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Samedi 30 juin 2012 6 30 /06 /Juin /2012 17:00

RIO+ 20 [ 20- 22 juin 2012]  Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a fermé le ban en martelant, en clôture de la conférence, la plus large jamais organisée par les Nations-unies: "Les discours sont terminés, maintenant commence le travail". Et il a ajouté : "Le chemin est long et ardu, l'aiguille de l'horloge court, et l'avenir est entre nos mains". Chacun en était bien conscient.

AGRICULTURE HORIZON 2050

Jusqu'ici, l'agriculture mondiale a été en mesure de satisfaire la demande croissante de produits végétaux et animaux . Moyennant une population mondiale qui connaîtrait un pic à 9 milliards d'habitants en 2050, la production agricole devrait augmenter dans des proportions globalement beaucoup plus importante pour satisfaire la demande. Il n'y a pas d'homothétie [application linéaire] entre l'augmentation de la population et l'augmentation des besoins alimentaires mondiaux en raison de trois facteurs principaux : structure démographique, pyramide des âges et  régime alimentaire. La production répondra à la demande, mais l'insécurité alimentaire va persister car, d’ici 2050, l’agriculture de la planète est condamnée à relever un défi sans doute impossible: produire 70% d’aliments supplémentaires sur des terres de moins en moins fertiles. 40% de ces terres dégradées se trouvent dans des zones pauvres, 30% dans des zones de niveaux modérés de pauvreté, tandis que 20% se situent dans des zones de faible pauvreté.  «De nombreuses zones agricoles sont menacées par une baisse progressive de leur capacité productive, dans un contexte de pression démographique excessive et de pratiques agricoles qui détériorent l'environnement», alerte la FAO dans un rapport intitulé «L'Etat des ressources mondiales en terres et en eau pour l'alimentation et l'agriculture» qui a été publié le 28 novembre 2011. Et aucune région ne serait à l'abri: la côte ouest des Amériques, le bassin méditerranéen d'Europe du Sud et d'Afrique du Nord, tout le Sahel et la Corne de l'Afrique, et dans de nombreuses régions d’Asie. «Les systèmes à risque se trouvent partout dans le monde, depuis les hauts plateaux des Andes jusqu'aux steppes d'Asie centrale, du bassin hydrographique Murray-Darling en Australie au centre des Etats-Unis», précise le rapport de la FAO.

OCÉANS ET MERS : MERS

Des quantités préoccupantes de particules de plastique ont envahi les mers les plus retirées et les moins empruntées de la planète, montrent des prélèvements effectués en janvier dernier par des biologistes embarqués sur la goélette française Tara.  Des microfragments de plastique, des dizaines de milliers par kilomètre carré, ont été détectés le long de la péninsule Antarctique et en mer de Weddell. Ces déchets inquiètent les biologistes marins du fait qu’ils sont dangereux pour la vie marine et le zooplancton. Par ailleurs, le niveau de la mer monte ; des scientifiques internationaux réunis à Vancouver au Canada révèlent qu'on a sous-estimé l'augmentation du niveau des océans amorcé depuis 1990 et que celui atteindra plus d'un mètre d'ici 90 ans.

"Lorsque l'eau fraîche provenant de la fonte de la couche glacière du Groenland pénètre dans l'océan Atlantique, cela perturbe la circulation des courants qui sont ralentis" Ce ralentissement du Gulf Stream entraîne une élévation du niveau de la mer le long de la côte, avec un phénomène particulièrement prononcé là où le courant repart vers le large» Ainsi,  sur une bande côtière de la façade atlantique des États-Unis incluant des villes comme New York et Boston, augmente jusqu'à quatre fois plus rapidement que la moyenne mondiale, selon une étude publiée, hier, dans la revue Nature Climate Change. Si le réchauffement se poursuit, le niveau de la mer sur cette partie de la côte pourrait augmenter, d'ici 2100, de 30cm de plus que la hausse d'un mètre en moyenne au niveau mondial selon des scientifiques. tortue-prisonniere.jpg

Une campagne "Méditerranée en Danger" pour cartographier les microdéchets de plastique : « La pollution aux plastiques apparaît particulièrement près des estuaires et des grandes agglomérations mais il y a aussi le jeu des courants qui les transportent, les désagrègent et ensuite ils remontent la chaîne alimentaire et, ironie de la chose, nous finissons par manger nos propres sacs plastiques.  Si la pollution continue au rythme actuel, la Méditerranée dans 30 ou 40 ans sera une mer quasiment morte avec un impact économique catastrophique sur toutes les populations du littoral, dont beaucoup vivent du tourisme et de la pêche, lance-t-il. Le CO2 est aussi responsable d'une acidification rapide des océans, qui en absorbent le quart. Selon les scientifiques, les valeurs de pH (plus un pH est faible, plus l'acidité est élevée) enregistrées aujourd'hui n'ont jamais été rencontrées depuis 800.000 ans. Plus alarmant: une étude parue récemment dans la revue américaine Science soulignait que cette acidification se faisait à un rythme sans précédent depuis... 300 millions d'années.  De 8,2 en 1800, le pH moyen des océans pourrait atteindre 7,75 vers 2100. L'acidification galopante des océans peut en revanche être une bonne nouvelle pour certaines espèces comme la posidonie, une plante aquatique utilisée comme nurserie par certains poissons et appelée à proliférer avec davantage de CO2.

OCÉANS ET MERS : OCÉANS

Oceana, l'organisation internationale centrée sur la préservation des Océans, reconnaît comme "un pas positif" la reconnaissance du problème des océans dans la déclaration. Mais elle estime qu'il s'agit d'"une déclaration d'intention faible, sans aucun engagement légalement contraignant, qui échoue à répondre aux besoins urgents de préservation et de gestion des océans". Pour 5 organisations comme Tara expéditions, Sea Orbiter, regroupées dans "l'Alliance pour les mers et les océans", Rio+20 "marque une étape importante avec la prise en compte de tous les enjeux liés aux océans", mais les gouvernements "n'ont pas su délivrer une feuille de route assez claire en termes d'objectifs, de calendrier et de gouvernance". http://oceana.org/en/eu/media-reports/press-releases/oceana-rio-20-fails-to-make-real-progress-towards-restoring-oceans

L'acidification de l’océan, l'autre problème induit par le CO2 (the other CO2 problem , est le nom donné à la diminution progressive du pH des océans.

Cette acidification a plusieurs causes anthropiques identifiées :

l'absorption de dioxyde de carbone atmosphérique d'origine anthropique. C'est la première cause identifiée, et probablement la plus importante ;

l’azote anthropique lié à la circulation motorisée et au chauffage, dégageant des oxydes d'azote, source d'acide nitreux et d'acide nitrique contaminant les pluies et les eaux de surfaces et marines, via l'atmosphère et les cours d'eau ;

le soufre contenu dans les combustibles fossiles, se transformant en lors de la combustion en dioxyde de soufre, source d' acide sulfureux et d'acide sulfurique.

Ces trois facteurs associés acidifient les eaux côtières plus rapidement que ne le prévoyaient les premières modélisations.

Le phénomène d'acidification des océans étudié au fond de la Méditerranée

acidification des océansCe phénomène, et surtout sa rapidité, bouleverse la chimie des océans en diminuant la disponibilité en ions carbonates, une "brique" utilisé par les organismes marins pour fabriquer leur coquille ou leur squelette (coraux, mollusques, oursins, etc.). Sortir du laboratoire pour aller constater in vivo, au fond de la Méditerranée, comment réagissent coquillages et plantes aquatiques face à l'acidification des océans due au CO2: une simulation inédite en Europe est en préparation près de Nice. Des chercheurs vont déposer au fond de la rade de Villefranche-sur-mer une sorte d'aquarium rectangulaire en plexiglas où ils maintiendront, pendant plusieurs mois, les niveaux d'acidité attendus pour 2050 et pour 2100. Selon les scientifiques, les valeurs de pH (plus un pH est faible, plus l'acidité est élevée) enregistrées aujourd'hui n'ont jamais été rencontrées depuis 800.000 ans. Plus alarmant: une étude parue récemment dans la revue américaine Science soulignait que cette acidification se faisait à un rythme sans précédent depuis... 300 millions d'années. Ce phénomène, et surtout sa rapidité, bouleverse la chimie des océans en diminuant la disponibilité en ions carbonates, une "brique" utilisé par les organismes marins pour fabriquer leur coquille ou leur squelette (coraux, mollusques, oursins, etc.) avec des impacts possibles sur la reproduction des poissons, bien que l'acidification galopante des océans peut en revanche être une bonne nouvelle pour certaines espèces comme la posidonie, une plante aquatique utilisée comme nurserie par certains poissons et appelée à proliférer avec davantage de CO2.

FORÊTS

deforestation-amazon.jpgSelon la FAO, 60 millions de peuples indigènes dépendent presque entièrement des forêts ; 300 millions de personnes vivent dans ou aux alentours des forêts et plus de 1,6 milliard de personnes dépendent à divers degrés des forêts pour vivre ! De 1990 à 2000, plus de 14,2 millions d'hectares de forêts ont disparu ; heureusement, ces pertes sont en partie compensés par le reboisement MAIS la plupart des experts pensent que la forêt aura encore reculé et les déserts avancés. La déforestation est une catastrophe aussi bien pour l'Homme que pour les autres espèces puisque on estime que 27.000 espèces animales et végétales disparaissent chaque année à cause d'elle. La deforestation touche toutes les forêts tropicales, en particulier en Amazonie, en Afrique équatoriale et en Asie du Sud-Est. Près de 40 % de la forêt amazonienne pourrait avoir disparu en 2050. En s'appuyant sur une modélisation informatique, le principal auteur de l'étude, Britaldo Silveira Soares-Filho, de l'université fédérale du Minas Gerais (Brésil), estime que si la déforestation se poursuit sans contrôle, six des bassins hydrographiques majeurs de l'Amazone perdront au moins les deux tiers de leur couvert forestier. Par ailleurs, un quart des 382 espèces endémiques de mammifères perdront plus de 40 % de leur habitat.. Or, la déforestation participe fortement au réchauffement climatique. Le REDD [Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des forêts] a pour objet de rendre la conservation et la protection des forêts plus rentable que la poursuite de leur dégradation. Ce mécanisme d'incitation financière est en cours d'élaboration sous l'égide de l'ONU, il devrait être mis en place seulement en 2020. Un REDD+ pourrait intervenir plus rapidement suite à l'accord de Copenhague.

ÉNERGIE & EXPLOITATION MINIÈRE 

Au cours des quatre dernières décennies, le monde a de plus en plus pris conscience du fait que nos ressources naturelles sont soumises à de sérieuses pressions. Une sensibilisation croissante au besoin d'assurer la durabilité a conduit toute une génération à prendre en compte les exigences du développement durable dans ses décisions de produire ou consommer.  Une économie mondiale quatre fois plus importante qu’aujourd’hui verra sa consommation d’énergie augmenter de 80 % à l’horizon 2050. Faute des politiques plus efficaces, la part des énergies fossiles dans le bouquet énergétique mondial devrait demeurer aux environs de 85 %, l’énergie nucléaire, la biomasse et  l’hydroélectricité à peu près 5% chacune. 

En 2050

Pays industrialisés : 1 milliard d’habitants x 25.000 KWh = 25.000 TWh/an

Autres pays : 8 milliards d’habitants x 12.000 KWh = 96.000 TWh/an

Soit 121.000 TWh/an [térawatt-heure, unité de mesure d’énergie, soit 1 TWh = 3,6 PJ] 

PLUS D’INFOS :

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/984000168/0000.pdf

http://www.hydrocoop.org/fr/publications/Quelles_energies_en_2050.pdf

SANTÉ & POPULATION

La mortalité infantile causée par le manque d’accès à une eau potable et un assainissement amélioré devrait diminuer mais malgré une amélioration, encore insuffisante cependant, de l’information sur l’exposition aux produits chimiques dangereux dans l'environnement et dans les produits, sur les effets sanitaires de cette exposition, ainsi que sur les effets d’expositions combinées, la pollution atmosphérique devrait devenir la principale cause environnementale de décès prématurés à l’échelle mondiale :  Augmentation du nombre de décès prématurés liés à la pollution de l’air urbain (particules & ozone troposphérique).

MONTAGNE

MONTAGNESLes régions montagneuses du monde, jadis perçues comme imprenables et immuables, sont progressivement domestiquées, envahies petit à petit par l'agriculture et l'élevage, tel qu’il ressort d’un rapport du PNUE que presque la moitié des régions montagneuses africaines sont aujourd'hui terres de cultures ou d'élevage et que l'Amérique du Sud suit cette tendance. On estime qu'en Afrique, 10% des zones montagneuses ont été transformées en terres de cultures et 34 % en pâturages.  Mis à part le Groenland, les montagnes semblent avoir été mieux préservées dans leur état naturel en Amérique du Nord et en Amérique centrale, où l'on estime que 14% seulement ont été aménagées, 9% pour les bovins, ovins et autres animaux domestiques et 5% sous cultures. Klaus Toepfer, directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement déclare : "De temps immémorial, les montagnes ont émerveillé et inspiré les sociétés humaines et leurs cultures. Que ce soit le mont Fuji au Japon ou l'Olympe en Grèce, les montagnes ont joué un rôle religieux essentiel, elles sont souvent vues comme le foyer des déités. Elles sont riches de légendes, du Yeti de l'Himalaya au Big Foot américain". Mark Collins, directeur du PNUE-WCMC, explique que le rapport illustre clairement les sept pressions qui altèrent l'écologie des montagnes : dangers naturels, incendies, changements climatiques, infrastructures, violents conflits humains, modifications de la couverture végétale et intensification de l'agriculture. Les montagnes de l'Amérique du Sud semblent être particulièrement vulnérables aux "tremblements de terre destructifs", le risque affectant environ 88% de leurs surfaces. Certaines parties du Caucase, de la Californie et du nord-ouest des Andes, en particulier les écosystèmes forestiers de la vallée de la Magdalena en Colombie, sont les montagnes dont la riche biodiversité est la plus menacée du monde et devraient être des zones prioritaires de conservation.   Presque 1/4 des montagnes du monde risquent d'être "fortement affectées" par l'aménagement d'infrastructures, routes, mines, lignes électriques et pipelines, etc…Ce sont les montagnes du Groenland qui vont probablement souffrir le plus du réchauffement planétaire, 98% de leur superficie risquant de subir de forts changements climatiques d'ici 2055.

LA RÉDUCTION DES RISQUES DE CATASTROPHE NATURELLE

« Alors que le nombre de décès et de pertes économiques liés à des catastrophes naturelles a très fortement augmenté, la Banque mondiale renforce son rôle dans la réduction des risques liés aux catastrophes naturelles. »  

Les pertes économiques liées aux catastrophes naturelles sont 20 fois plus importantes (en pourcentage du PIB) dans les pays en développement que dans les pays développés. 

Le changement climatique, la croissance démographique, l’accélération de l’urbanisation et la dégradation de l’environnement risquent d’accroître la fréquence et la gravité des catastrophes naturelle. Les pays en développements sont les plus exposés au risque, en raison de leur manque de ressources financières et matérielles, notamment en matière de technologies et de capacités institutionnelles. Ils n’ont pas les moyens de prendre les mesures nécessaires pour prévenir ou réduire les risques futurs et pour s’adapter aux changements climatiques. De tels désastres peuvent en une poignée de secondes réduire à néant des décennies de développement. Par conséquent, la réduction des risques liés aux catastrophes naturelles relève autant du développement économique que de la nécessité humanitaire. Les catastrophes naturelles ont tendance à être plus intenses, plus fréquentes et plus meurtrières et à causer des pertes économiques accrues. Afin de contrer cette tendance véritablement alarmante, la Banque mondiale a modifié son approche. En collaboration avec les Nations Unies et avec des donateurs majeurs, la Banque a joué un rôle central dans la création du Dispositif mondial de réduction des catastrophes et de relèvement [GFDRR : Global facility for disaster reduction and recovery. Reducing vulnerability to natural hazards]. Ainsi, trente des pays les plus à risque ont élaboré un cadre détaillé de gestion des risques permettant de réduire la survenue de catastrophes et un nombre de plus en plus important de pays tels que la Guyane, Haïti, l’Inde, l’Indonésie, le Niger, les Philippines, le Rwanda, le Togo et le Yémen ont fait de la gestion des risques un élément stratégique prioritaire de leurs stratégies de développement De plus en plus de pays prennent des mesures concrètes de mise en place de stratégies proactives de réduction des risques de catastrophes et de plus en plus de pays prennent des mesures concrètes de mise en place de stratégies proactives de réduction des risques de catastrophes. 

 PRODUITS CHIMIQUES ET DÉCHETS

depotoir.jpg

Outre de nombreux avantages, la croissance économique a également suscité deux dangers, soit l’utilisation répandue de produits chimiques dans l’industrie, le monde des affaires et les foyers, ainsi que l’énorme production de déchets de toutes sortes. Ces menaces risquent de nuire à la fois à l’environnement et à la santé des êtres humains. Dans de nombreux pays pauvres, la croissance rapide des villes et de l’industrialisation ont pris le pas sur la capacité des gouvernements de faire face à l’importance des déchets solides qui sont produits chaque jour et des produits chimiques sur lesquels ils ont peu de contrôle.Les produits chimiques représentent environ 10% du commerce mondial en terme de valeur. On estime qu’il y a aujourd’hui sur le marché environ 70.000 à 80.000 produits chimiques, même si aucun inventaire complet n’a jamais été fait et si la majorité d’entre eux n’ont jamais été testés pour mesurer leur toxicité. Malheureusement, les normes varient énormement entre les pays industrialisés et ceux en développement. Les lois visant à protéger l’environnement sont généralement beaucoup plus faibles dans les pays en développement car ils accordent plus d’importance à leur croissance économique. Il résulte qu’un certain nombre de pays du tiers monde -- particulièrement en Afrique -- servent de dépotoirs pour les déchets industriels.


Rio+20 : "Reconnaître l'économie verte est déjà une avancée notable"

Par  Astrid Gouzik - Publié le 26 juin 2012, à 11h43 | © D.R.

"Rio moins 20". Le texte manque d’ambition, c’est très clair. Il faut souligner quelques éléments positifs pourtant. C’est la première fois qu’un texte de cette nature fait réellement appel aux entreprises. Le texte final admet leur rôle dans la transformation de l’économie. Et reconnaître l’économie verte est déjà une avancée notable. Le souci de mobilisation des entreprises est visible. Enfin, un cadre d’une dizaine d’années a été décidé pour faire de la production durable, pour transformer les modes de production. Ce cadre réglementaire devra se faire au niveau plus local. Chaque Etat, ou région, va être responsable, à son niveau. En revanche, les groupes, eux, sont mondiaux et sont capables de s’adapter à des cadres réglementaires nationaux.  Un problème résistera tout de même : il y existera forcément des cadres très divergents selon les Etats. De ce fait, les conditions de concurrence pourraient être très déséquilibrées.  Dans les points faibles, il faut aussi souligner cette impression que la priorité est donnée au développement sur la protection de l’environnement.

http://www.usinenouvelle.com/article/rio-20-reconnaitre-l-economie-verte-est-deja-une-avancee-notable.N177381?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+a-la-une+%28Usine+nouvelle+-+A+la+une%29#xtor=RSS-215

Rio+20: Donner une voix aux générations futures

La conférence de Rio+20 aura fourni une opportunité unique à la communauté internationale et à la société civile. Cette opportunité consiste à prendre du recul et à considérer les progrès accomplis et les efforts additionnels requis dans la mise en œuvre du développement durable. 

