparadrap sur les hémorragies : une fois qu'on a bloqué les prix pendant trois mois, on fait quoi? Tout le monde admet - enfin! - que l'énergie sera plus chère, tout simplement parce que nous sommes en train d'épuiser les ressources. La réponse n'est pas dans la baisse, ponctuelle et plus ou moins artificielle des taxes, mais dans une toute autre manière de consommer des ressources devenues rares. Et s'il est nécessaire d'aider dans l'urgence les personnes en situation de précarité énergétique, c'est d'abord vers les pollueurs et les profits des pétroliers qu'il faut chercher les ressources à redistribuer. 

Un ministre est souvent dans le viseur des écolos, Arnaud Montebourg. Pourquoi?
Je suis inquiet que dans ce gouvernement comme dans la vieille tradition social-démocrate, on considère que l’industrie et les questions de production se traitent en dehors du ministère de l’Ecologie. S’il veut être un vrai ministre de l’Industrie du XXIe siècle, il faut qu’Arnaud Montebourg comprenne que les politiques publiques ne peuvent ignorer l’écologie. Quand Jean-Marc Ayrault est allé voir le cercle de l’Industrie, il avait cinq ministres à ses cotés mais pas le ministre de l’Ecologie. Il ne faut pas attendre de nous que nous trouvions cela satisfaisant. 

Arthur Nazaret, envoyé spécial à Poitiers - Le Journal du Dimanche -  jeudi 23 août 2012


©  tous droits réservés, danièle favari.

Reproduction interdite sauf accord de l’auteur, ou établissement d’un lien preformaté.

nongazdeschisteinfos@gmail.com

https://twitter.com/#!/daniele_favari

Par nongazdeschisteinfos
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

http://www.appoc.fr

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés