Partager l'article ! LE GAZ DE SCHISTE, C'EST REPARTI !: RAPPEL HISTORIQUE des événements : 17 juillet : Delphine BATHO, Ministre de ...
RAPPEL HISTORIQUE des événements :
17 juillet : Delphine BATHO, Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie est auditionnée par la Commission du développement durable de l’Assemblée Nationale (18.00) puis, le même jour par la Commision des Affaires Economiques (19.15), elle réitère : L'interdiction d'exploiter les gaz de schistes est actuellement indiscutable pour le gouvernement en raison des risques liés à la fracturation hydraulique, a t-elle déclaré. Le gouvernement semblait partagé sur cette question controversée, selon le quotidien Les Echos de lundi, qui disait le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg favorable à leur exploitation. "Le gouvernement maintient clairement et nettement sa position. L'interdiction de l'exploitation des gaz de schistes est indiscutable en l'état des techniques", a dit Delphine Batho au cours d'une audition devant les deux commissions du Sénat. Elle confirmait la refonte du Code Minier et annonçait la tenue d’une Conférence Environnementale au mois de septembre dont elle donnerait l’"architecture" au Conseil des Ministres du 18 juillet. Elle ajoute qu’un projet de loi est en préparation d’ici fin 2012.
A 19.20 sur France Inter : « le telephone sonne » avec J.Louis Schilansky, Maitre Arnaud Gossement et FNE et sur FRANCE2, JT de 20 H : Reportage sur les gaz de schiste avec intervention de Claude-Jean Allègre (Ancien directeur du bureau de recherchers géologiques et mineries)
17 Juillet - PARIS - L'interdiction d'exploiter les gaz de schistes est actuellement indiscutable pour le gouvernement en raison des risques liés à la fracturation hydraulique [interdite par la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 (*)], a déclaré mardi la ministre de l'Ecologie et de l'Energie Delphine Batho. Le gouvernement semblait partagé sur cette question controversée, selon le quotidien Les Echos de lundi, qui disait le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg favorable à leur exploitation. "Le gouvernement maintient clairement et nettement sa position. L'interdiction de l'exploitation des gaz de schistes est indiscutable en l'état des techniques" [Cf ci-dessus], a dit Delphine Batho au cours d'une audition devant deux commissions du Sénat. La ministre a estimé que la fraturation hydraulique, la technique actuellement utilisée à l'étranger pour extraire le gaz emprisonné dans la roche, était à l'origine d'une pollution durable et que les risques étaient avérés et considérables. "Nulle part il a été démontré que l'exploitation des gaz de schistes pouvait être faite sans conséquences sur la santé et l'environnement", a ajouté Delphine Batho.
(*) Le 13 juillet 2011, le précédent gouvernement avait fait voter une loi interdisant l'exploitation par fracturation hydraulique et avait abrogé les permis de recherche accordés préalablement à plusieurs sociétés, dont Total. (Marion Douet, édité par Gérard Bon) © Thomson Reuters 2012 Tous droits réservés.
18 juillet/Conseil des
Ministres :
La préparation de la conférence environnementale
La ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie a présenté la méthode retenue pour la préparation de la conférence environnementale. Le Président de la République a annoncé sa volonté d'ouvrir un dialogue environnemental de même qualité que le dialogue social. Ce dialogue doit permettre à la France d'engager sa mutation vers un nouveau modèle de développement durable. Dans cet esprit, une conférence environnementale sera réunie les 14 et 15 septembre 2012. Elle se saisira de deux grandes priorités - la transition énergétique et la préservation de la biodiversité - et ouvrira une concertation sur plusieurs chantiers, notamment sur la fiscalité écologique, le lien entre la santé et l'environnement et la nouvelle gouvernance écologique. La conférence environnementale se tiendra chaque année et associera à la réflexion et aux décisions, aux côtés de l'Etat et dans le respect de leur indépendance, les organisations non gouvernementales, les syndicats de salariés, les syndicats d'employeurs et les représentants des élus locaux. Des parlementaires y participeront également. Un comité de préparation au sein duquel siègent l’ensemble des partenaires préparera l'ordre du jour et les modalités d'organisation de la conférence. Il sera réuni ce jour même.
Le 24 juillet, le Premier ministre rencontrera les organisations non gouvernementales engagées dans le suivi du Grenelle de l'environnement. Le rendez-vous est fixé à 9 h 45.
Le 14 septembre, le Président de la République ouvrira la conférence environnementale. Elle permettra de fixer les objectifs dans chacun des domaines abordés, l'agenda et les moyens pour les atteindre. Seront également définis les indicateurs permettant d’évaluer les progrès réalisés et les modalités d’un dialogue décentralisé. La conférence arrêtera aussi la méthode du grand débat national sur la transition énergétique, qui contribuera à l'élaboration en 2013 d’un projet de loi de programmation. De même, elle cadrera la méthode et les objectifs des débats sur la biodiversité qui pourraient déboucher sur une loi-cadre en 2013. La ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie rendra compte de l‘avancée des travaux de la conférence en conseil des ministres.
http://www.gouvernement.fr/gouvernement/la-preparation-de-la-conference-environnementale
N.B. : Dès lors, Europe1 qui fait état : « Gaz de schiste : une réunion discrète » se trompe, la réunion du 24 juillet a donc été clairement annoncée.
Ci-dessous leur article :
INFO E1 - Jean-Marc Ayrault et Delphine Batho ont convoqué des ONG écolos, le 24 juillet.
L'épineux dossier de l'exploitation du gaz de schiste est-il sur le point d'être déterré ? Selon des informations Europe 1, une réunion sur le sujet aura lieu, en toute discrétion, le 24 juillet. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la ministre de l'Ecologie Delphine Batho ont donné rendez-vous aux principales ONG environnementales, notamment Greenpeace, France Nature Environnement, la Ligue de Protection des Oiseaux. Une étude d'impact : Au menu des discussions, une réflexion sur l'opportunité d'exploiter le gaz de schiste. Concrètement, il s'agit d'obtenir en amont l'aval des ONG pour des recherches sur le dossier suivi d'une étude d'impact pour prendre en compte les critères environnementaux. Les gaz de schiste demeurent en effet un sujet très controversécar leur extraction, qui nécessite la destruction de la roche qui les enferme, est très polluante. Après une forte mobilisation d'opposants, la France était devenue, en juillet 2011, le premier pays à bannir l'usage de la technique de la fracturation hydraulique, susceptible d'entraîner des pollutions du sous-sol, bloquant ainsi de fait l'exploitation de ces gaz prisonniers des roches souterraines. La législation actuelle a abrogé les permis de recherche accordés.
"Le risque électoral est très lourd" Du côté des ONG, on reste méfiants. "L'exploration en profondeur propre, ça n'existe pas", commente un responsable, interrogé par Europe 1. "Ce sera donc le choix économique ou la responsabilité environnementale" tranche t-il. "Le risque électoral est très lourd", renchérit un autre négociateur". La discussion s'annonce animée.
Par Martial You et Fabienne Cosnay
Publié le 18 juillet 2012 à 15h47 Mis à jour le 18 juillet 2012 à 16h07
NDLR : il ne sera pas « uniquement » question de « gaz de schiste » au cours de cette réunion du 24 juillet puisqu’il s’agira de préparer la Conférence environnementale, mais la refonte du Code Minier sera inévitablement dans le débat. J’ai demandé au Gouvernement - dans la mesure où la question des "gaz de schiste" ne pourra être éludée de par la loi de programmation énergétique et la réforme du Code Minier – que la société civile des opposants aux gaz de schiste soit consultée sur ce dossier en vue de la Conférence Environnementale qui se doit se tenir les 14 et 15 septembre prochains.
Mercredi 18 juillet après-midi, la commission des affaires économiques a auditionné Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, et Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises . Arnaud MONTEBOURG déclare, à cette occasion, non sans avoir rappelé que c’est Delphine BATHO qui était en charge de l’Energie mais qu’ils travaillaient de concert sur la refonte du Code Minier : « Je souhaite qu’une piste ne soit écartée et que la question des gaz de schiste mérite d’être posée » ; réitérant des propos tenus dans le journal « Le Monde » et maintenant la confusion sur les intentions du Gouvernement.
Propos repris par Xavier Le Blan, Directeur général de Prim’France sur BFMbusiness.com.
19 juillet : De Margerie (Total) s'entretient avec Ayrault à Matignon : Le PDG du groupe pétrolier Total, Christophe de Margerie, s'est entretenu jeudi à Matignon avec Jean-Marc Ayrault, et a dit avoir effectué avec lui un tour d'horizon afin de voir comment travailler le plus intelligemment possible dans les mois et années à venir. On a parlé de tout, on a fait un tour d'horizon, il n'y avait pas d'ordre du jour, a déclaré à sa sortie M. de Margerie, précisant qu'il avait envoyé une lettre de félicitations à M. Ayrault lors de sa nomination en mai au poste de Premier ministre et évoqué la perspective d'un rendez-vous. L'entretien a duré environ 45 minutes et ce tour d'horizon a permis d'aborder les problèmes du gouvernement, les nôtres, de voir comment on allait travailler le plus intelligemment possible dans les mois et années à venir, a-t-il ajouté. Le PDG de Total n'a pas précisé si la question de la taxe exceptionnelle sur les stocks pétroliers avait été spécifiquement évoquée avec le chef du gouvernement, mais a réaffirmé son opposition, sur un ton modéré. « Je ne vais pas vous dire que je suis en faveur des taxes, on va me prendre pour quelqu'un de spécial... En même temps il faut trouver des solutions et chacun doit mettre un peu du sien, a dit Christophe de Margerie. Les taxes, non, ça ne fait pas plaisir, mais en même temps il faut bien équilibrer le budget, a-t-il ajouté. Le 7 juillet, M. de Margerie a estimé que cette taxe qui va être prélevée cette année en France devrait coûter autour de 150 millions d'euros à Total.
