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Les terres rares sont un groupe de métaux aux propriétés voisines
comprenant : le scandium [21Sc], l'yttrium
[39Y] et les quinze lanthanides. Du point de vue de l'économie mondiale, ils font partie des métaux stratégiques. Ces métaux rares sont, contrairement à ce que suggère leur appellation,
assez répandus dans l'écorce terrestre, à l'égal des métaux usuels — l'abondance du cérium (60 ppm) est ainsi du même ordre que celle du cuivre, tandis que celle du thulium et du lutécium n'est que de 0,5 ppm. Sous forme élémentaire, les terres rares ont un aspect métallique et sont assez tendres, malléables et ductiles. Ces éléments sont aussi généralement
chimiquement assez réactifs, surtout à températures élevées ou lorsqu'ils sont finement divisés. Leur nom vient du fait qu'on les a découverts au début du XIXe siècle dans des minerais (d'où le nom de
« terres », utilisé à l'époque en français, langue des échanges internationaux, pour les oxydes) peu courants à cette époque et à l'exploitation commerciale rendue compliquée par le
fait que ces minerais étaient éparpillés et les terres difficiles à séparer les unes des autres : terres rares signifiait donc « minerais rares ». Cependant, en
raison de leurs propriétés géochimiques, ils sont répartis très inégalement à la surface de la Terre, le plus souvent en deçà des concentrations rendant leur exploitation minière économiquement viable.
Deux minéraux représentent l'essentiel des réserves mondiales de terres rares :
la bastnäsite (Ce,La,Y) [CO3F], essentiellement en Chine et aux États-Unis ;
la monazite, essentiellement en Australie, au Brésil, en Chine, en Inde, en Malaisie, en Afrique du Sud, au Sri Lanka, en Thaïlande et aux États-Unis, déclinée en quatre variétés selon leur composition chimique (les éléments indiqués entre parenthèses le sont par concentration décroissante) :
Les autres ressources de terres rares exploitables sont : l'apatite, la chéralite, l'eudialyte, la loparite, les phosphorites, les argiles à terres rares (adsorption ionique), la monazite secondaire, les rejets de solutions d'uranium, le xénotime.
Ces noms barbares : ce sont donc les terres rares, 17 métaux devenus indispensables aux nouvelles technologies civiles comme militaires. Très utilisées dans les secteurs des nouvelles technologies, de l’industrie automobile, de la chimie et de l’électronique, les terres rares sont devenues une problématique pour ces industries qui nécessitent d’importants investissements en Recherche & Développement. Un cas particulier est à sortir du lot, celui de l’industrie de la défense. En effet, un certain nombre de matériaux du secteur sont fabriqués à partir de ces matières. Mais contrairement à l’industrie automobile, les enjeux autour de cette industrie sont peu médiatisés.
Gallium, palladium… les minerais vitaux pour les technologies vertes sont contrôlés par une poignée d'États.
Les terres rares sont produites à 95 % par la Chine qui a décidé de réduire ses quotas d'exportation, provoquant une flambée des prix. La Chine règne sans partage sur les terres rares depuis 30 ans. Or, l'enjeu est tout simplement vital pour nos économies. Les terres rares feront les révolutions industrielles de demain. Plus un produit est innovant, plus il demande de terres rares. Ce groupe de minéraux possédant des propriétés chimiques et électromagnétiques proches, sert à fabriquer entre autres ordinateurs, écrans, matériel audio, caméras et appareils photo, pièces automobiles, ampoules ou piles.
En raison de leurs usages multiples, souvent dans des domaines de haute technologie revêtant une dimension stratégique, les terres rares font l'objet d'une communication restreinte de la part des États, de sorte que les statistiques macroéconomiques à leur sujet demeurent très lacunaires. Les réserves mondiales en oxydes de terres rares étaient estimées par l'USGS (USA) à 110 millionsde tonnes fin 2010 détenues à 50 % par la Chine, devant la Communauté des États indépendants (17 %), les États-Unis (12 %) et l'Inde (2,8 %)
La Chine extrait à elle seule plus de 95 % des terres rares de la planète [Pékin contrôle ainsi une famille de métaux employés dans les moteurs hybrides, les lampes LED ou les nanotechnologies, 87 % de l'antimoine (semi-conducteurs), ou encore 84 % du tungstène (superalliages, électrodes)]. La Chine cherche à tirer plus de bénéfices des terres rares en développant les industries de transformation de ces minerais. Le gouvernement veut aussi encourager la formation de grands groupes dans le secteur, et a déjà fermé les installations de plusieurs petits producteurs.
MÉCANISME "RAISONNABLE" DE RÉGULATION DES PRIX
L'Association chinoise des producteurs de terres rares, composée de 155 membres [dont Aluminum Corporation of China, le producteur d'aluminium Chetalco, China Minmetals Corporation], a été mise sur pied récemment [8 avril 2012] à Pékin, selon un communiqué du Ministre de l'industrie et des technologies de l'information. Le but de l'association est de promouvoir un "développement sain" du secteur, de « s'efforcer de former un mécanisme de prix raisonnable et de créer une situation gagnant-gagnant pour les opérateurs et les consommateurs grâce à ses efforts de coordination », selon le vice-ministre chinois de l'industrie, Su Bo, et aussi de mettre de l'ordre dans l'industrie [avec également pour mission de régler les conflits commerciaux avec l'étranger, rapporte sans plus de détails l'agence Chine nouvelle. Ainsi, le chef de l'association, Gan Yong, a annoncé la mise en place d'un mécanisme "raisonnable" de régulation des prix, a encore rapporté l'agence officielle] et de renforcer la protection environnementale.
Les partenaires commerciaux de la Chine l'accusent, en effet, de chercher à faire monter les prix et de forcer les entreprises étrangères du secteur à se relocaliser en Chine pour gagner un accès aux terres rares. Les quotas d'exportation chinois ont été fixés à environ 30.000 tonnes pour 2012, soit à peu près le même niveau qu'en 2011. Les Etats-Unis, l'Union européenne et le Japon ont porté plainte devant l'Organisation mondiale du commerce le mois dernier, arguant que l'industrie chinoise du secteur cherchait à profiter de sa position de quasi-monopole.
Bruxelles tire aussi le signal d'alarme. Téléphones portables, fibre optique, batteries au lithium, panneaux solaires, tous ces produits de haute technologie dépendent, pour leur fabrication, de métaux rares comme le gallium ou le germanium. Problème : la quasi-totalité de ces matières premières devenues stratégiques sont entre les mains d'une poignée de pays. Au premier rang desquels la Chine. La Commission européenne a publié un rapport qui s'inquiète de pénuries à venir pour quatorze de ces éléments, qualifiés de «critiques ». Hasard de la géologie, la Chine, devenue elle-même gros consommateur de ces métaux rares, en concentre dans son sous-sol la plus grande partie. L'Union européenne (UE) importe la totalité de ses approvisionnements en antimoine, cobalt molybdène, niobium, platine, terres rares ou encore tantale. Faiblesse supplémentaire : sur les dix premières entreprises minières mondiales, pas une seule n'est européenne.
« Un meilleur prix»
La situation est d'autant plus préoccupante que début juin, Pékin a annoncé la reprise en main par l'État de la production des métaux stratégiques. Les autorités chinoises affirment que les terres rares sont en partie exportées en fraude. Pékin veut réserver l'extraction à quelques compagnies publiques, notamment pour en retirer «un meilleur prix», affirmait récemment, dans le New York Times, un responsable de la Société chinoise des terres rares. «Plusieurs économies émergentes poursuivent des stratégies de développement industriel (…) dans le but de réserver ces ressources à leur usage exclusif», souligne le rapport européen. Outre la Chine, la Russie, la République démocratique du Congo ou encore le Brésil détiennent les réserves majeures de métaux «critiques».
Le gouvernement français surveille ce risque de pénurie des matières premières vitales pour les technologies vertes. Aux États-Unis, le dossier est considéré comme stratégique. Un rapport officiel de 2008 avait identifié cinq minerais «hautement critiques». Le Pentagone conserve même un stock stratégique de métaux rares pour les besoins de l'industrie de défense. La pénurie pourrait intervenir dans les vingt ans. Un exemple : en 2006, 152 tonnes de gallium (employé pour les panneaux solaires) ont été produites dans le monde (dont 83 % en Chine). Les nouvelles technologies en ont consommé cette année-là 28 tonnes. Mais en 2030, la demande s'élèvera à 603 tonnes, quatre fois la production actuelle. Dépourvus de solution miracle, les experts européens recommandent notamment d'intensifier l'effort sur le recyclage. Par Fabrice Nodé-Langlois
(*) Antimoine, béryllium, cobalt, fluorine, gallium, germanium, graphite, indium, magnésium, niobium, platine, terres rares, tantale et tungstène.
Bruxelles : « Les terres rares, enjeu technologique et stratégique pour demain »
Elles sont moins réputées que l'or mais bien plus utiles pour les nouvelles technologies, les voitures hybrides, les iPads, la défense. Elles ont pour noms scandium, yttrium, cérium… Les terres rares sont produites à 95 % par la Chine qui a décidé [31-01-2011] de réduire ses quotas d'exportation, provoquant une flambée des prix. Comment éviter une trop grande dépendance ? Les députés européens conseillent d'augmenter le recyclage de ces matériaux précieux et rares. « Ces matières premières sont centrales pour le développement économique de l'Europe », a souligné le président de la commission parlementaire de l'industrie, Herbert Reul (Parti populaire européen), à l'ouverture d'une audition sur le sujet [REF. : 20110121STO12292].
Maître-mot : recyclage
« La protection de nos approvisionnements serait une réponse temporaire au problème », a expliqué l'Allemand Reinhard Bütikofer (Les Verts), qui devrait préparer la position du Parlement européen. Pour lui, l'essentiel serait cependant de développer les filières de recyclage de ces métaux et d'améliorer l'utilisation des ressources.
A côté du recyclage, la coopération avec les pays producteurs est également de première importance. « Il faut éviter la confrontation», prône Reinhard Bütikofer, faisant explicitement référence à la Chine. Pour cela, il faut apparaître uni face au géant asiatique. Pour le Tchèque Jan Březina (Parti populaire européen), l'Union européenne doit adopter une stratégie unie et unique afin d'éviter que la Chine ne contrôle très rapidement les marchés en Afrique et en Afrique du Sud.
Matières premières – L'industrie européenne doit avoir accès aux matières premières critiques par Antonio Tajani, Vice-Président de la Commission Européenne [Dernière mise à jour : 23/03/2012]
La stratégie intégrée de l'UE prévoit les principales mesures suivantes:
Dans le pire des cas, l'industrie européenne pourrait être forcée à arrêter la production si les matières premières ne pouvaient pas être importées ou si elles atteignaient des niveaux de prix nuisant à la compétitivité internationale des entreprises européennes ;
Le père de la puissance économique chinoise avait un jour affirmé que si le Moyen-Orient était riche en pétrole, la Chine, elle, avait les «terres rares». Deng Xiaoping faisait référence à un groupe de 17 minéraux stratégiques. Des matériaux aux noms imprononçables - yttrium ou praséodyme - que l'on retrouve dans les industries civiles de pointe comme militaires, des iPod aux missiles en passant par les voitures. Pékin fournit aujourd'hui plus de 95% des besoins de la planète. De même que le pétrole, ces terres rares peuvent devenir une arme, comme le montre la joute verbale, ces derniers jours, entre la Chine et le Japon. Et aujourd'hui, ce sont les États-Unis, voire même l'Europe, qui pourraient être visés. Au plus fort de la crise diplomatique née de l'arraisonnement d'un chalutier chinois par les Japonais dans des eaux contestées, le 7 septembre 2011, Tokyo a dénoncé un arrêt des exportations vers l'Archipel. Une trentaine de sociétés nippones seraient privées d'approvisionnement depuis le 21 septembre. Pékin a répliqué mardi en assurant que ces exportations n'ont «jamais cessé». Mais, le même jour, le Japon a réclamé l'ouverture de discussions officielles pour exiger la reprise des livraisons. Surtout, la «bataille des terres rares» a franchi le Pacifique. Depuis lundi, les exportations vers les États-Unis seraient à leur tour bloquées, en riposte à une enquête américaine sur des subventions illégales accordées au secteur de l'industrie verte chinoise, selon le New York Times : [http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/subjects/r/rare_earths/index.html?8qa]
Washington étudie la compatibilité de ces restrictions avec les règles de l'OMC. Quant à l'Allemagne, elle a annoncé en milieu de semaine avoir adopté «une stratégie pour son approvisionnement en terre rare». Au même moment, le Japon et le Vietnam déclaraient vouloir parvenir à un accord, d'ici à la fin du mois, pour produire ensemble ces matières premières. La main ferme chinoise sur la vanne des terres rares ne date pas d'hier. Pékin a mis en place des quotas sévères depuis 2005, et réduit ses exportations de 5 à 10% par an. Mais en juillet dernier, les Chinois ont fait monter la pression en décidant de réduire les quotas d'exportation de 72% pour le second semestre 2010, ce qui a immédiatement provoqué une flambée des cours. Et lundi, le très officiel China Daily, a affirmé que la Chine envisageait encore de réduire ces quotas l'an prochain, de l'ordre de 30%. Une information démentie par une source anonyme du ministère du Commerce, sans que cette rectification ne rassure vraiment. Ce serrage de vis alimente les spéculations sur une montée en puissance des «nationalistes économiques» au sein des cercles dirigeants chinois. Mais il répond aussi à des impératifs économiques chinois: le développement accroît considérablement la demande intérieure pour ces métaux rares. À l'appui, le ministère chinois du Commerce a récemment affirmé que les réserves de terres rares du pays avaient chuté de 37% entre 1996 et 2003. Et qu'elles pourraient être épuisées d'ici quinze à vingt ans, si le rythme de production actuel se maintient. «Mais il y a sans doute aussi la volonté de forcer les multinationales à produire de plus en plus de biens nécessitant ces minéraux en Chine, confie un homme d'affaires occidental, ce qui crée des emplois et de la croissance dans le pays.» Lors du sommet Europe- Chine, il y a dix jours, le premier ministre Wen Jiabao - géologue de formation - a voulu rassurer les Européens en leur disant qu'il n'y aurait «aucun embargo» , aucun chantage. Tout en réaffirmant la nécessité de contrôler étroitement cette ressource, «tant dans l'intérêt de la Chine que dans celui de la planète». L'affaire japonaise a été un électrochoc. Et le monde entier réfléchit maintenant à des ripostes. Tokyo a lancé un plan national pour sécuriser ses approvisionnements, en les diversifiant mais aussi en soutenant la recherche sur des matériaux alternatifs. Washington s'est attaqué à la reprise de la production sur son sol, tandis que le Pentagone lançait une étude sur la dépendance militaire américaine aux terres rares. L'attitude chinoise accélère tous les projets d'exploitation de réserves à travers le monde. Malgré leur nom, ces terres ne sont en effet pas particulièrement rares, mais la production s'est concentrée en Chine, tant pour des raisons de faibles coûts d'extraction que pour la faiblesse des contraintes environnementales. Du coup, d'importants gisements sont en cours de développement en Australie, au Canada et aux États-Unis. D'autres suivent aussi le mouvement, comme la Russie - qui dispose de grosses réserves - l'Inde, le Brésil ou la Mongolie. Les Japonais - qui consomment avec la Corée un cinquième de la production mondiale - explorent aussi des projets au Kazakhstan ou au Vietnam.
Tous ces gisements ne devraient pas être réellement opérationnels avant 2014. D'ici là, les industriels occidentaux pourraient avoir quelques sueurs froides, la
demande mondiale devant doubler dans les cinq ans qui viennent.
Terres rares: faute d'accord avec Pékin l'UE veut un groupe spécial à l'OMC
BRUXELLES - Faute d'accord avec la Chine sur ses exportations de terres rares, des minerais indispensables à l'industrie, l'UE a demandé – le 27 juin 2012 - à l'OMC d'établir un groupe spécial pour examiner le différend avec Pékin, a annoncé la Commission européenne. L'Union européenne a demandé aujourd'hui la création d'un groupe spécial de règlement des différends à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) concernant les restrictions à l'exportation de la Chine sur les terres rares, tungstène et molybdène, a indiqué Bruxelles dans un communiqué. Les Etats-Unis, l'Union européenne et le Japon s'étaient associés en mars dernier pour déposer une plainte devant l'OMC contre la Chine alors que Pékin impose de nouvelles restrictions aux exportations de terres rares utilisées dans la haute technologie. Malgré les efforts pour trouver une solution avec la Chine, l'UE et ses partenaires américains et japonais ont décidé de passer à l'étape suivante dans les litiges de l'OMC, a indiqué le communiqué de la Commission. La constitution d'un groupe spécial (panel) survient en cas d'échec de solution amiable. Le groupe spécial est en général constitué de trois personnes, proposées par le secrétariat de l'OMC. Il a pour mission d'examiner, à la lumière des accords de l'OMC, la question portée devant l'Organe de règlement des différends (ORD) et d'aider l'ORD à formuler des recommandations. Le groupe spécial établit lui-même le calendrier de ses travaux et choisit de faire ou non appel à des experts. Il doit rendre, en principe, son rapport dans un délai de six mois à compter de la date de formation du panel. Ce délai peut être prolongé mais ne doit pas dépasser neuf mois. Un accord à l'amiable est encore possible pendant les travaux du groupe spécial.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Sa principale fonction est de favoriser autant que possible la bonne marche, la prévisibilité et la liberté des échanges. http://www.wto.org/french/tratop_f/dispu_f/cases_f/ds432_f.htm
Plainte de l'Union européenne (voir aussi DS431 et DS433)
Le 13 mars 2012, l'Union européenne a demandé l'ouverture de consultations avec la Chine au sujet des restrictions appliquées par la Chine à l'exportation de diverses formes de terres rares, de tungstène et de molybdène. La demande mentionne des matières qui relèvent, mais non exclusivement, de 212 codes douaniers chinois de produits à huit chiffres, et plus de 30 mesures. Elle mentionne aussi un certain nombre de mesures de la Chine publiées et non publiées dont il est allégué que, agissant séparément ou collectivement, elles ont pour effet d'imposer et d'administrer des restrictions à l'exportation. Ces restrictions comprennent des droits d'exportation, des contingents d'exportation, des prescriptions en matière de prix minimaux à l'exportation, des prescriptions en matière de licences d'exportation ainsi que des prescriptions et procédures additionnelles en relation avec l'administration de ces restrictions quantitatives.
L'Union européenne allègue que ces mesures sont incompatibles avec les dispositions ci‑après:
articles VII, VIII, X et XI du GATT de 1994; et sections 2 A) 2, 2 C) 1, 5.1, 5.2, 7.2, 8.2 et 11.3 de la Partie I du Protocole d'accession de la Chine, ainsi que les obligations de la Chine au titre de la section 1.2 de la Partie I du Protocole d'accession. http://www.wto.org/french/tratop_f/dispu_f/cases_f/ds432_f.htm
Les États-Unis, l'Union européenne et le Japon ont donc porté plainte, mardi 13 mars, contre la Chine auprès de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour ses pratiques "déloyales" sur les exportations de métaux appelés "terres rares".Le 22 mars 2012, le Japon et les États-Unis ont demandé à participer aux consultations. Le 26 mars 2012, le Canada a fait de même. La Chine a ultérieurement informé l'ORD qu'elle avait accepté les demandes de participation aux consultations présentées par le Canada, les États-Unis et le Japon.
Les États-Unis ont requis de l'OMC des "consultations" avec Pékin concernant les restrictions imposées sur
le commerce international "des terres
rares", ces 17 métaux indispensables à la fabrication de nombreux
produits de haute technologie : ampoules basse consommation, disques durs, téléphones portables, éoliennes, voitures hybrides... Les terres
rares sont également des composants essentiels de l'industrie de la défense, ce qui inquiète particulièrement les Etats-Unis. En 2009, les Etats-Unis, l'Union européenne et le Mexique avaient déjà déposé plainte
contre la Chine à l'OMC pour entrave à l'exportation sur plusieurs produits miniers. Le 1er février dernier, le géant asiatique, qui
avait été jugé coupable en 2011, a vu sa condamnation confirmée en appel, ce qui a incité les pays gros consommateurs à s'attaquer, cette fois, aux terres rares.
DES RAISONS ÉCOLOGIQUES ET STRATÉGIQUES
Depuis 2006-2007, la Chine a en effet intensifié le contrôle sur la production de ces métaux si précieux. D'abord pour des raisons écologiques : leur exploitation est très polluante, elle libère des matières radioactives et de l'acide. "Pendant trente ans, la Chine ne s'est pas souciée des conséquences environnementales, mais depuis quelques années, la situation évolue, et les autorités sont en train de mettre en place des normes encadrant cette industrie", estime John Seaman, chercheur à l'Institut français des relations internationales, spécialiste de la politique énergétique en Chine et des terres rares. . "Il y a des réserves de terres rares un peu partout dans le monde, mais seuls les Chinois ont compris l'importance de ces matériaux, et ce dès les années 1980", estime John Seaman. Les autres pays ayant des réserves ont longtemps considéré qu'il était moins cher - et moins polluant - de se fournir en Chine.
"Mais les raisons principales de ce resserrement des exportations sont stratégiques. Le dernier plan quinquennal chinois montre une très forte volonté de développer des industries de plus en plus sophistiquées, des produits à haute valeur ajoutée", analyse Christian Hocquard, spécialiste des terres rares au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) (*). La Chine se considère trop dépendante aux exportations, elle veut favoriser sa consommation intérieure, qui ne représente que 30-40 % de son PIB (contre 70 % aux Etats-Unis). Et la pression de la société chinoise pour que les salaires augmentent est forte.
John SEAMAN, chercheur,détient actuellement une maîtrise en affaires internationales - Sécurité internationale de Sciences Po, Paris (2009) et un baccalauréat ès arts en économie internationale et en français à partir de l'Université de Seattle (2004). Au cours de l'été 2011, il a été chercheur invité à l'Institut Canon for Global Studies à Tokyo, au Japon. En 2002-2003, il a également étudié en tant que NSEP David L. Boren Scholar au Centre d'études chinoises de Beijing. M. Seaman a passé un certain nombre d'années à étudier et travailler en Chine et au Japon. Il a également travaillé à la Mission des États-Unis à l'OTAN à Bruxelles et le Bureau de liaison de la FAO à Paris.
Le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) est l'établissement public spécialiste des applications des sciences de la Terre pour gérer les ressources et les risques du sol et du sous-sol.
L'Organisation mondiale du commerce pourrait organiser dès juillet une réunion sur le dossier des terres rares qui oppose Etats-Unis, Union européenne et Japon à la Chine.
Selon nos informations, une réunion consacrée au dossier des terres rares pourrait avoir lieu au siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, le 9 juillet prochain. Les Etats-Unis, l’Union européenne et le Japon avaient engagé ensemble une procédure devant l'OMC pour contester la décision de la Chine de réduire ses exportations de métaux utilisés dans la haute technologie. Le quotidien japonais « Nikkei » affirme que les soixante jours de négociation amiable laissés aux parties n'ont pas abouti et les trois plaignants ont donc déposé une plainte formelle. L'administration américaine s'était dit « profondément troublée » par l'attitude de la Chine. Contactée, la Commission européenne s'est refusée à tout commentaire. La Chine – quant à elle - a affirmé, par la voix de Gao Yunhu, directeur-adjoint du département des terres rares au ministère chinois de l'industrie et des technologies de l'information, respecter les règles de l'Organisation Mondiale du Commerce dans ses exportations de terres rares. Le commerce par la Chine de ces minerais indispensables à l'industrie s'opère « dans le respect total des règles de l'OMC », a affirmé Gao Yunhu. « La Chine est prête à coopérer avec les parties concernées pour résoudre ce problème le plus vite possible », a ajouté le représentant, en assurant que la Chine saurait aussi utiliser les règles de l'OMC pour sa défense.
La Chine extrait à elle seule plus de 95% des terres rares de la planète. Il s'agit d'un groupe de 17 minéraux possédant des propriétés chimiques et électromagnétiques proches, servant à fabriquer entre autres ordinateurs, écrans, matériel audio, caméras et appareils photo, pièces automobiles, ampoules ou piles. Écrit par Marie-Christine CORBIER , Journaliste, Par Marie-Christine Corbier | le 26/06 | 19:26
95% DU MARCHÉ JUSQU'EN 2015
"Les Chinois ne veulent pas augmenter la production de terres rares, or ils prévoient d'en consommer une part
croissante. Les quantités disponibles pour l'exportation vont donc diminuer, analyse Christian Hocquard. Il
n'y aura peut-être plus d'entrave à l'exportation, puisqu'il n'y aura plus d'exportation. La procédure de l'OMC va durer des années, et la
Chine pourra encore faire appel. D'ici là, peut être que la plainte n'aura même plus lieu d'être", estime l'économiste. Or, la chaîne de production
est longue à développer : il faut réaliser des études géologiques, mettre en place les règles
environnementales, etc. En 2012, seules deux nouvelles mines devraient ouvrir, une en Australie et une aux Etats-Unis, mais aucune des deux ne va produire les 17 métaux des terres rares. Elles ne produiront que les composants les plus légers, qui sont les plus communs. Jusqu'en 2015, la Chine jouira ainsi d'un quasi-monopole,
avec un tiers des réserves accessibles et plus de 95 % du marché.
Pékin contrôle 95 % de la production mondiale de terres rares , 87 % de l'antimoine, ou encore 84 % du tungstène; Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
Terres rares: Vietnam et Japon contre le monopole chinois
Un accord de coopération a été signé entre le Vietnam et le Japon : Après un accord de coopération, concernant l’exploitation de terres rares, signé en 2010, le Vietnam et le Japon annoncent avoir inauguré un centre de recherche sur ces métaux. Il faut dire que le Vietnam possède d’énormes réserves de terres rares encore inexploitées et se classerait, en les exploitant, parmi les 10 premiers pays producteurs. Les terres rares comprennent quelque 17 minéraux aux propriétés chimiques et électromagnétiques proches. Elles sont essentielles pour fabriquer ordinateurs, écrans, matériel audio, caméras et appareils photo, pièces automobiles, ampoules ou piles. En 2011, le gouvernement chinois avait accordé des quotas d'exportation de 30.200 tonnes, mais seulement 18.600 t ont été exportées, selon le vice-ministre de l'industrie et des technologies de l'information Su Bo. La Chine justifie ces limitations par le fait que l’exploitation de ces métaux est particulièrement néfaste à l’environnement. Tokyo est si inquiète de sa dépendance à la Chine dans ce domaine qu’elle a décidé de réagir et de s’associer au Vietnam. Selon les experts, la pénurie provoqué par le quasi-monopole de la Chine pourrait rapidement cesser à partir du moment où l’approvisionnement en terres rares se diversifie. «Il n’y a pas véritablement pénurie de terres rares mais ce sont plutôt les capacités de transformation des minerais qui restent insuffisantes», explique à BBC News, Tim Worstall, un expert britannique du sujet. Et celui-ci de préciser qu’il connaît trois projets «non chinois» qui pourraient aboutir dans les deux ou trois prochaines années et fournir 40% du marché mondial. Le 20 juin 2012 par Geneviève De Lacour
Lundi 4 juillet 2011, des chercheurs japonais ont annoncé qu'ils avaient découvert d'immenses gisements de "terres rares" contenus dans les sédiments du Pacifique, raconte la BBC.
Une motte de terre
rare recueillie à 4 000 mètres sous l'eau au fond du Pacifique. Crédit Reuters
Bonne nouvelle (si elle est confirmée) pour les industriels de l'univers high-tech, des chercheurs japonais annoncent avoir découvert un immense gisement de terres rares qui tapisserait le fond de l'océan Pacifique. Jusqu'à présent, la Chine possédait 90 % des terres rares produites dans le monde (environ 112 000 tonnes/an), et les prix ne cessent de monter, ce qui inquiète les industriels. La découverte des scientifiques japonais pourrait changer la donne. Les résultats de leurs recherches, publiés dimanche dans la revue britannique Nature, démontrent que les fonds sous-marins contiendraient près de 100 milliards de tonnes de terres rares, soit plus de 1 000 fois la concentration que l'on trouve sur la terre. Les minerais rares ont été repérés dans la boue du fond de l'océan, sur une superficie de 11 millions de mètres carrés, en particulier dans l'est du Pacifique Nord et dans le centre du Pacifique Sud. Les gisements iraient des îles Hawaï jusqu'à la Polynésie Française. Les zones concernées seraient principalement dans les eaux internationales à des profondeurs allant de 3 500 à 6 000 mètres précise le quotidien japonais Nikkei daté du 4 juillet. "Nous estimons qu'une zone de un kilomètre carré entourant l'un des sites de prélèvement pourrait satisfaire à elle seule un cinquième de la consommation annuelle mondiale de ces éléments", écrivent les chercheurs. Reste à savoir si l'exploitation de gisements situés à très grande profondeur, essentiellement entre 4 000 et 6 000 mètres, sera possible technologiquement et rentable économiquement. Une motte de terre rare recueillie à 4 000 mètres sous l'eau au fond du Pacifique. Bonne nouvelle (si elle est confirmée) pour les industriels de l'univers high-tech, des chercheurs japonais annoncent avoir découvert un immense gisement de terres rares qui tapisserait le fond de l'océan Pacifique. Jusqu'à présent, la Chine possédait 90 % des terres rares produites dans le monde (environ 112 000 tonnes/an), et les prix ne cessent de monter, ce qui inquiète les industriels. Les spécialistes japonais détaillent leurs travaux dans le prochain numéro du journal Nature Geoscience. La nouvelle est importante, car le Japon est très présent dans l'industrie high-tech qui consomme beaucoup de terres raresqui servent aussi bien aux écrans plats des ordinateurs et des téléviseurs, qu'aux véhicules électriques, ou aux éoliennes. Les gisements iraient des îles Hawaï jusqu'à la Polynésie Française. Les zones concernées seraient principalement dans les eaux internationales à des profondeurs allant de 3 500 à 6 000 mètres précise le quotidien japonais Nikkei daté du 4 juillet.
La surface totale couverte serait de l'ordre de 11 millions de km2, pour environ 100 milliards de tonnes de terres rares. Soit mille fois plus que les réserves connues actuellement dans les gisements terrestres. Mais leur exploitation nécessite une autorisation de l'autorité chargée du fonds de des océans, l'International Seabed Authority [http://www.isa.org.jm/en/home] née après la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer. "Les minerais pourraient être extraits par lixiviation acide de la boue - un procédé de lessivage - au fond de l'océan." précise l'Usine Nouvelle, mais certains s'inquiètent des conséquences écologiques d'une telle exploitation à grande échelle car l'exploitation des terres rares reste excessivement polluante.
BIBLIOGRAPHIE
http://fr.wikipedia.org/wiki/Terre_rare
http://www.laterredufutur.com/accueil/index.php/monde-futur/132-un-monde-de-terres-rares.html
http://www.lefigaro.fr/matieres-premieres/2010/06/18/04012-20100618ARTFIG00651-l-europe-s-inquiete-de-l-acces-aux-metaux-rares.php
http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/tajani/hot-topics/raw-materials/index_fr.htm
http://www.atlantico.fr/pepites/terres-rares-pacifique-gisement-137281.html
http://archives.lesechos.fr/archives/2011/lesechos.fr/07/04/0201486327170.htm
http://www.bbc.co.uk/news/world-asia-pacific-14009910
http://www.usinenouvelle.com/article/terres-rares-les-japonais-regardent-au-fond-du-pacifique.N155024
LIRE AUSSI :
L'Europe s'inquiète de l'accès aux métaux rares
Par Fabrice Nodé-Langlois Mis à jour le 18/06/2010 à 21:24 | publié le 18/06/2010 à 21:23
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