 Future-Generations.jpg

Le développement durable : un incontournable des débats de société

Depuis le sommet de la Terre organisé en 1992 à Rio, le concept de développement durable s’est imposé comme incontournable dans tout débat de société.  Pour définir ce concept, il y a deux approches. La première renvoie à la nécessité de considérer la dimension économique, sociale et environnementale de toute décision. La seconde invoque la notion d’équité intergénérationnelle. En 1988, le rapport de la commission mondiale sur l’environnement et le développement définissait ainsi le développement durable comme étant « un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

Des décisions pensées à court terme

En pratique, cette notion semble néanmoins plus difficile à mettre en œuvre car nos décisions sont façonnées par l’importance de présenter des intérêts à court terme : cycles électoraux pour les représentants élus ou bilan trimestriel dans le secteur privé. Dans ce contexte, les négociations qui ont préparées la conférence de Rio ont permis au cours des 12 derniers mois de discuter de solutions pratiques permettant de donner une voix aux générations futures. Ceci est rendu possible grâce aux pays Européens et aux nombreuses ONGs qui soutiennent l’idée de créer un ombudsman [Ombudsman désigne dans de nombreux pays l'équivalent de la fonction de médiateur de la République1 ou de Protecteur du citoyen dans plusieurs pays francophones ou de défenseur du peuple dans des pays hispaniques, ou encore de défenseur du citoyen ou bien encore ombudsman parlementaire. Le champ de compétence d'un ombudsman porte sur des différends de type administratif dans le secteur public ou privé. Le recours à un ombudsman est gratuit, tout comme le recours à un médiateur.]  pour les générations futures. Cette personne aurait la mission de représenter les intérêts des générations futures au sein des Nations Unies, en s’intéressant aux conséquences à long terme des actions de l’ONU et en offrant une médiation entre différents acteurs si besoin est]

Un ombudsman pour les générations futures 

Comme certains pays considèrent que cela ne ferait qu’ajouter une institution supplémentaire au sein des Nations Unies, sans réelle influence, le document final ignore cette proposition. Il invite simplement le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, à rédiger un rapport sur ce sujet. Réagissant à ce manque d’ambition du document, Alice Vincent, jeune militante Anglaise qui représente sur cette question les jeunes impliqués dans le processus, commente : « Je crois fermement qu’un document résultant de Rio +20 qui ne comprendrait pas la création d’un tel défenseur des intérêts des générations futures ne serait pas digne du titre « L’avenir que nous voulons » (titre donné au document par les nations unies). »

En dehors de la déclaration finale de Rio+20, l’intérêt principal de la conférence réside peut-être avant tout dans les échanges et dialogues qu’elle aura favorisés entre gouvernements, experts et membres de la société civile. Indépendamment du résultat des négociations, la conférence a permis de susciter un regain d’intérêt pour des solutions qui, comme dans le cas de la création d’un ombudsman pour les générations futures, peuvent fonctionner aux niveaux national et sub-national.  Certains pays ont déjà pris rendez-vous après la conférence pour poursuivre cette discussion et considérer éventuellement la création d’un ombudsman au niveau national. Maija Sakslin, médiatrice parlementaire de la Finlande, a aussi insisté sur l’opportunité de travailler avec les institutions qui existent déjà dans certains pays mais dont le mandat ne renvoie pas directement à la question de la solidarité entre les générations. Elle affirme:

« Je pense qu’il faudrait nous convaincre, nous médiateurs existant déjà à travers le monde, que nous devons sauvegarder les droits des générations futures ». © Leila Mead/IISD, Sébastien Duyck, Brésil / 25.06.2012

RIO DE JANEIRO - Rio+20 a accouché de formules creuses réveillant l'ardeur de la société civile

RIO DE JANEIRO - Le sommet Rio+20, qui voulait engager le monde vers l'éradication de la pauvreté et la préservation de la nature, a accouché de formules creuses, réveillant l'ardeur de la société civile et suscitant des interrogations sur l'intérêt de ce genre de cérémonie.