NDLR : N’y a-t-on parlé que de la TIPP, et pas des gaz de schiste, j’en doute.
20 juillet : (D. Batho sur
BFMTV/RMC) Gaz de schiste : « le gouvernement ne reviendra pas sur l'interdiction de la fracturation hydraulique car il existe d'autres solutions quele gaz de schiste pour diminuer la facture
énergétique et assurer notre indépendance énergétique" Le gaz de schiste, c'est surtout une question d'impact environnemental. Delphine BATHO prône
une plus grande efficacité énergétique et plus de sobriété pour engager la transition énergétique en France : "rien ne permet aujourd'hui de revenir sur les interdictions d'exploration et
d'exploitation des #gazdeschiste" .
NDLR : le gouvernement maintiendra donc l'interdiction de la fracturation hydraulique mais la question de l’exploitation reste en suspens à une éventuelle autre technique.
Invitée sur RMC et BFMTV, Delphine Batho la ministre de l’Ecologie s’est notamment exprimée sur l’exploitation des gaz de schiste. « L’exploitation n’est pas à l’ordre du jour », a-t-elle indiqué. Le gouvernement ne reviendra pas sur l'interdiction de la fracturation hydraulique, technique interdite par une loi en France et jugée hautement polluante pour l'exploration des gaz de schistes, a annoncé vendredi 20 juillet la ministre de l'écologie et de l'énergie, Delphine Batho. "Le gouvernement maintient clairement et nettement sur l'interdiction de l'exploitation des gaz de schiste, car nulle part dans le monde il n'a été prouvé que cette exploitation pouvait se faire sans dégâts considérables sur l'environnement et avec des risques importants pour la santé", a affirmé Mme Batho interrogée sur BFMTV. "Rien dans l'agenda du gouvernement aujourd'hui n'envisage de revenir sur l'interdiction de la fracture hydraulique", a-t-elle ajouté. Selon elle, ce qui pose problème c'est la technique utilisée pour explorer et exploiter ce type d'énergie fossile "avec des produits chimiques qui ensuite vont dans les nappes phréatiques". Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, avait laissé entendre début juillet que le gouvernement allait "regarder" ce dossier sensible de l'exploitation du gaz de schiste en France, sans toutefois le "rouvrir". Pour Delphine Batho, son collègue "et ami" Arnaud Montebourg avait alors formulé "une réflexion intellectuelle qui n'est pas basée sur des faits". A la question de savoir si le gouvernement allait octroyer de nouveaux permis d'exploration pour connaître l'importance réelle des éventuelles réserves de cette énergie dans le sous-sol français, la ministre a répondu "non, il va y avoir la réforme du code minier", texte qui fixe les règles sur l'exploitation des énergies dans les sols.
Laurence Rossignol, Sénateur sur twitter: « La même déclaration de @montebourg mettrait définitivement
fin à la rumeur. »
Conférence environnementale et Grenelle de l'environnement : une "forme de
continuité" - Analyse d’Arnaud GOSSEMENT
le 19 juillet
2012. Publié dans Droit de l'environnement, Droit
de l'énergie,
Rappelons en effet qu'en matière d'environnement, la loi se fait d'abord à Bruxelles et Strasbourg et une exploration des lois déjà votées serait un préalable utile au vote de nouvelles lois. Lors du conseil des ministres qui s'est tenu ce mercredi 18 juillet, Delphine Batho, ministre de l'écologie a apporté des précisions sur l'organisation de la conférence environnementale annoncée pour les 14 et 15 septembre 2012. Sur le plan du droit, deux nouvelles lois cadres sont annoncées. Une conférence de méthode en forme de point de départ.
Première certitude, la conférence environnementale, en tant que processus de décision, s'inscrit dans la suite du Grenelle de l'environnement. Le concept de dialogue environnemental, tout comme celui de dialogue social, n'appartient à aucune majorité. Il est donc heureux que celle issue des urnes le mois dernier n'ait pas cherché à jeter le bébé Grenelle avec l'eau du bain de la présidentielle.
Une différence tout de même. La conférence environnementale, ainsi que l'a précisé la nouvelle ministre de l'écologie aux membres de la commisson du développement durable de l'Assemblée nationale, ne sera pas une ligne d'arrivée mais une ligne de départ. Avec deux objectifs : l'énergie et la biodiversité. Sur le premier sujet, la conférence environnementale aura pour objet de préparer, sur la base de deux rapports relatifs à l'éolien et au solaire, le débat sur l'énergie qui doit se tenir en fin d'année. Lequel débat doit aboutir ensuite à une loi de programmation sur l'énergie. Sur le chapitre de la biodiversité, la conférence environnementale est censée jeter les bases d'une future loi cadre.
De la gouvernance à cinq à la gouvernance à six
En conséquence, la conférence environnementale, qui ne durera que deux jours, aura pour principal objectif de discuter de la méthode de négociation entre les cinq - pardon six - collèges de ce qui devrait constituer une nouvelle "gouvernance à six". L'association plus étroite du Parlement au dialogue environnemental est sans doute une excellente chose. La nouveauté ne confine cependant pas à la révolution et de nombreux parlementaires avaient déjà participé aux travaux du Grenelle. La réelle nouveauté tiendra à ce que de nombreuses instances de concertation, dont les CODERST, soient reconfigurées pour que le dialogue à six se déploie partout.
Deux nouvelles lois cadres ?
Deux lois sont d'ores et déjà annoncées. Si le débat sur l'énergie doit accoucher d'une nouvelle loi de programmation qui devrait donc se substituer à celle du 13 juillet 2005, la conférence environnementale devrait aussi être le prémice d'une loi cadre sur la biodiversité.
Sans faire de procès d'intention au nouveau gouvernement, ce choix d'action suscite l'interrogation. Rappelons en effet qu'en matière d'environnement, la loi se fait d'abord à Bruxelles et Strasbourg, c'est à dire au sein des institutions de l'Union européenne. 85 % des dispositions du code de l'environnement sont européennes, ne l'oublions pas. En simplifiant un peu, la loi cadre en droit de l'environnement s'appelle "directive communautaire". Et une directive communautaire n'appelle pas une autre loi cadre pour produire des effets de droit sur le territoire de chaque Etat membre, dont le nôtre. Au demeurant, une directive communautaire peut n'avoir pas besoin du véhicule de la loi pour s'appliquer ici.
En clair, une loi cadre française sur l'énergie ou la biodiversité ne devrait pas contenir des objectifs et dispositions fondamentalement différentes de celles déjà écrites dans des textes déjà votés par l'Union européenne. En matière d'environnement plus qu'ailleurs encore, nous ne pouvons pas oublier que le droit se fabrique à un niveau européen et non plus strictement national. La pollution n'a pas de frontières a-t-on coutume de dire.
Outre cet utile rappel des origines européennes du droit de l'environnement, rappelons que le Grenelle de l'environnement a déjà abouti à une loi cadre (loi de programme pour être plus précis), celle du 3 août 2009 dite "loi Grenelle 1". Or, cette loi cadre a été votée par la droite comme la gauche, c'est à dire aussi par les membres de l'actuelle majorité présidentielle et parlementaire. Depuis 3 ans, les objectifs et solutions requises ont peu varié en matière de développement durable. Il y a trois ans, un consensus droite/gauche avait pu être identifié sur le développement durable. Prenons garde à ne pas le remette en cause. Enfin, le choix d'annoncer de nouvelles lois ne permet pas de rompre avec cette habitude assez française qui consiste à évaluer le succès, hier du Grenelle, demain de la conférence environnementale à l'aune du poids de textes votés. Une certaine diète législative ne serait pas de mauvais aloi et une exploration des lois déjà votées serait un préalable utile au vote de nouvelles lois.
Pour être très honnête, je crains - et espère que ce soit à tort - que le code de l'environnement ne vienne grossir encore en raison de nouvelles lois sans que le dispositif d'ensemble ne s'en trouve réellement amélioré. Des lois cadres annoncent de nouvelles lois, lesquelles annoncent de nouveaux décrets d'application, lesquels annoncent de nouveaux arrêtés de précision, lesquels annoncent de nouvelles circulaires d'explication, lesquelles....et ainsi de suite... J'espère qu'avant toute chose un bilan et un toilettage de la masse des textes existants seront menés et ce, avant que de nouvelles règles ne soient écrites.
En conclusion, si je me réjouis que la conférence environnementale s'inscrive dans une "forme de continuité" avec le Grenelle, un droit d'inventaire est possible : un droit à un droit plus qualitatif que quantitatif.
Quelles priorités pour l'énergie et la biodiversité ?