"On est déçu, mais ce n'est pas un échec", affirmait un participant. Ce n'est qu'"un point de départ", assurait la présidente brésilienne Dilma Rousseff.  Ratifié vendredi soir par les représentants de 193 pays, dont près d'une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement, le texte d'accord final, "l'avenir que nous voulons", a de quoi laisser les participants sur leur faim.  On y évoque l'économie verte, qui pourrait répondre aussi bien à la crise économique qu'à la dégradation de la planète, mais sans fournir de lignes directrices, sans rien imposer. On décide un renforcement du programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), mais sans lui donner la force et l'autonomie d'une vraie agence de l'ONU.  Au milieu de formules consensuelles préservant les égoïsmes nationaux, se glisse le principe d'objectifs du développement durable, "en nombre limité, concis et tournés vers l'action". Concernant tout le monde, pays riches ou pays pauvres, ils devraient être mis en place d'ici 2015, avec échéance probable en 2030.  Un "calendrier serré, intensif", remarque Laurence Tubiana, directrice de l'IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales), pour qui ces objectifs représentent "l'acquis principal du sommet, sans hésitation". "Il y a une volonté de réussir", dit-elle.  "Rio, ça dit qu'on est incapable +aujourd'hui+ de trouver un accord face aux défis planétaires environnementaux et sociaux, mais ça dit aussi qu'il nous faut trois ans", estime Ronan Dantec, sénateur EELV et porte-parole pour le climat de l'organisation mondiale Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU).

"La réussite de cette conférence, c'est que ca a lieu, les gens viennent pour discuter, partager leurs espoirs, leurs difficultés", dit Brice Lalonde, qui en a été le co-coordinateur.  Les ONG ont cependant massivement manifesté leur colère devant le peu de résultats concrets du sommet. "Dans l'avenir que nous voulons, il y a de l'engagement et de l'action, pas seulement des promesses", ont-elles lancé.  Elles se sont juré de rebondir, de revenir aux actions de proximmité, trouvant dans ce qu'elles qualifient d'"échec" une énergie nouvelle pour transformer, disent-elles, "la colère en action".  "L'échec de Rio+20 donnera aux gens plus d'énergie pour se mobiliser et se battre pour la planète", a déclaré Daniel Mittler, de Greenpeace."193 pays qui doivent atteindre l'unanimité, c'est difficile, peut-être il faut modifier le système de fonctionnement", admet Brice Lalonde. "C'est une structure inadaptée", affirme Gilles Berhault, président du Comité français pour le développement durable, pour qui la souveraineté des pays n'est plus de mise dans un monde "interdépendant".

Rendez-vous les 23 et 24 Août 2012

Destination Bordeaux pour la dixième Université d'été de la communication pour le développement durable sur le thème "Développement durable, de la communication à la co-production »

http://www.communicationdeveloppementdurable.com/


(*) http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/larmes-rio-286902

BIBLIOGRAPHIE :

http://www.fao.org/nr/solaw/solaw-home/fr/

http://oceana.org/en/eu/home

https://www.facebook.com/oceana.europe

http://www.liberation.fr/depeches/2012/06/27/le-phenomene-d-acidification-des-oceans-etudie-au-fond-de-la-mediterranee_829483

http://www.oecd.org/dataoecd/54/8/49884240.pdf

Le rapport Mountain Watch a été préparé par le PNUE-WCMC et le Programme du PNUE en faveur des montagnes avec le FEM et d'autres partenaires. Le rapport, avec photographes et informations diverses, se trouve sur l'Internet, site : http://www.unep-wcmc.org/mountains/mountain_watch

http://www.actualites-news-environnement.com/21761-reduction-risques-catastrophes-naturelles.html

PLUS D’INFOS sur : http://www.gfdrr.org/gfdrr/

http://www.unac.org/fr/link_learn/monitoring/susdev_archives_waste.asp

http://www.20minutes.fr/monde/958939-rio20-accouche-formules-creuses-reveillant-ardeur-societe-civile 


©  tous droits réservés, danièle favari.

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