A titre personnel, en tant qu'ancien acteur du Grenelle de l'environnement, voici ce que j'attends de cette conférence environnementale, étant précisé que je n'attends pas nécessairement de nouvelles lois. De manière générale, il me semble que l'Etat a un devoir de vérité écologique. Il doit admettre plus clairement n'avoir plus les moyens d'une politique environnementale dont il serait le seul acteur. L'union européenne, les collectivités territoriales, les entreprises, les associations, les citoyens sont des acteurs dont l'Etat stratège cher au nouveau Président de la République devrait organiser les travaux et encourager les initiatives. Dans le secteur de l'énergie, une vraie réflexion sur la simplification du droit et l'ouverture à la concurrence du marché de l'énergie, conformément aux engagement que nous avons pris au niveau européenne doit enfin être organisée. En la matière, la France ne cesse pas de reculer pour mieux sauter. Pourtant, il est possible de sortir du clivage grands groupes versus PME pour organiser de nouvelles coopérations. Cessons donc de freiner l'ouverture à la concurrence en enfouissant les nouveaux venus sous des tonnes de lois et de décrets. Dans le secteur de la biodiversité, l'urgence est de parachever le dispositif juridique de la trame verte et bleue qui attend toujours, depuis le mois de novembre 2011, son décret.
Le redressement productif : de quel droit ?
Enfin, d'autres sujets, tout aussi fondamentaux doivent être abordés. Il en va ainsi du risque industriel, grand oublié du Grenelle et qui ne se résume pas à la réforme du code minier.Certes, Chantal Jouanno, au lendemain du Grenelle avait organisé une table ronde sur le risque industriel mais plus personne ne s'en souvient. Réfléchir à la pertinence et à l'efficacité du droit de l'environnement industriel n'est pas di bête alors que l'Etat s'est fixé pour grand objectif de donner un nouvel élan à notre industrie. Installations classées, sols pollués, déchets, hygiène et sécurité au travail, expositions aux substances dangereuses, contrôle des produits chimiques....autant de sujets qui mériteraient une réflexion approfondie sur le droit de l'environnement industriel pour permettre ce fameux "new deal" entre industrie et écologie.
Une chose est certaine : le Grenelle a enclenché un processus irréversible et il faut souhaiter au nouveau gouvernement de réussir à lui donner un nouveau souffle. L'optimisme est de mise. Le pessimisme est un peu prématuré.
Joseph S. Nye a été secrétaire d'Etat adjoint à la Défense sous Bill Clinton. Spécialiste des relations internationales, il est l'un des théoriciens du soft power. Il enseigne à Harvard.
Les gaz de schistes stimulent l'économie américaine [Joseph S. Nye, 11/07/2012]
Jospeh S. Nye, expert en relations internationales, revient sur le contexte favorable au développement des énergies fossiles et des forages de gaz de schiste aux Etats-Unis. Cette orientation pourrait permettre au pays de maintenir sa croissance économique tout en assurant son autonomie énergétique. Lorsque le président Richard Nixon a déclaré, au début des années 1970, qu'il entendait assurer l'indépendance énergétique du pays, les États-Unis importaient un quart de leur pétrole. À la fin de la décennie, à la suite d’un embargo du pétrole arabe et d’une révolution iranienne, la production domestique déclina. Les Américains importaient alors la moitié de leurs besoins pétroliers à un prix 15 fois supérieur, et il fut largement admis que le pays était à court de gaz naturel. Un certain nombre de chocs énergétiques ont contribué à une combinaison fatale de stagnation de la croissance économique et d’inflation, et tous les présidents américains depuis Nixon ont fixé de même l’objectif de l’indépendance énergétique. Mais peu de gens ont pris ces promesses au sérieux. Aujourd’hui, les experts de l’énergie ne plaisantent plus. D’ici la fin de cette décennie, selon l’Administration américaine des informations sur l’énergie, près de la moitié du pétrole brut que consomme l’Amérique sera produite sur le territoire national, et 82% proviendra de la côte Atlantique des États-Unis. Philip Vergler, analyste respecté dans le domaine de l’énergie, affirme que d’ici 2023, soit le 50e anniversaire du « projet d’indépendance » de Nixon, les États-Unis seront indépendant sur le plan énergétique, en ce sens qu’ils exporteront plus d’énergie qu’ils n’en importeront.
Vergler fait valoir que cette indépendance énergétique « pourrait annoncer un Nouveau siècle américain, en créant un environnement
économique dans lequel les États-Unis s’approvisionneraient en énergie pour un prix bien inférieur à ce qui se pratique dans d’autres régions du monde. » Aujourd’hui déjà, les Européens et les
Asiatiques payent 4 à 6 fois plus cher leur gaz naturel que ce que ne payent les Américains. Comment l’expliquer ? Les technologies du forage horizontal et de la fracturation hydraulique, par
lesquelles le schiste et autres formations de roches compactes de grandes profondeurs sont bombardés d’eau et de produits chimiques, ont révélé d’importantes nouvelles réserves à la fois en gaz
naturel et en pétrole. Le secteur du gaz de schiste a connu une croissance annuelle de 45% entre 2005 et 2010, et la part du gaz de schiste dans la production totale des États-Unis en gaz a
augmenté de 4% à 24%.
On estime que les États-Unis possèdent suffisamment de gaz pour maintenir leur cadence de production actuelle pendant plus d’un siècle. Bien que de nombreux autres pays disposent d’un potentiel considérable en gaz de schiste, ils sont confrontés à bien des difficultés : pénurie d’eau en Chine, problème de sécurité des investissements en Argentine, et restrictions environnementales dans plusieurs pays d’Europe.
L’économie américaine tirera d’innombrables d’avantages du changement dans son approvisionnement en énergie. Des centaines de milliers d’emplois sont actuellement en cours de création, dont certains dans des régions éloignées et auparavant stagnantes. Cette nouvelle activité économique stimulera la croissance globale du PIB, engendrant de nouvelles recettes fiscales significatives. De plus, le moindre coût des importations permettra une réduction du déficit de la balance commerciale américaine, et une amélioration de sa balance des paiements. Un certain nombre d’industries américaines, comme les produits chimiques ou la plasturgie, bénéficieront d’un important avantage comparatif en termes de coûts de production. En effet, l’Agence internationale de l’énergie estime que les précautions supplémentaires nécessaires pour assurer la sécurité environnementale des puits de gaz de schiste – notamment une attention particulière aux conditions sismiques, un scellage approprié des puits, ainsi qu’une gestion consciencieuse des eaux usées – n’augmenteront le coût que d’environ 7%.
En revanche, s’agissant du changement climatique, les effets d’un recours plus important au gaz de schiste présentent avantages et inconvénients. Dans la mesure où la combustion de gaz naturel produit moins de gaz à effet de serre que d’autres hydrocarbures comme le charbon ou le pétrole, il pourrait constituer une passerelle vers un avenir moins générateur de carbone. Toutefois, le faible prix du gaz entravera le développement de sources d’énergies renouvelables, à moins que celles-ci ne fassent l’objet de subventions ou à moins de taxes sur le carbone.
À ce stade, on ne peut que spéculer sur les conséquences géopolitiques. De toute évidence, le renforcement de l’économie américaine permettrait d’accroitre sa puissance économique – scénario qui contredirait la tendance actuelle à l’évocation d’un déclin des États-Unis.
N’énonçons pas pour autant de conclusions hâtives. L’équilibre entre importations et exportations énergétiques ne constitue qu’une première étape vers l’indépendance. Comme je l’affirme dans mon ouvrage The Future of Power, l’interdépendance mondiale implique à la fois sensibilité et vulnérabilité. Bien que les États-Unis puissent être moins vulnérables sur le long terme si leurs importations énergétiques diminuent, le pétrole est un bien fongible, et l’économie américaine demeurera sensible aux chocs liés à des variations brutales des prix mondiaux. En d’autres termes, une révolution en Arabie Saoudite ou un blocus du détroit d’Ormuz pourrait avoir une incidence négative sur l’Amérique et ses alliés. C’est pourquoi, même si les États-Unis n’avaient aucun autre intérêt au Moyen-Orient, tels qu’Israël ou la non-prolifération des armes nucléaire, un équilibre entre les importations et les exportations énergétiques ne sauraient exempter les États-Unis des dépenses militaires – estimées par certains experts à 50 milliards $ par an – nécessaires à la protection des routes pétrolières de la région.
Dans le même temps, le pouvoir de négociation des Américains en matière de politique internationale doit être renforcé. Le pouvoir découle des asymétries de l’interdépendance. X et Y peuvent être dépendants l’un de l’autre, mais si X dépend moins de Y que Y ne dépend de X, alors X voit son pouvoir de négociation s’accroître. Pendant des décennies, les États-Unis et l’Arabie Saoudite ont connu un équilibre des asymétries, à savoir que nous dépendions d’eux comme d’un producteur de pétrole d’appoint, et qu’ils dépendaient de nous comme d’une sécurité militaire ultime. Désormais, les négociations s’effectueront sur la base de conditions un peu plus favorables pour l’Amérique.
De même, la Russie connaît depuis un certain temps une période d’influence sur l’Europe et sur ses petits États voisins, grâce au contrôle qu’elle exerce sur l’approvisionnement en gaz naturel et sur les gazoducs. Tandis que l’Amérique du Nord deviendra auto-suffisante en gaz, davantage de ressources issues de diverses autres régions seront libérées, et proposées à l’Europe en tant que sources alternatives, ce qui réduira le levier de la Russie.
En Asie de l’Est, une région désormais au cœur de la politique étrangère des États-Unis, la Chine va se trouver de plus en plus dépendante à l’égard du pétrole du Moyen-Orient. Les efforts de l’Amérique pour persuader la Chine de jouer un rôle plus important en matière de sécurité régionale pourraient se renforcer, et la prise de conscience, par la Chine, de la vulnérabilité de ses voies d’approvisionnement face à des perturbations causées par la marine américaine dans l’éventualité peu probable d’un conflit, pourraient également modifier subtilement le pouvoir de négociation de chacune des parties.
Un équilibre entre importations et exportations énergétiques ne suffit pas à garantir l’indépendance parfaite, mais un tel équilibre contribue bel et bien à transformer les relations de pouvoir en matière d’interdépendance énergétique. Et cela, Nixon l’avait bien compris.
[ L’indépendance énergétique dans un monde interdépendant
par Jospeh S. Nye
Joseph S. Nye
Joseph S. Nye a été secrétaire d'Etat adjoint à la Défense sous Bill Clinton. Spécialiste des relations internationales, il est l'un des théoriciens du soft power. Il enseigne à Harvard.
Traduit de l’anglais par Martin Morel
Copyright: Project Syndicate, 2012] 18/07/2012 9:54 am
Gérard Mestrallet "Le gaz de schiste est devenu un sujet tabou. Il faut le réexaminer de façon paisible"
Propos recueillis par M-C. Lopez | 17/07/2012, 12:49 - 1232 mots
Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez revient
sur la position française sur le point du gaz de schiste.
LA TRIBUNE - Quelle est la nature de la révolution initiée par le gaz de
schiste ?
Gérard Mestrallet - Le gaz de schiste a changé les perspectives à plusieurs titres. Il a d'abord permis d'augmenter considérablement les estimations de réserves de gaz naturel dans le monde.
Pendant longtemps, on tablait sur 60 ans de réserves de gaz conventionnel. Les découvertes de gaz non conventionnel permettent de rajouter un ou deux siècles, de quoi couvrir au moins les besoins
du XXIe, voire du XXIIe siècle, avec des quantités considérables de gaz accessibles à un coût raisonnable. Pour l'énergéticien gazier que nous sommes, c'est une bonne nouvelle. Et ce n'est
pas un rêve. Aux Etats-Unis, c'est aujourd'hui une réalité. Ils sont, grâce au gaz de schiste, autosuffisants en gaz, et en disposent à un prix extrêmement intéressant. Ce qui, au passage, change
la donne industrielle outre-Atlantique en leur conférant un avantage compétitif par rapport à l'Europe. Il faut ajouter que le gaz de schiste n'en est qu'à ses débuts. Il n'est exploité
aujourd'hui pratiquement qu'aux Etats-Unis. Mais il existe des réserves importantes en Chine, en Australie et en Ukraine. Il y en aurait aussi dans deux pays en Europe, en Pologne - dans des
quantités peut-être plus faibles que ce qui était attendu - et en France.
Que préconisez-vous en matière de gaz de schiste en France
?
La France ne produit ni pétrole, ni gaz, ni charbon mais en achète beaucoup. La situation économique française mérite qu'on explore toutes les voies possibles. Je suis partisan d'une approche
rationnelle, transparente et scientifique, qui soit pilotée par l'État. De toute façon, le gaz de schiste ne se développera pas en France ou en Europe si on ne parvient pas à l'extraire d'une
manière irréprochable pour l'environnement. C'est une absolue nécessité. Avec ses experts et des spécialistes indépendants, l'État doit être le garant de règles d'extraction et de contraintes
d'exploitation respectueuses de l'environnement. Aux Etats-Unis, quelques exploitants peu scrupuleux ont discrédité la profession, d'où le film Gasland. Mais la plupart des champs de gaz non
conventionnel aux Etats-Unis, lorsqu'ils sont exploités par des industriels compétents et reconnus, n'ont jamais eu de problème. Les techniques vont encore progresser. Mais cela reste surtout une
question de coût. Par exemple, en attendant qu'on puisse utiliser 100 % d'additifs biodégradables, on peut parfaitement récupérer et traiter l'eau utilisée. Mais cela augmente le coût de
production. Le problème, c'est qu'en France « gaz de schiste », comme « OGM » ou « charbon », est devenu un sujet tabou, éliminé a priori. Le débat sur l'énergie à la rentrée pourrait être
l'occasion de remettre sur la table la question des gaz de schiste afin qu'on l'aborde de façon paisible, rationnelle, professionnelle et scientifique. C'est in fine l'État qui doit réussir à
concilier la protection de la nature et le développement économique.
GDF suez s'est tenu jusqu'à présent à l'écart de l'extraction des
gaz de schiste. Vous n'êtes pas tenté par l'achat d'un producteur ?
Il faut être prudent. Les difficultés de l'américain Chesapeake, très actif dans le gaz de schiste, en témoignent. Il existe des milliers de producteurs de gaz de schiste aux Etats-Unis.
Récemment, les prix du gaz sont tombés sur place à 2 dollars le BTU, au-dessous du prix de production de nombre d'opérateurs. Nous avons en fait une approche différente, centrée sur l'aval du gaz
américain. Aujourd'hui, il n'y a aucun moyen pour le pays d'exporter son gaz. Quelques projets d'usines de liquéfaction, qui permettront de le vendre à l'extérieur grâce aux bateaux méthaniers,
émergent autour du golfe du Mexique. Nous avons été sélectionnés par l'opérateur Sempra pour être partenaires dans une usine de ce type en Louisiane. Lorsque les travaux d'élargissement en cours
des écluses du canal de Panama seront terminés - notre ingénierie y est d'ailleurs associée - les méthaniers pourront aller livrer en Asie le gaz américain liquéfié.
Votre redéploiement vers l'Asie en gaz naturel liquéfié est-il lié aux excédents de votre
portefeuille GNL destiné, au départ, aux Etats-Unis ?
Le marché mondial du GNL est tellement grand qu'on ne peut pas parler d'excédent. Il y a des marchés qui s'ouvrent, comme l'Asie, et d'autres qui se ferment. C'est le cas des Etats-Unis en raison
du gaz de schiste. Dès qu'ils ont ralenti leurs importations de GNL au début de 2011, GDF Suez a montré sa réactivité en déplaçant son centre de gravité vers l'Asie. Puis l'arrêt du nucléaire au
Japon, qui est le premier importateur de GNL, et l'affichage par la Chine de son appétit en gaz, n'ont fait que confirmer notre stratégie. Elle n'est pas tout à fait nouvelle puisqu'en 2011 nous
avons signé un accord de coopération avec le pétrolier chinois CNOOC pour un projet d'unité flottante de stockage et de regazéification de GNL en Chine. Et nous allons poursuivre dans cette voie,
notamment grâce à notre partenariat avec le fonds souverain chinois CIC. En Inde, qui va également devenir un très gros consommateur de GNL, nous sommes présents dans deux terminaux, ainsi qu'au
capital de leur opérateur. GDF Suez a également été sélectionné en avril dernier par andhra Pradesh Gas Distribution Corp. pour le développement d'un projet de terminal méthanier flottant, sur la
côte est de l'Inde.
On parle du GNL depuis des décennies. N'y a-t-il pas eu un faux départ de ce marché
?
Oui, nous en parlons depuis plus de quarante ans. la France, avec Gaz de France à l'époque, a participé activement à la construction du premier terminal d'exportation au monde, qui a démarré à
Arzew en Algérie en 1964, puis à celui de Skikda quelques années plus tard. Les principaux clients étaient d'ailleurs la France et la Belgique. Depuis, le GNL n'a cessé de se développer en Asie,
qui est aujourd'hui le premier marché international de gaz naturel liquéfié, mais aussi en Europe. Après les premiers terminaux de regazéification européens à Fos-sur-Mer et à Zeebrugge, la
Grande-Bretagne et surtout l'Espagne se sont lancés. Il y en a cinq en Espagne.
Où en êtes-vous dans l'exploration et la production ?
Nous investissons entre 1 et 1,5 milliard d'euros par an sur l'amont, trois fois plus que ce que consacrait Gaz de France à l'exploration et à la production. Présents dans l'offshore en Norvège,
en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, nous sommes actifs dans l'on shore en Allemagne et en Algérie. Plus récemment, nous avons pris des positions en Indonésie, en mer Caspienne ou en Australie. Si
sa contribution à nos résultats n'est pas négligeable - 2 des 16 milliards d'euros d'excédent brut d'exploitation enregistrés l'an dernier -, il est vrai que c'est la seule de nos activités pour
laquelle nous n'avons pas l'ambition d'être parmi les trois premiers au niveau mondial. Le développement de cette activité a pour finalité de conforter nos positions sur le reste de la chaîne
gazière, dans le GNL et dans l'aval gazier.
Repères
2008 : Fusion de Suez avec Gaz de France. GDF Suez devient un des tout premiers énergéticiens de niveau mondial.
2012 : GDF Suez rachète 100 % d'International power.
1er :
GDF Suez est le 1er importateur de GNL dans le bassin altantique.
3e :
derrière le coréen kogas et le japonais Tepco, GDF Suez est le troisième importateur de GnL dans le monde.
3e : GDF
Suez détient le 3e plus grand portefeuille de GNL, avec 16,5 millions de tonnes par an.
17 : Le
nombre de navires GNL de GDF Suez. Capacités de regazéification en France, Belgique, Grande-Bretagne, états-Unis et Chili.
http://www.latribune.fr/espace-abonnes/entreprise/20120717trib000709422/gerard-mestrallet-le-gaz-de-schiste-est-devenu-un-sujet-tabou.-il-faut-le-reexaminer-de-facon-paisible.html
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